Réalisme et naturalisme - Maxicours

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Réalisme et naturalisme

Dans le domaine de la littérature et des arts, le terme « réalisme » désigne la volonté de reproduire la nature sans idéal, de décrire la réalité telle qu'elle est, en refusant les invraisemblances du romantisme. Le courant littéraire du réalisme s'épanouit dans la seconde moitié du XIXe siècle et prend, avec Emile Zola, à partir de 1868, une forme plus radicale avec le naturalisme.
1. Les fondements du réalisme et du naturalisme
Le réalisme prend sa source dans une double volonté de rupture, avec la société bourgeoise du Second Empire et avec la littérature en place, c'est-à-dire le romantisme. L'évolution du concept de réalisme est étroitement liée à l'évolution de l'histoire, de la sociologie et des idéologies de la seconde moitié du XIXe siècle : la montée parallèle de la démocratie et du libéralisme d'un côté, du positivisme d'Auguste Comte et de Hippolyte Taine qui prônent le culte du progrès, de l'autre. Par ailleurs, les sciences expérimentales et la sociologie deviennent les principales sources d'une documentation mettant en lumière l'interaction constante de l'homme et de son milieu.
2. Les principes du réalisme
La conception du réalisme ne constitue pas à proprement parler un corps de doctrine, mais se définit par quelques valeurs et principes simples.

Décrire le réel, tout le réel.
– Faire preuve d'objectivité tout en laissant la place à l'imagination et à la sensibilité : chaque écrivain décrit le réel à sa manière, conformément à sa perception du monde.
– S'appuyer sur une documentation approfondie.
– Utiliser le modèle scientifique comme approche et démarche.
« Faire vrai », par les moyens d'une écriture réaliste qui se soucie davantage de la forme (point de vue interne, style indirect libre, description par la précision des détails, vocabulaire technique) que du style.

3. Les principaux écrivains réalistes
Si Balzac et Stendhal ont déjà ouvert la voie au réalisme, en tant que volonté de représenter la réalité – humaine, sociale ou « naturelle » –, c'est Gustave Flaubert (1821-1880) qui le fait triompher avec la publication de Madame Bovary en 1857. A partir de recherches minutieuses, il y décrit notamment la bourgeoisie de province, comme il le fait aussi dans L'Education sentimentale (1869).

Les frères Edmond et Jules de Goncourt (1822-1896 et 1830-1870) sont également les représentants du courant réaliste. Leur oeuvre offre la particularité d'avoir été écrite conjointement et de s'intéresser déjà à des thèmes proches de ceux développés par les naturalistes : c'est le cas, par exemple, pour l'hystérie décrite dans Germinie Lacerteux (1865). Leur style, qualifié « d'écriture artiste » par un usage raffiné et surprenant des mots et de la syntaxe, les distingue également et en fait les précurseurs du décadentisme.

4. Le naturalisme
Le terme « naturalisme » est d'abord utilisé par les philosophes, pour désigner une doctrine qui fait de la nature un principe premier et qui nie l'existence du surnaturel.
C'est Emile Zola (1840-1902) qui l'applique à la littérature. A partir de 1868, il désigne donc un mouvement littéraire, animé par Zola, et s'inscrivant dans le prolongement du réalisme.
Comme ce dernier, le naturalisme se donne pour objectif d'explorer le réel dans son intégralité, notamment dans les milieux populaires et même dans les bas-fonds.
Pour Zola, le naturalisme a une fin pédagogique, tant il est convaincu des bienfaits du savoir et de la nécessité de l'éducation. Aussi ses ambitions sont-elles morales : parce qu'il croit au progrès social, il souhaite mettre en évidence les plaies de la société et donc en déterminer les causes afin d'agir sur elles.

Son originalité réside dans l'application plus radicale des méthodes scientifiques à la littérature, selon l'esprit positiviste répandu à l'époque, qui pensait pouvoir résoudre tous les problèmes par la science. Zola s'est notamment appuyé :
– sur les théories du naturaliste britannique Charles Darwin (1809-1882) et sur la pensée de l'historien et philosophe français Hippolyte Taine (1828-1893) : il développe ainsi la conception d'un homme totalement déterminé par son milieu et par les lois de l'hérédité ;
– sur les méthodes de la science expérimentale, mises au point par le physiologiste Claude Bernard (1813-1878) : l'écrivain n'est pas seulement un observateur, c'est aussi un expérimentateur.

La réalité devient la matière même du roman et le romancier un « raconteur du présent ». Cette dimension documentaire implique l'objectivité de l'écrivain. Cependant, cette réalité sociale est vue à travers la sensibilité propre de l'auteur, nécessaire à la dimension artistique de l'oeuvre. Par la suite, Zola introduit cette importante notion de tempérament dans la création.

5. Les principaux écrivains naturalistes
Dans le cycle des Rougon-Macquart (1871-1893), Zola veut faire, selon ses propres termes, « l'histoire naturelle et sociale d'une famille sous le Second Empire ». Chaque roman explore un aspect particulier de cette époque, l'écrivain cherchant avant tout à montrer les transformations lentes et profondes que les événements entraînent sur la société.
Ainsi, dans L'Assommoir (1877), il nous introduit dans les milieux ouvriers, aux prises avec l'alcoolisme ; Au bonheur des dames (1883) décrit l'apparition et la croissance irrépressible du commerce des grands magasins ; Germinal (1885) explore le monde de la mine et des révoltes ouvrières ; dans La Bête humaine (1890), Zola développe le thème de l'instinct de meurtre lié à l'instinct amoureux, avec en toile de fond les métiers du chemin de fer. Le cycle romanesque de Zola n'est pas seulement la peinture naturaliste des milieux, des moeurs, des mentalités ou des destins exemplaires ; le génie de l'écrivain est d'avoir su créer de véritables mythes : fécondité, puissance, germination, qui sont le fruit de son imaginaire.

Avant de se dégager du naturalisme, Maupassant publie un grand nombre de nouvelles (Boule de suif [1880], La Maison Tellier [1881]) et des romans (Une vie [1883], Bel-Ami [1885]), dans lesquels il offre sa vision du monde, teintée de pessimisme ; et, à travers des histoires de chasse, des anecdotes gaillardes, des farces paysannes, des faits divers parisiens, il peint avec un souci de vérité et d'expressivité les milieux, les moeurs, les types les plus divers du monde rustique, des bourgeois ou des employés.

Joris-Karl Huysmans (1848-1907) fait aussi partie du courant naturaliste aux débuts de sa carrière littéraire. Il rompt cependant avec les naturalistes en publiant son roman A rebours (1884), dont le héros, Jean Des Esseintes, devient le type même du héros décadent.

L'essentiel

Le réalisme est un courant littéraire qui s'affirme dans les années 1850, avec Flaubert et les frères Goncourt, sur les traces de Balzac et de Stendhal, en rupture avec les idées romantiques. Le réalisme demande à l'oeuvre d'être attentive à la vie sociale, aux moeurs, aux mécanismes politiques et sociaux, aux sciences nouvelles.

Dans la continuité, le naturalisme réunit, autour de Zola, des écrivains comme Maupassant et Huysmans. Leur ambition est alors de peindre la réalité des milieux populaires et des bas-fonds, selon la méthode des sciences expérimentales : l'écrivain est à la fois observateur et expérimentateur ; il fait oeuvre de sociologue.

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