Peut-on parler d'une culture des jeunes ? - Cours de SES avec Maxicours

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Peut-on parler d'une culture des jeunes ?

Le terme « jeune » est devenu un terme générique, comme si les « jeunes » étaient tous les mêmes, avaient les mêmes modes de vie… Mais les jeunes ont-ils une culture spécifique ?

1. Similitudes de normes et de valeurs chez les jeunes
a. Ils ont des pratiques culturelles similaires
Tout d’abord, les jeunes ont des codes vestimentaires, des codes de langage propres à leur génération (culture rap et tags dans les années 80 par exemple).
Ils ont aussi des activités culturelles semblables, des loisirs (sports, sorties…), la lecture (mode des mangas)…
Les groupes de pairs sont essentiels à l’adolescence, les différents comportements étant copiés sur des « leaders » dans les groupes (la cigarette par exemple).
 
Doc 1 : groupe d'adolescents portants tous des lunettes de soleil comme leur leader
b. Ils ont des opinions qui se ressemblent
Les jeunes sont marqués par les problèmes liés à leur génération, comme les problèmes de chômage et de précarité qui touchent particulièrement les jeunes générations depuis les années 1980. Mais on peut aussi évoquer le problème du SIDA qui préoccupe les jeunes depuis les années 1980-1990 et qui a modifié profondément leurs comportements sexuels.
 
L’adolescence est aussi pour la plupart des jeunes une période de rébellion contre le modèle parental, scolaire… C’est une période de tests, d’expérimentation personnelle (sorties, sexualité…). Cela crée une expérience similaire, des aspirations communes aux jeunes.
c. Comment expliquer ces traits culturels communs ?
La jeunesse est une période plus longue. En effet, les jeunes font des études plus longues à cause du chômage, pour trouver les meilleurs emplois. Ils restent donc plus longtemps dépendants de leurs parents et ont du temps pour sortir, fréquenter d’autres jeunes.
Les rites de passage à l’âge adulte s’effacent, les frontières sont plus floues (mariages plus tardifs, suppression du service militaire…).

Les nouveaux moyens de communication permettent aux jeunes de rester en contact avec leur « tribu » (Internet, téléphone portable…).

La moyennisation de la société fait que des valeurs communes se diffusent dans la société notamment chez les jeunes qui fréquentent tous les mêmes écoles. La classe moyenne devient la classe de référence avec ses modes de consommation, ses opinions…
2. De fortes différences subsistent
a. Une socialisation différente selon le sexe
Les filles et les garçons sont éduqués de manière différente et cela se ressent sur leurs pratiques (sport, jeux vidéos pour les garçons, lecture, activités artistiques plus fréquentes chez les filles) mais aussi sur leurs études (les garçons font plus d’études scientifiques et les filles plus d’études littéraires ou sociales).
Les filles sont considérées comme plus « fragiles » ; on les protège (sorties plus encadrées), on favorise plus leur comportement social...
b. Les différences liées au milieu social
Ces différences restent très fortes : les normes et valeurs peuvent être différentes entre les enfants de classes populaires et ceux des classes plus favorisées, les sports pratiqués (le tennis ou l’équitation contre le football pour les classes populaires), de même que les lieux fréquentés (les classes favorisées vont plus au musée, à l’opéra…).
Pierre Bourdieu appelle « habitus » tous les comportements différents d’une classe à l’autre, les classes « dominantes » tentant par tous les moyens de se distinguer des autres.

L’entrée sur le marché du travail peut aussi générer de fortes différences ; dans les classes populaires, les études sont plus professionnelles et plus courtes mais l’insertion sur le marché du travail peut être difficile du fait de diplômes moins valorisés. François Dubet parle de « galère » pour caractériser la situation des jeunes des classes les moins favorisées ou d’origine immigrée. L’origine ethnique détermine aussi de fortes différences, les jeunes d’origine immigrée étant discriminés sur le marché du travail et dans la vie sociale en général.
La culture jeune devient plutôt les sous-cultures jeunes ; la culture des beaux quartiers n’est pas la culture rap des banlieues.
c. Une « culture » sous influence
Une culture, au sens sociologique, détermine ses propres normes et valeurs. Or, la culture jeune est très influencée par la publicité (les marques vestimentaires par exemple font fureur quand il s’agit de se forger une personnalité d’autant plus chez les jeunes défavorisés). Les jeunes sont très soumis à la société de consommation et ses valeurs.
La culture jeune est aussi très influencée par les médias et en premier lieu la télévision.

L’essentiel

On ne peut donc pas parler réellement de culture jeune au sens sociologique du terme, même si les jeunes ont beaucoup de points communs dans leur mode de vie ; cela ne représente au mieux qu’une sous-culture. Et encore celle-ci n’est pas unique, la « culture » jeune est segmentée par le sexe mais aussi surtout par le milieu social. Enfin, ces sous-cultures sont largement influencées par la société et les médias.

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