Les limites de l'intervention des pouvoirs publics - Maxicours

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Les limites de l'intervention des pouvoirs publics

1. Des contraintes politiques et économiques
a. Les contraintes économiques
Au niveau empirique, plusieurs constatations incitent à penser que l'intervention publique n'est plus extensible : tout d'abord, la contrainte internationale et européenne est de plus en plus forte, notamment du fait de l'ouverture généralisée des frontières et des logiques monétaires internationales. La mondialisation économique interdit pratiquement toute politique de relance nationale.

A cette contrainte extérieure s'ajoute une contrainte budgétaire : la part du budget de l'Etat dans le PIB national est déjà très importante et les marges de manœuvre sont de plus en plus faibles puisque des taux de prélèvements obligatoires excessifs sont dissuasifs. Dès lors, la limitation de la dette publique est devenue un objectif permanent des gouvernements.

Par ailleurs, l'intervention structurelle des Etats s'est parfois traduite par des choix productifs aujourd'hui contestés ou trop coûteux.
b. Les critiques libérales
A ces contraintes pratiques s'ajoutent désormais les débats sur l'opportunité de mener telle ou telle action économique ou sociale. Les pressions libérales sont fortes pour éviter toute nouvelle prise en charge publique. Le retour en grâce du libéralisme s'est ainsi manifesté par les logiques de marchés contestables. Selon cette école de pensée, pour être compétitif, un secteur doit obligatoirement être en concurrence, même de manière potentielle (ce fut le cas du marché aérien américain, puis européen dans les années 1980).

Par ailleurs, on avance que la governance d'entreprise est plus soucieuse de compétitivité qu'une gestion publique. Les monopoles publics n'ont donc plus lieu d'être pour les libéraux. L'autre argument procède d'une critique de l'action gouvernementale, soumise à des aléas politiciens selon l'école du public choice. En effet, il peut exister un marchandage programmatique de la part des hommes politiques soucieux de se faire réélire, ce qui conduit à un alourdissement de la dette à la veille des élections.
2. Un débat sur l'efficacité de l'intervention publique
a. Deux crises
Selon P. Rosanvallon, l'Etat connaît alors une crise d'efficacité, doublée d'une crise de légitimité.

La crise d'efficacité de l'Etat providence provient d'une complexité administrative excessive pour des résultats économiques et sociaux peu satisfaisants. Le coût des services est alors démesuré au regard de leur efficacité. Cela entraînerait même des effets d'éviction, en empêchant des investisseurs privés de trouver des financements lorsque les pouvoirs publics s'accaparent tous les crédits disponibles.

La crise de légitimité est sans doute plus profonde : les principes d'équité et de solidarité sont désormais fragilisés par une montée de l'individualisme. La population a dès lors l'impression de subir la puissance publique, et non de bénéficier de son action redistributive.
b. Le désengagement de l'Etat
C'est sans doute du fait de ces crises d'efficacité et de légitimité que l'Etat manifeste sa volonté de se désengager durablement de la sphère économique depuis une vingtaine d'années. Ce désengagement permet de mieux laisser jouer le marché.

Deux phénomènes le montrent bien : d'une part, les privatisations ont été nombreuses aussi bien dans les services que dans l'industrie ; d'autre part, les procédures de déréglementation des marchés se sont multipliées.

Les pouvoirs publics se concentrent donc sur leur rôle de régulation, au détriment de l'intervention. Ce choix doit cependant s'évaluer au regard de la situation anglaise, où les privatisations se sont finalement traduites par une dégradation généralisée des services (dans les trains par exemple)...

L'essentiel

Les limites de l'action de l'Etat sont de deux ordres : empiriques avec des contraintes de financement, mais aussi théoriques avec l'essor d'une critique libérale virulente. La crise d'efficacité de l'Etat se double donc d'une crise de légitimité de l'action publique. Cela explique sans doute le désengagement progressif de l'Etat dans de nombreux secteurs de l'économie.

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