Persistance ou réduction des inégalités ? - Maxicours

Persistance ou réduction des inégalités ?

1. Les inégalités économiques
a. Les inégalités de salaire
On rappelle que le salaire est un revenu perçu par un salarié, c’est-à-dire un travailleur lié par un contrat de travail (de subordination) à un employeur. Les revenus du travail comprennent les salaires mais aussi les primes voire encore des avantages en nature (voitures, appartements de fonction, etc.) qui sont aussi des sources d’inégalités entre salariés.

En 2010, le salaire mensuel moyen des ouvriers à temps plein (1 400 € environ) est deux fois moins élevé que le salaire mensuel moyen des cadres (environ 2 800 € hors primes, stock-options, etc.). 10 % des salariés ont moins de 800 € sur leur fiche de paie alors que les 1 % les mieux payés ont un salaire qui dépasse les 7 900 €. Le salaire médian s’établit à environ 1 650 € par mois en 2010.
b. Les inégalités de patrimoine
Le patrimoine est constitué par l’ensemble des biens possédés par un individu (ou, le plus souvent, par un ménage) : il se compose d’immeubles (terres, maisons, appartements, bâtiments de production), de valeurs mobilières (actions et obligations, par exemple), de liquidités déposées sur des comptes bancaires, d’objets d’art, de bijoux, etc.

Les revenus sont donc des flux alors que le patrimoine est un stock, que l’on acquiert en utilisant son revenu et que l’on peut transmettre à ses héritiers. On peut bien penser que si l’on a des revenus faibles, on aura souvent un patrimoine faible (même si ce n’est pas toujours le cas : un agriculteur propriétaire de son exploitation peut avoir des revenus faibles alors qu’il détient un patrimoine).

Pour le patrimoine, on observe que les écarts sont plus importants que pour les salaires. Le patrimoine des ménages les 10 % des plus riches est 2 000 fois plus élevé que celui des 10 % les plus pauvres (qui ne disposent d’un patrimoine que de 400 € au mieux).
c. L’évolution des inégalités économiques
Les inégalités de revenus ont grandement diminué entre 1960 et 1980. Or, depuis cette période, les écarts ne se réduisent plus dans un contexte où, de toute façon, les salaires n’augmentent plus que faiblement. En revanche, les inégalités de patrimoine se sont fortement accrues depuis 1980 du fait de la montée de la valeur des actifs patrimoniaux (logements, actions).

De ce fait, les revenus des 1 % les plus riches se sont accrus de 16 % voire 33 % pour 0,01 % des plus privilégiés entre 2004 et 2008 alors que ces mêmes revenus ne progressaient dans le même temps que de 5 % au maximum pour les autres.

La pauvreté qui avait fortement baissé depuis 1970 (passant de 19 % à 12,5 % entre 1970 et 2004) remonte progressivement (elle se situe à 13,5 % en 2009). Le seuil de pauvreté est défini comme le revenu inférieur à 60 % du salaire médian (donc environ 900 € en 2011 pour une personne seule).
2. Les inégalités sociales
a. Les inégalités entre hommes et femmes
Les inégalités entre les hommes et les femmes prennent plusieurs formes, aussi bien économiques que non-économiques. Les écarts de salaire restent globalement de l’ordre de 20 % environ, ils sont d’autant plus importants que l’on progresse dans la hiérarchie. On note cependant que ces inégalités sont moins fortes dans le secteur public. Les femmes ont globalement moins accès aux emplois à responsabilités et sont plus touchées par le chômage.

On retrouve ces inégalités dans les autres domaines de la vie sociale : en particulier, le travail domestique repose pour l’essentiel sur les femmes, et les changements, s’ils existent, sont encore peu perceptibles dans les statistiques. L’inégalité dans l’exercice du pouvoir politique, malgré la loi sur la parité, reste également très forte.

Si ces inégalités pouvaient s’expliquer par une moindre qualification des femmes il y a quelques années, cet argument ne tient plus devant la forte progression de la scolarité féminine et leur réussite scolaire. Les écarts de salaires ont fortement baissé depuis les années 1960 mais stagnent depuis une dizaine d’années comme si les femmes se heurtaient à un « plafond de verre » les empêchant d’être à égalité avec les hommes sur le marché du travail.
b. Les inégalités de l’espérance de vie
Alors même que l’accès aux soins médicaux est garanti à tous, on meurt plus jeune quand on est ouvrier non qualifié que quand on est cadre. Ainsi, l’espérance de vie des ouvriers à 35 ans est de 38 ans en 2000 alors qu’elle monte à 46 ans pour les cadres, soit une différence de 8 années ! Cette différence reste identique malgré la progression de l’espérance de vie depuis les années 1970.

Ces différences s’expliquent notamment par des métiers plus ou moins exigeants physiquement mais aussi par les pratiques vis-à-vis de la santé. Les cadres font plus de sport, mangent plus équilibré et font donc plus attention à leur santé que les ouvriers. L’obésité est une maladie qui touche les plus pauvres (2 fois plus d’ouvriers que de cadres).

La France connaît aussi de fortes inégalités d’accès aux soins en fonction de la zone géographique mais aussi des moyens financiers (12 % des plus pauvres n’ont pas de mutuelle de santé alors que cela ne touche que 3 % des plus riches).
c. Les inégalités de réussite scolaire
En France, l'école est publique et gratuite, ce qui signifie qu'elle est accessible à tous. Or, il s'avère que le genre des études, leur durée, le niveau de diplôme atteint sont directement reliés avec l'origine sociale des étudiants.

Parmi les enfants d’ouvriers non qualifiés entrés en 6e en 1995, seuls 40 % ont réussi à avoir un baccalauréat (seulement 4,6 % un bac S) alors que cette proportion monte à 90 % pour les enfants d’enseignants (40 % ont eu un bac S). Ces inégalités ont tendance à se creuser si on compare la génération entrée en 6e en 1989 avec celle de 1995.
L'essentiel
Le consensus qui s’était construit durant les Trente Glorieuses en faveur de la réduction quantitative des inégalités par le biais de la redistribution des revenus et de la construction de l’égalité des chances se fissure.

Les inégalités ont tendance à s’accroître, qu’elles soient économiques ou sociales, et la crise risque d’aggraver ce phénomène au détriment de la justice sociale.
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