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Tocqueville, prolongements et actualité de la pensée

1. Tocqueville, l'anti-Marx, réhabilité par R. Aron
Dans Les Etapes de la pensée sociologique, Raymond Aron note que si Tocqueville a toujours été considéré comme un des plus grands penseurs politiques dans les pays anglo-saxons, il n'a jamais figuré en France au nombre de ceux qui étaient considérés comme des maîtres.

Il faut attendre la seconde moitié du XXe siècle pour que Tocqueville soit reconnu dans son propre pays. Il faut dire que Tocqueville, qualifié parfois d'anti-Marx, n'avait pas le vent en poupe dans les milieux intellectuels.
Le déclin du marxisme, le retour en force des idées libérales et le recul des modèles explicatifs déterministes expliquent en partie le regain d'intérêt pour la pensée de Tocqueville.

Sa réhabilitation est l'œuvre de R. Aron qui le classe dans les sept ancêtres de la sociologie moderne.
Désormais, un prix Tocqueville est décerné tous les deux ans pour couronner un grand penseur. Parmi les lauréats, on notera les noms de R. Aron, de David Riesman (historien et démographe), de Louis Dumont (un des pères de l'écologie politique) ou de François Furet (historien)...
2. L'actualité de Tocqueville
On ne compte plus aujourd'hui les chercheurs ou les journalistes qui font référence à la pensée de Tocqueville. S'il en est ainsi, c'est qu'il a été un visionnaire hors pair et que certaines de ses craintes se sont avérées fondées.
a. La montée de l'individualisme
Nombreux sont ceux qui aujourd'hui regrettent la dépolitisation des individus, l'absence de grands débats idéologiques, l'affaiblissement de l'action collective, le recul du militantisme syndical, la faible participation aux élections, etc.

Les raisons invoquées pour expliquer ces phénomènes sont diverses : recherche de l'épanouissement personnel, du bien-être, de la réussite sociale...
En un mot, c'est l'individualisme qui est montré du doigt. N'est-ce pas Tocqueville qui le premier a dénoncé ce danger ?
b. La tyrannie de la majorité
On voit fleurir les articles sur l'exclusion et notamment sur le rejet du politique par les exclus du monde du travail et notamment les chômeurs. A qui peuvent s'adresser aujourd'hui les chômeurs pour défendre leurs intérêts ?

« Entre les intérêts inconciliables des travailleurs et des chômeurs, les élus de la nation ne tranchent-ils pas invariablement en faveur du plus grand nombre ? » écrivait H. Balaguy dans un article du journal Le Monde en 1995.
« Lorsqu'un homme souffre d'une injustice, à qui voulez-vous qu'il s'adresse ? » se demandait Tocqueville il y a 150 ans.

La « tyrannie des majorités » se manifeste quotidiennement dans les sociétés modernes.
c. La centralisation des pouvoirs
L'Union européenne ne fait toujours pas l'unanimité. Le scepticisme de l'homme de la rue est alimenté par la crainte de voir les institutions européennes déposséder les nations et leurs peuples de tout pouvoir. Il est vrai que la Commission (organe exécutif de la politique européenne) est éloignée de l'homme de la rue. Il est vrai aussi que le Parlement européen, seule instance élue par le peuple au suffrage universel, n'a guère de pouvoir. C'est la raison pour laquelle on parle de « déficit démocratique » des institutions européennes. C'est aussi pour cela que certains Européens ont le sentiment qu'on leur confisque leur pouvoir et que l'Europe se fait sans qu'on les consulte.

Cela explique en partie le rejet systématique de ce qui vient d'instances accusées d'être aux mains d'une poignée de politiques et de technocrates que certains n'hésitent pas à qualifier de despotes. La centralisation du pouvoir et le despotisme ont été dénoncés depuis longtemps par Tocqueville.
L'essentiel

Tocqueville a mis l'accent sur bon nombre de dérives qui menacent aujourd'hui nos démocraties : individualisme, étouffement des minorités, centralisation excessive du pouvoir, corruption.
Il nous a aussi suggéré des idées pour lutter contre les effets pervers de la démocratie : la décentralisation et le développement des corps intermédiaires (associations) qui sont aujourd'hui de plus en plus perçus comme des garde-fous contre les dérives totalitaires et l'oppression des minorités.

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