Les stratégies des grands groupes pharmaceutiques - Maxicours

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Les stratégies des grands groupes pharmaceutiques

La lutte contre les grandes pandémies, contre le développement des maladies infectieuses, notamment contre le VIH/SIDA et l’aide sanitaire au Tiers monde sont devenus en quelques années une priorité planétaire.

Les organisations officielles et les ONG sont largement impliquées dans cette lutte. Les laboratoires pharmaceutiques, mettant en avant la défense de leurs brevets et leur objectif de rentabilité, ne permettent pas aux malades des pays les plus démunis d’accéder aux thérapies récentes et efficaces.

Quelles stratégies développent ces groupes pharmaceutiques et comment évolue leur positionnement face au Tiers monde ?

1. Le marché du médicament
a.  Le positionnement des grands groupes pharmaceutiques

A l’échelle de la planète, 80 % des dépenses de santé sont effectuées par un cinquième de la population et 85 % des médicaments consommés le sont par 12 % de cette population.

En 1999, le Docteur Brundtland, directrice de l’OMS déclarait « Plus d’un milliard de personnes vont aborder le XXIe siècle sans avoir profité de la révolution sanitaire ». Les grands groupes pharmaceutiques investissent de grosses sommes dans la recherche pour développer de nouvelles molécules afin de combattre les maladies les plus graves.

La politique économique de ces laboratoires est dictée par l’exigence d’un profit immédiat et important. Leurs recherches se concentrent donc sur les thérapies les plus rentables. Dans le même temps ils abandonnent la fabrication des médicaments qui ne rapportent plus assez.

La commercialisation d’un médicament implique l’existence d’un vaste marché et des clients capables de le payer. Dans la plupart des pays du Tiers-Monde, la seconde condition n’est pas remplie d’où l’abandon de certaines molécules indispensables pour lutter contre les maladies endémiques.

A la fin des années 1980 la maladie du sommeil avait fait un retour en force car la fabrication du traitement avait été abandonnée.

b. L'industrie du médicament n'est pas une industrie comme les autres

Les firmes pharmaceutiques imposent, pour les médicaments qu’elles produisent, les prix de vente et engagent des procès dès qu’un Etat du Tiers-Monde fabrique le même produit pour le commercialiser moins cher.

Cette attitude légitime pour tout produit industriel ou de haute technologie n’est pas acceptable pour les médicaments car ils ne sont pas des biens de consommation comme les autres, la vie de millions de malades en dépend.

Dans plusieurs pays du Tiers-Monde le conflit est ouvert entre les gouvernements soucieux de produire des médicaments à bas prix et les groupes pharl’Afmaceutiques défendant leurs brevets au mépris de la vie humaine. Une première brèche a été ouverte par l'Afrique du Sud qui a réussi à produire des médicaments contre le VIH/SIDA malgré l’opposition des groupes pharmaceutiques américains.

Continuant à utiliser à leur profit les règlements de l’OMC, les grands laboratoires pharmaceutiques s’opposent à toute levée des droits sur les brevets. Au final une telle situation permet aux pays riches et solvables, de bénéficier des médicaments les plus récents et les plus efficaces contre les pathologies lourdes, quant aux pays pauvres ils doivent attendre une vingtaine d’années la levée des droits sur les brevets, pour bénéficier des mêmes molécules.

2. Favoriser l'accès aux médicaments
a. Le Tiers Monde prend sa santé en main

A l’exemple de l’Afrique du Sud qui a tenu tête aux lobbies pharmaceutiques, le Brésil, pays d’Amérique latine le plus touché par le VIH/SIDA avec près de 600 000 porteurs du virus a décidé de copier et de produire lui-même un antiviral breveté par le laboratoire Roche.

La loi brésilienne permet en effet une production locale trois ans après le dépôt de brevet ou lorsque les prix fixés par les groupes pharmaceutiques sont considérés comme exagérés.

L’Afrique du Sud et le Brésil, sont rejoints par de nombreux autres pays en développement avec le soutien des Nations Unies et de l’opinion publique occidentale.

Les 39 laboratoires qui avaient déposé une plainte contre l’Afrique du Sud l’ont retirée et un véritable dialogue s’est ouvert entre de nombreux laboratoires, plusieurs pays du Tiers-Monde, les organisations officielles et les ONG.

Dès 2001 Aurea Céleste da Silva, présidente brésilienne du groupe d’appui contre le VIH/SIDA avait résumé les enjeux : « La santé est un droit, mais non un commerce ». La prise de conscience d’un nécessaire dialogue et d’une concertation entre tous les acteurs s’est faite.

Lorsqu’il s’agit d’améliorer l’accès aux soins pour les populations les plus défavorisées. Les industriels de la pharmacie, conscients de la mauvaise image qu’ils donnent d’eux multiplient désormais les actions en direction du Tiers-Monde ; par exemple le don par Aventis Pasteur de 50 millions de doses de vaccin contre la poliomyélite.

b. La santé des pays du Sud est l'affaire de tous

Les industriels du médicament ne résoudront pas le problème du sous-développement. Ils ont toutefois pris conscience qu’il ne fallait pas viser le profit à tout prix et qu’il allait même de leur intérêt d’améliorer la situation car un Tiers-Monde dont la santé s’améliore c’est un Tiers-Monde qui se développe, qui s’enrichit et par voix de conséquence un nouveau marché qui s’ouvre.

Aujourd’hui, tous les grands laboratoires ont lancé des programmes de recherche pour lutter contre les maladies spécifiques au Tiers-Monde. Leur implication dans une politique de santé globale, grâce à la puissance de leur secteur Recherche et Développement et l’abaissement du prix des médicaments permettront aussi d’éliminer les contrefaçons dont l’utilisation peut être pire que le mal.

Ces contrefaçons ont pu se développer grâce au vide laissé par les grands groupes dans les pays pauvres. En réaction, le laboratoire Sanofi Aventis a ouvert le 4 septembre 2008 le premier laboratoire de lutte contre la contrefaçon à l’échelle mondiale.

L'essentiel

Les grands groupes pharmaceutiques sont des acteurs incontournables de l’état sanitaire du monde. Jusqu’à une date récente ils ont considéré que le marché privilégié était celui des pays du Nord avec des populations à hauts revenus et des systèmes de protection sociale qui légitimaient la cherté des médicaments, délaissant les pays du Sud.

Des procès sont intentés aux Etats qui tentent de produire leurs propres médicaments génériques. Cette situation est aujourd’hui à peu près terminée et les grands groupes pharmaceutiques mettent à la disposition des pays pauvres les médicaments dont ils ont besoin pour lutter contre les maladies qui leur sont spécifiques et contre le VIH/SIDA également.

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