Mort à crédit de Louis-Ferdinand Céline - Maxicours

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Mort à crédit de Louis-Ferdinand Céline

Objectif : étudier une œuvre à caractère autobiographique.
Céline lui-même définit ses deux principaux récits (Mort à crédit et Voyage au bout de la nuit) comme des romans. Pourtant, le lecteur considère que ces œuvres possèdent une dimension autobiographique. On peut alors parler à propos de Mort à crédit de roman autobiographique ou « roman-autobiographie ».
1. La dimension autobiographique
Elle s'appuie sur plusieurs éléments.
a. Les confidences faites par Céline aux journalistes
Au moment de la parution de Voyage au bout de la nuit (1932) et de Mort à crédit (1936), Céline fait le lien entre l'histoire du personnage et la sienne propre. Ainsi, les différents épisodes de Voyage au bout de la nuit (guerre, séjours en Afrique et aux Etats-Unis, exercice de la médecine dans la banlieue parisienne) correspondent à des épisodes réels de la vie de Céline. De même, l'enfance du narrateur dans Mort à crédit est rattachée à celle de Céline par de nombreux aspects (quartier, personnages, expériences professionnelles, etc.).
b. Le prénom du personnage principal dans Mort à crédit
Le héros de Mort à crédit s'appelle Ferdinand, ce qui est une partie du prénom réel de l'auteur et donne donc à penser que ce dernier projette sa propre vie dans celle de son personnage. (Dans Voyage au bout de la nuit, Céline utilisait encore un prénom fictif pour son personnage – Bardamu – pour marquer la différence entre le héros et lui-même.)
c. Le projet littéraire de Céline
Reconnu pour l'originalité de sa vision et de son style, Céline a toujours affirmé que pour mettre en œuvre cette vision et ce style, il devait partir de ses propres expériences. Pour lui, la seule matière narrative possible est sa propre vie.
2. L'appartenance au genre romanesque
Malgré tous ces éléments autobiographiques, Mort à crédit appartient au genre romanesque. En effet, l'histoire racontée n'est pas le récit fidèle et assumé de la vie de l'auteur, mais elle transpose des expériences vécues. En outre, le récit n'est pas toujours réaliste, ce qui constitue un autre écart par rapport à l'autobiographie au sens strict du terme.
a. La transposition d'expériences vécues
Céline fait subir aux épisodes de sa vie réelle un certain nombre de modifications destinées à les faire correspondre à sa vision du monde, une vision pessimiste et désenchantée. En voici quelques exemples.
  • Dans Mort à crédit, les traits de caractère des membres de la famille (père, mère, grand-mère, oncles et tantes) sont grossis, caricaturés, pour les besoins de l'histoire. Les crises de colère, violentes et ridicules, du père, renforcent par exemple le malheur de Ferdinand.
  • Le passage réel dans lequel Céline vécut son enfance – passage Choiseul, dans le quartier de l'Opéra  – change de nom et devient « passage des Bérésinas » dans Mort à Crédit.
  • La situation financière des parents est considérablement noircie dans Mort à Crédit par rapport à ce qu'elle était en réalité : dans le roman, les parents font des économies en n'éclairant qu'une vitrine sur les deux que compte leur boutique ; ils déposent des objets au Mont-de-Piété et se privent parfois de nourriture. Dans la réalité, on sait que la mort de la grand-mère, en 1904, avait mis la famille à l'abri du besoin et que le jeune Louis-Ferdinand prenait par exemple des leçons de piano.

Dès lors qu'il ne raconte pas les faits tels qu'ils se sont produits mais leur impose ces changements qui vont dans le sens d'une aggravation de la réalité, Céline fait entrer son œuvre dans le genre romanesque.

b. Les invraisemblances
La véritable autobiographie est soucieuse de vraisemblance, de continuité et de cohérence. Or, des invraisemblances, dans Mort à crédit, affaiblissent ou annulent la crédibilité d'un personnage ou d'une scène. Par exemple, la noirceur extrême de certains épisodes peut constituer un élément de leur invraisemblance.
De même, la tonalité fantastique qui caractérise certains passages (par exemple l'épisode de la traversée de la Manche en bateau) est une dimension importante du roman, mais pas de l'autobiographie.
L'essentiel

Mort à crédit de Céline est un roman autobiographique ou roman-autobiographie. Cela signifie qu'il raconte une histoire proche de la vie réelle de l'auteur, mais qui s'en écarte par des transpositions de la réalité (qui vont toujours dans le sens d'une exagération) et par des éléments invraisemblables.

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