Une société fondée sur le consensus - Maxicours

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Une société fondée sur le consensus

L'essentiel

La société allemande est fortement soudée autour de la notion de bien-être collectif. Les conséquences en sont très nombreuses sur l'organisation des rapports entre citoyens mais aussi au sein du monde du travail avec l'économie sociale de marché, source de prospérité. Cependant, l'adaptation de ce modèle aux nouveaux Länder est source de friction entre Allemands des anciens et des nouveaux Länder : le consensus entre Ossis et Wessis est bien fragile.

1. Un état d'esprit particulier
a. Un sens civique très développé
En Allemagne, les rapports sociaux et commerciaux sont fondés sur une confiance mutuelle. Les relations sociales s'en ressentent dans leur formalisme (utilisation de titres fréquents comme Herr Doktor...). L'image d'une personne (aspect vestimentaire) ou d'une société (architecture sobre mais élégante des sièges sociaux) joue un rôle essentiel dans ce consensus. Le personnel dirigeant se doit d'être discret mais compétent (la Leistung). Les vertus cardinales de ce consensus sont l'organisation (de l'espace par exemple), la précision, la bonne gestion (temps et argent) et la pratique de l'inventaire. C'est cette image qui est véhiculée par les représentants allemands à l'étranger (ambassades, Instituts Goethe).
Seule une frange marginale de la jeunesse allemande essaie de se démarquer (par exemple lors de la technoparade), parfois de manière violente.
b. Un souci environnemental certain
L'entretien des paysages est une marque d'hygiène et d'organisation. Ce souci écologique, très présent dans les anciens Länder, est beaucoup plus récent dans les nouveaux Länder. Il est donc inconcevable de laisser des friches aussi bien culturales qu'industrielles (ce qui coûte très cher dans les nouveaux Länder). Les écologistes sont du reste une force politique à part entière : ils ne sont pas cantonnés dans un rôle de protestataire ou d'appoint à un parti politique.
L'Allemagne a été l'un des premiers Etats à développer le tri sélectif. Malgré cela, l'incinération de déchets de plus en plus nombreux nécessite la création de nouvelles usines, les décharges étant trop nombreuses. Mais l'Allemagne se débarrasse d'une partie de ses déchets dans les pays voisins. Les convois de combustibles nucléaires vers le centre de retraitement français de La Hague en sont un exemple. L'Allemagne est en effet le premier exportateur mondial d'ordures. En 1991, industriels et consommateurs ont créé une société de récupération des emballages, la Duales System Deutchland (DSD), financée par les industriels (le point vert figurant sur certains emballages atteste qu'une contribution a été versée à la DSD). C'est le consommateur qui supporte le coût de ce système (200 DM par an pour une famille de quatre personnes).
2. Une gestion spécifique de l'activité économique
a. L'organisation des entreprises
La cohésion sociale est l'objectif principal de l'économie sociale de marché. Il s'agit de dégager des solutions consensuelles acceptables par tous les partenaires sociaux après des négociations. Les accords qui se dégagent sont souvent complexes et coûteux à mettre en place, mais ce système assure une certaine paix sociale : les mouvements de grèves sont très rares. Ce système entraîne un surcoût de la main-d'œuvre, mais les entreprises hésitent à délocaliser leurs activités par esprit civique : le Standhort deutchland (une entreprise allemande doit salarier des Allemands). Cependant, les Konzern commencent à regarder vers les PECO (Pays d'Europe Centrale et Orientale) qui offrent une main-d'œuvre bien moins chère et proche.
Le dialogue social interne aux grandes entreprises repose sur les conventions collectives (accords négociés entre syndicats et patronat pour chaque branche économique portant sur les salaires, les conditions de travail, les congés...). La cogestion est également un aspect original de l'organisation des entreprises. Les firmes de plus de 1 000 salariés doivent associer dirigeants, actionnaires et représentant du personnel à chaque décision prise lors du conseil d'établissement. Ce mode de fonctionnement limite le rôle de l'Etat dans le dialogue social : celui-ci n'intervient que dans les rares cas de blocage des négociations.
b. Les syndicats allemands
Tous les acteurs de la vie économique, syndicats y compris, se sentent responsables du bien-être général et du niveau de vie de chacun. La vie syndicale allemande ne ressemble donc pas à celle que connaît la France : les syndicats allemands ne sont pas des syndicats d'opposition, voire révolutionnaires, mais participatifs : ils interviennent en amont des négociations, avant la crise.
Ils sont assez peu nombreux mais très puissants : un tiers de la population active est syndiquée. Ils sont organisés par branche d'activité et regroupent tous les salariés (de l'ouvrier au cadre supérieur). Le patronat n'a donc qu'un seul interlocuteur (il n'y a qu'un syndicat dans l'industrie automobile par exemple). Les cotisations sont assez élevées, ce qui permet au syndicat, lors des grèves, massivement suivies, de soutenir financièrement les grévistes. Le syndicat le plus puissant est le DGB qui regroupe en fait 17 syndicats (dont IG Metall qui compte à lui seul 4 millions d'adhérents).

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