Les résistances à la mondialisation - Cours de SES avec Maxicours

01 49 08 38 00 - appel gratuit de 9h à 18h (hors week-end)

Les résistances à la mondialisation

1. Les contestations manifestes à la mondialisation
a. Le refus d'un modèle unique de développement
Le cycle de négociation de l'OMC (Organisation mondiale du commerce) à Seattle en novembre 1999 a été un échec complet, les manifestations anti-mondialisation ayant réussi à bloquer les discussions. Depuis, chaque réunion internationale sur des accords de commerce est confrontée à la contestation des organisations anti-mondialisation, et à sa résonance médiatique. Dans ces mouvances parfois disparates, plusieurs critiques au modèle de développement en cours sont avancées.

La critique économique porte sur le fonctionnement spéculatif des marchés financiers et sur l'aspect purement libéral du commerce mondial, fondé sur la seule politique de l'offre. Cette critique s'accompagne d'objections sociales, puisque la libéralisation du commerce s'accompagne souvent d'une montée des inégalités, notamment dans les PED (Pays en développement). Les aspects environnementaux, et notamment la thèse du développement durable, sont aussi abordés.

Enfin, il existe une critique politique du système, avec l'observation du caractère non démocratique des institutions de régulation économique comme l'OMC et le FMI (Fonds monétaire international), qui ne sont pas gouvernés par des personnalités élues. Ces critiques sont portées en France principalement par l'association ATTAC (Association pour la taxation des transactions pour l’aide aux citoyens) et par le syndicat de la Confédération paysanne. La mondialisation économique n'est donc pas acceptée par tous comme un phénomène inéluctable.
b. « L'exception culturelle » française
Les préoccupations culturelles sont aussi présentes. Face aux risques d'une trop large homogénéisation culturelle, les collectivités pratiquent parfois des stratégies de défense, de résistance ou d'évitement. C'est donc la communauté nationale elle-même qui réagit, et non plus des groupes particuliers comme dans le cas précédent. Le thème de l'exception culturelle est bien connu en France : les biens et productions culturels sont relativement protégés par des politiques de quotas européens (en télévision ou radio) ou des subventions (pour le cinéma).

L'accord Multilatéral sur l'Investissement (AMI) discuté en 1995 devait limiter ce protectionnisme caché. Les autorités, soutenues par les cinéastes et les professionnels de la culture, ne l'ont pas accepté. Cela a permis à l'évidence d'assurer la permanence d'une production culturelle nationale ou européenne, qui ne résisterait pas à la libéralisation mondiale des marchés culturels et à la puissance marketing des productions américaines.
2. Le maintien des cultures locales
a. La permanence des spécificités locales
Les résistances à la mondialisation se traduisent aussi de manière plus informelle. Nous sommes encore bien loin d'une américanisation réelle des pratiques culturelles, et les modes de vie restent très identifiables d'un territoire à l'autre.

Les habitudes culinaires sont par exemple relativement préservées en France, malgré le développement de la restauration rapide. Les usages anciens restent de même fortement ancrés, y compris dans l'univers du travail, pourtant soumis à la mondialisation économique : les traditions managériales dans les entreprises sont toujours très distinctes selon les pays en ce qui concerne le rapport à l'autorité, les pratiques de négociation, les relations commerciales, etc.
b. Les dangers d'un repli identitaire
Ces résistances peuvent éventuellement conduire à un repli identitaire fondé sur une nostalgie d'un passé historique mythique : on observe ainsi depuis plusieurs années un développement des revendications régionalistes, voire autonomistes, en Europe.

De même, les croyances religieuses peuvent fournir un point d'appui pour reconstruire une identité chahutée. C'est ainsi qu'en Algérie, au Maroc ou en Égypte, la religion islamique est devenue pour certains la base d'un projet de réunification de la communauté, dans les villes et centres urbains « déculturés » par l'occidentalisation. Ce phénomène est paradoxalement moins visible dans les campagnes, qui ont sans doute moins subi « l'agression » occidentale.

Le danger de ce type d'attitude est de finir par refuser toute ouverture d'esprit sur le monde qui nous entoure.
L'essentiel
La mondialisation et la globalisation sont combattues au nom du respect des identités culturelles ou nationales. Ces résistances se manifestent directement par la contestation des institutions internationales et leurs projets, mais aussi de manière plus diffuse par la permanence des modes de vie locaux et des cultures nationales.

Comment as-tu trouvé ce cours ?

Évalue ce cours !

 

Découvrez
Maxicours

Des profs en ligne

Géographie

Des profs en ligne

  • 6j/7 de 17h à 20h
  • Par chat, audio, vidéo
  • Sur les 10 matières principales

Des ressources riches

  • Fiches, vidéos de cours
  • Exercices & corrigés
  • Modules de révisions Bac et Brevet

Des outils ludiques

  • Coach virtuel
  • Quiz interactifs
  • Planning de révision

Des tableaux de bord

  • Suivi de la progression
  • Score d’assiduité
  • Une interface Parents