Les conflits en Tchétchénie - Cours de Culture générale avec Maxicours

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Les conflits en Tchétchénie

1. Le contexte géographique et politique
La Fédération de Russie est l'un des quinze Etats issus de l'implosion de l'URSS.
Elle est constituée de 89 sujets :
• 21 républiques,
• 49 régions,
• 6 territoires,
• 10 districts,
• 2 villes d'importance fédérale (Moscou et Saint-Pétersbourg),
• 1 région autonome (Birobijian).

La Fédération regroupe 128 nationalités et son territoire est découpé selon différents critères juridiques : les républiques voient leurs frontières fixées par les nationalités, les régions et les territoires par des raisons administratives.

Seul le Birobijan garde un statut particulier. Parmi les 21 républiques qui constituent la Fédération de Russie, la République de Tchétchénie est localisée dans les montagnes du Caucase, où la confession majoritaire est l’islam sunnite.

Avec environ un million de personnes, les Tchétchènes sont le groupe le plus nombreux (après les Russes) du Caucase Nord. Depuis toujours, une partie de la population tchétchène a rejeté l’occupation étrangère, et notamment russe.

Les valeurs guerrières entretenues par la tradition alimentent le feu de la résistance contre le pouvoir central russe et cette résistance s’est progressivement fondue au cœur de l’identité tchétchène, nourrie par les facteurs sociaux et religieux (islam sunnite).

Les républiques caucasiennes de Russie
2. Aux origines de la guerre
Le 5 septembre 1991, le président du « Comité exécutif du Congrès national tchétchène », le général Djohar Doudaev, ancien membre de l’Armée de l’air soviétique, s’empare du pouvoir à la suite d’un coup d’état. Il déclare l’indépendance de la Tchétchénie le 2 novembre 1991.

Les 3 années qui suivent voient le pouvoir russe tenter de négocier, tout en étant obligé de tolérer la nouvelle autonomie tchétchène. La Tchétchénie forme ses propres infrastructures civiles et militaires et des mouvements islamistes extrémistes venus du Moyen-Orient et d’Asie centrale s’infiltrent de façon plus ou moins marquée dans les milices locales.

La Tchétchénie refuse de signer l'adoption de la Constitution de la Fédération. Par ailleurs, des désaccords internes sur la conduite à tenir vis-à-vis du pouvoir central moscovite et l'opposition politique au pouvoir du président tchétchène Doudaev se conjuguent pour conduire à la guerre civile.

Le pouvoir russe prend conscience que les groupes tchétchènes rebelles et extrémistes représentent un danger non négligeable pour la préservation des frontières du territoire russe et qu’ils risquent d’entraîner les pays voisins dans leurs revendications indépendantistes : après avoir instauré la Charia comme loi officielle en janvier 1999, ces groupes extrémistes se livrent à des enlèvements et des détournements de pétrole, échappant à tout contrôle.
3. Les différentes étapes du conflit en Tchétchénie
a. 1994 : Première guerre de Tchétchénie
Boris Eltsine, premier président russe de l’ère post-soviétique lance une attaque surprise avec plus de 20 000 soldats : c’est l’opération militaire de plus grande envergure menée par la Russie, depuis 1979 et son intervention en Afghanistan.

Pendant près de trois ans, l'armée russe affronte la résistance tchétchène, sans pouvoir la vaincre. En 1996, un accord de paix est signé entre le représentant tchétchène, indépendantiste modéré, Aslan Maskhadov, et Moscou. La prévision de négociations sur le statut de la Tchétchénie y est intégrée. De même, la Tchétchénie se voit interdire le recours à la guerre.

En 1997, Aslan Maskhadov est élu président (avec 53 % des voix), prenant l’avantage sur son opposant Chamil Bassaïev, leader islamiste extrémiste. Plusieurs chefs de guerre tchétchènes, confortés par leur victoire, cherchent à regrouper les républiques voisines pour créer un Caucase islamique. Les attentats terroristes se multiplient autour de la Tchétchénie, à la fois dans les républiques autonomes et dans les régions russes avoisinantes. Menés notamment par le chef de guerre Chamil Bassaev, ces attaques et attentats visent les populations civiles, et les terroristes poussent leurs actions jusqu’à Moscou.
b. 1999 : Deuxième guerre de Tchétchénie
Attentats meurtriers à Moscou, prises d’otages et exécutions sommaires conduisent le Premier ministre russe, Vladimir Poutine, en septembre 1999, à lancer la deuxième guerre en Tchétchénie, au nom de la lutte anti-terroriste.

Malgré la prise de la capitale, Grozny, par les forces fédérales russes en janvier 2000, la guerre piétine, faisant d’énormes pertes humaines et matérielles des deux côtés. Dès la fin des principales hostilités, la plupart des combattants indépendantistes, profitant de l'amnistie accordée par Poutine, déposent leurs armes. Poutine instaure une gouvernance directe de la région.
c. La guérilla depuis 2002
Cependant, des milliers de combattants rebelles poursuivent des opérations de guérilla contre les troupes russes et les Tchétchènes qui les soutiennent, depuis les montagnes et forêts où ils se sont réfugiés. Financés par des réseaux islamistes extrémistes étrangers, des attentats et prises d’otages sont encore perpétrés, cinq ans après la chute du régime, par les rebelles qui survivent à la répression russe.

Le président Maskhadov rencontre de grandes difficultés à lutter à la fois contre les actions terroristes sanglantes de Bassaev, la montée en puissance de l’islam le plus réactionnaire au sein de la population tchétchène et la présence russe sur le territoire. Cette impuissance à endiguer les divers problèmes lui fait perdre toute crédibilité auprès des Tchétchènes, bien qu’il soit la seule personne avec qui le pouvoir russe puisse négocier une seconde paix.

En 2003, Maskhadov perd la présidence, au profit d’Akmad Kadyrov, ancien indépendantiste rallié au Kremlin, dont l’élection est marquée par d’importantes irrégularités. Maskhadov se retire dans la clandestinité et les Russes mêlent régulièrement son nom aux attentats perpétrés sur le sol russe, bien qu’il n’ait jamais cautionné les actions violentes contre les civils, à la différence de Chamil Bassaev. Il est tué lors d'une attaque des forces spéciales russes le 8 mars 2005.



Les événements clés des deux conflits

1er novembre 1991 : Déclaration d’indépendance de la Tchétchénie.
11 décembre 1994 : attaque de l’armée russe et première guerre.
31 août 1996 : Accord de Khassaviourt entre Moscou et Aslan Maskhadov, chef des indépendantistes tchétchènes, qui met fin à la guerre.
5 janvier 1997 : Fin du retrait des troupes russes, après la signature d’un décret par Boris Elstine
27 janvier 1997 : Election de Maskhadov à la présidence lors des premières élections libres
7 août 1999 : Raid sur le Daguestan conduit par le chef islamiste tchétchène Chamil Bassaev.
Août-septembre 1999 : Bombardements russes sur les positions islamistes du Daguestan et des villages tchétchènes situés près de la frontière.
1er octobre 1999 : Entrée des chars russes dans le nord de la Tchétchénie. Deuxième guerre.
25 décembre 1999 : Assaut contre Grozny 28 mars 2000. Election de Vladimir Poutine à la présidence de la Fédération de Russie.
Juin 2000 : La Tchétchénie est placée par Vladimir Poutine « sous administration présidentielle directe ».
23-26 octobre 2002 : Un commando tchétchène prend en otage 750 spectateurs à l’intérieur du théâtre de la Doubrovka de Moscou. L’assaut des forces spéciales russes se soldera par 120 morts parmi les otages, plus la quasi-totalité des preneurs d’otages.
23 mars 2003 : Référendum sur la nouvelle Constitution, qui confirme le maintien de la Tchétchénie au sein de la Fédération de Russie. Officiellement, 96 % des Tchétchènes votent « oui ».
5 octobre 2003 : Élection du chef de l’administration pro-russe, Akhmad Kadyrov, à la présidence de la Tchétchénie.
9 mai 2004 : Attentat à la bombe tuant le président tchétchène Kadyrov
1er septembre 2004 : Prise de 1200 otages dans une école de Beslan (Ossétie du Nord) par un groupe armé demandant le retrait des troupes russes hors de Tchétchénie. Elle est revendiquée quelques jours plus tard par Chamil Bassaïev, chef de guerre tchétchène.
8 mars 2005 : Mort de l’ancien président Aslan Maskhadov, tué par les forces spéciales russes.

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