La diversité des critères de différenciation sociale aujourd'hui- Première- SES - Maxicours

La diversité des critères de différenciation sociale aujourd'hui

Objectif
  • Comprendre la diversité des critères de différenciation et la complexité à définir une classe sociale.
Points clés
  • Les outils classiques de classement des individus dans la hiérarchie sociale comme les classes sociales semblent ne plus pouvoir s’adapter à notre société actuelle.
  • Les critères de classement sont divers et montrent la difficulté de créer des nomenclatures pour analyser les pratiques sociales ou culturelles. La « classe » moyenne elle-même n’a aucune existence réelle en tant que groupe social.

Les analyses classiques portant sur la hiérarchisation sociale des différents groupes sociaux ne sont pas toujours en phase avec la société moderne.
Peut-on par exemple toujours analyser la structure sociale en terme de classes sociales ?

1. Une multiplicité de critères
a. Critères économiques

Les critères classiques tels le revenu et le patrimoine sont aujourd’hui toujours d’actualité. Le patrimoine retranscrit de fortes inégalités sociales d’autant plus que celui-ci est en grande partie transmissible. Ce patrimoine joue alors un rôle dans le processus de reproduction sociale.
Il brouille ainsi les frontières des catégories sociales. En effet, deux ménages constitués d’employés ne seront pas dans la même situation économique si par exemple l’un des deux vit dans un logement hérité de sa famille. La possession d’un logement est aujourd’hui un critère essentiel pour déterminer la place d’un individu dans la sphère économique et sociale car la plupart des ménages y consacre environ 1/3 de leurs revenus.

Le revenu est paradoxalement un critère moins important dans le classement social car ceux-ci sont différents aujourd’hui au sein d’une même profession. Cela vient d’abord du fait d’une plus forte individualisation des salaires (primes) mais aussi de la montée de la précarité. C’est un critère qui désormais devrait rentrer dans les analyses sur la hiérarchie sociale. Enfin, les salaires ne dépendent pas toujours du niveau de diplôme ou de responsabilité mais de l’offre et de la demande d’emplois : certains ouvriers qualifiés sont mieux rémunérés qu’un professeur par exemple.

b. Critères sociaux

La structure sociale dépend aussi de critères sociaux de différenciation, comme l’âge ou le sexe. Ces critères déterminent notamment une différence dans les pratiques culturelles. Les pratiques culturelles se résument dans nos sociétés à la consommation de biens culturels en relation avec la définition courante de la culture. Ainsi, aller au musée ou acheter un livre sont considérés comme des pratiques culturelles (car elles améliorent le savoir) contrairement au bricolage.

L’âge est un critère essentiel dans la détermination de certaines pratiques culturelles. Les jeunes fréquentent plus que les autres le cinéma (les moins de 25 ans sont 80 % à être allés au cinéma dans l’année alors que dans l’ensemble de la population ce n’est qu’un individu sur deux), ils vont plus souvent à des spectacles, des concerts (un jeune sur deux alors que ce n’est qu’un individu sur trois dans la population totale). Ils écoutent plus souvent de la musique, utilisent plus facilement internet. Des différences peuvent aussi apparaître en fonction du sexe ou encore du lieu de résidence (campagne ou grande ville) et du statut professionnel (salarié ou indépendant).

Mais tous ces critères restent largement dépendants du milieu social d’origine. Pour Bourdieu, le groupe social transmet un certain capital culturel qui va déterminer des modes de pensée, des pratiques différentes (qu’il appelle « habitus »). Ainsi, un jeune issu d’un milieu populaire n’aura pas la même façon de parler, la même ambition à l’école ou ne fréquentera pas les mêmes lieux qu’un jeune issu de milieux favorisés.

2. Persiste-t-il encore des classes sociales ?
a. Parler de classes sociales semble difficile

Une classe sociale doit former un groupe homogène, disposant d’une conscience de classe et capable de défendre ses intérêts d’après la définition marxiste. Cette définition semble ne pas pouvoir s’appliquer strictement aux groupes sociaux composant la société française aujourd’hui.

Jusque dans les années 1960, les ouvriers auraient pu prétendre former encore une classe sociale mobilisée. Mais les conditions de vie ont changé, les ouvriers sont de moins en moins nombreux et beaucoup moins organisés. Ils ne luttent plus de manière collective et solidaire mais se retrouvent dans des luttes défensives (contre la fermeture de leur usine) et dans des conflits localisés. L’homogénéité est moins forte car il y de grandes différences entre les ouvriers qualifiés et non qualifiés (appelés aussi ouvriers spécialisés OS) en termes de salaires, de précarité de l’emploi, etc. Enfin, le mode de vie ouvrier décline aussi. De nombreux ouvriers aspirent à vivre comme les classes moyennes. Ce phénomène est amplifié par l’homogamie. Les ouvriers se marient avec des employées qui travaillent dans le secteur tertiaire par exemple et s’identifient plus à la classe moyenne.

b. Une remise en question de la moyennisation

La « classe » moyenne est devenue le groupe de référence pour les sociétés développées. Mais ce groupe n’a aucune existence réelle et il est traversé par de nombreuses différences.

Qui appartient à la classe moyenne ? Cette seule question montre l’étendue du débat. On y retrouve à priori des ouvriers qualifiés, des employés, mais aussi des cadres moyens, des indépendants comme des médecins généralistes entre autres. La classe moyenne se définit plus par la proximité qu’ont ses membres avec des valeurs et des pratiques communes. La consommation définit un style de vie standardisé qui devient une référence pour les membres de la société.

Mais la classe moyenne est alors extrêmement hétérogène en ce qui concerne le niveau de vie, les pratiques culturelles, la précarité de l’emploi ou encore les références partisanes en politique. On ne peut donc pas proprement parler de « classe » pour cette catégorie qui n’est pas en mesure de se mobiliser collectivement pour défendre ses intérêts.

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