La guerre d'Algérie - Cours d'Histoire avec Maxicours

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La guerre d'Algérie

L’Algérie est une colonie de peuplement, à ce titre elle est considérée comme faisant partie du territoire français et est organisée administrativement à l'image de la métropole avec un découpage en trois départements : Alger, Oran, Constantine. C’est donc plus qu’une colonie.

Touchée par des mouvements nationalistes dès les années 30, l’Algérie, pour obtenir son indépendance, a dû se battre huit ans, comme l’Indochine.

Comment s’est déroulée cette guerre de libération que n’ont pas eu à mener les deux autres Etats du Maghreb et quelles en furent les conséquences ?
1. Le contexte
a. D’une guerre coloniale à l’autre
Depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, en 1945, le processus de décolonisation est en marche en Asie. La France possède le deuxième empire en superficie, derrière le Royaume-Uni.

Après une guerre coloniale menée en Indochine et qui s'achève par l’indépendance de cette colonie d’Asie en 1954, la France s'engage de nouveau dans un autre conflit colonial qui dure également huit ans : la guerre d'Algérie.

Cette colonie peuplée de plus de un million d’habitants d’origine européenne pour un total de neuf millions d'habitants est divisée successivement durant cette période de guerre (1954 et 1962) en trois puis quatre, douze et quinze départements.
b. Les premiers évènements
Près de 70 000 Algériens musulmans ont participé à la libération de la France et revendiquent légitimement les mêmes droits que les Européens une fois la paix revenue.

Le 8 mai 1945, à Sétif, dans le Constantinois, des nationalistes algériens défilent pacifiquement contre le colonialisme et réclament l’égalité des droits.

Très vite la situation dégénère et les policiers tirent sur la foule. Les manifestants s’en prennent alors aux Français : on compte vingt-huit morts et une cinquantaine de blessés. Dans les heures qui suivent, l’émeute s’étend aux campagnes et fermes isolées environnantes.

La répression menée par les militaires et les milices est impitoyable, des dizaines de milliers d'Algériens musulmans, peut-être 45 000, sont massacrés. A partir de ce jour les nationalistes algériens comprennent qu’ils doivent se battre les armes à la main pour conquérir leur indépendance.
c. Les blocages
La France de la lVe République est frappée par l'instabilité politique avec des crises à répétition et elle se montre hostile à toute réforme du statut des Algériens musulmans.

En ce qui concerne les Européens d’Algérie, à quelques exceptions près, ils sont aussi opposés à toute évolution et les élections de 1947 qui devaient mettre en place un nouveau statut de l’Algérie, sont grossièrement truquées pour que rien ne change.

Dans ces conditions les attentats reprennent et dans la période qui s'écoule entre novembre 1953 et novembre 1954 on en compte cinquante-trois.
2. La guerre
a. Le Front de Libération Nationale
Le Front de Libération Nationale est un mouvement politique, son bras armé c’est l’Armée de Libération Nationale (ALN).

C’est en novembre 1954, avec l’insurrection armée de la « Toussaint rouge » que le FLN entame son action et marque ainsi le début officiel de la guerre d’Algérie.

A ses débuts le FLN est minoritaire dans sa lutte pour l’indépendance ; il se heurte au Mouvement National Algérien (MNA) et au Parti Communiste Algérien (PCA).

Peu à peu le FLN fait régner la terreur au sein de la population musulmane et s’impose comme seule force d’indépendance nationale. Il reçoit le soutien militaire, financier et logistique de nombreux pays arabes.

Le Maroc et la Tunisie accueillent, au nom du panarabisme, des camps de l’ALN, l’Egypte fournit armes et capitaux. De leur coté les intellectuels algériens abandonnent peu à peu des positions modérées pour s’engager dans des prises de positions plus dures.

De proche en proche la rébellion s’étend à tout le pays. Des régions montagneuses entières, les Aurès, la Kabylie, l'Ouarsenis, l’Atlas sont contrôlées par le FLN qui mène une guérilla de harcèlement contre l’armée française et pratique le terrorisme.
c. La réponse de la France
Tous les gouvernements français qui se sont succédés jusqu’au tournant de 1958, ont comme seul objectif de continuer et de gagner la guerre et dans cette optique, ils accordent des moyens conséquents aux militaires.

En 1957 il y a sur le terrain 450 000 soldats français, militaires de carrière et soldats du contingent dotés de moyens aériens et aéroportés. Ce déploiement de forces, permet de contrôler les axes principaux, les villes et de mettre fin aux attentats du FLN en recourant parfois à des moyens aussi contestables que la  torture. Mais cette pratique déclenche de vives protestations en métropole aussi bien parmi les intellectuels que chez les hommes politiques.

Cette détermination française à se maintenir en Algérie par la force des armes met le pays en porte-à-faux avec la position de l’ONU qui prône un règlement pacifique.
c. Le 13 mai 1958
Inquiets par la possible investiture à la présidence du Conseil de Pierre Pflimlin, que l’on sait favorable à des négociations avec le FLN, les partisans de l’Algérie française manifestent à Alger le 13 mai 1958.

Le général Massu prend alors la tête d’un « Comité de Salut Public » qui aboutit au retour sur la scène politique du Général de Gaulle.

Le conflit piétine pendant deux ans puis le plan élaboré par le Général Challe commence à montrer son efficacité et l’ALN paraît affaiblie. Le Général de Gaulle pense, lui, qu’il faut privilégier une solution politique, qui ne saurait être remise en cause, à une victoire militaire qui ne règlerait le problème que momentanément.
3. La marche vers l’indépendance
a. La République algérienne
Dans son discours de 4 novembre 1960, de Gaulle, qui avait été rappelé pour garder l’Algérie française, annonce une future République algérienne.

Ce revirement de position est incompréhensible aussi bien pour les officiers qui voyaient en de Gaulle un sauveur que pour la population d’origine européenne pour laquelle l’Algérie doit rester française.

Les négociations avec le FLN débutent en janvier 1961. En réponse à ce qu’ils considèrent comme une trahison de De Gaulle quatre généraux à la retraite et quelques officiers tentent un coup d’Etat militaire qui échoue.

Restée majoritairement légaliste l’armée doit désormais se battre contre les extrémistes de l’Organisation Armée Secrète (OAS) qui mènent des actions terroristes en Algérie et en métropole, espérant faire échouer le processus de négociation.
b. les Accords d’Evian
Ils sont signés le 18 mars 1962 entre l’Etat français et les représentants du FLN. L’indépendance de l’Algérie est proclamée le 3 juillet à la suite d’un référendum d’autodétermination qui interroge la population algérienne.

Dans l’intervalle l’OAS déclenche une vraie guerre civile en Algérie qui oppose l’armée française, seule capable de garantir le maintien de l’ordre public et le respect des dispositions transitoires des accords d’Evian, aux nostalgiques de l’Algérie française.

A la violence de l’OAS répond celle de l’ALN qui assassine des Européens ou des Algériens musulmans qui servent dans l’armée française.
c. La tristesse et l’amertume
Les Européens d'Algérie, qui y sont nés pour la plupart, doivent quitter ce qu’ils considèrent comme leur patrie en laissant tous leurs biens derrière eux.

Un million deux cent mille « Pieds noirs » s’embarquent pour la métropole comme plusieurs milliers de Harkis qui ont fait le choix de rester français.

En effet, ces Harkis sont considérés comme des traîtres et n’ont d’autres choix que de partir car ils sont devenus la cible des nationalistes et risquent la mort s’ils restent en Algérie. La France n’a rien fait pour les accueillir avec respect.

Des deux cotés le bilan de la guerre est lourd : un demi million de morts coté FLN, 28 500 du coté des militaires français. Il faut ajouter des dizaines de milliers de Harkis (les chiffres varient entre 30 000 et 90 000) et entre 4 000 et 6 000 civils d’origine européenne.
L’essentiel

Cette guerre coloniale a profondément et durablement marqué les mémoires tant du coté français que du coté algérien.

L’opinion publique métropolitaine était majoritairement peu favorable car de nombreux jeunes Français y ont perdu la vie.

Du coté algérien les pertes ont été dix fois plus nombreuses et l’indépendance a été chèrement payée. Cette guerre a provoqué également de profonds changements politiques avec le retour sur le devant de la scène du Général de Gaulle et l'avènement de la Ve République.

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