Les Confessions de Jean-Jacques Rousseau - Maxicours

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Les Confessions de Jean-Jacques Rousseau

Objectif : connaître une œuvre autobiographique majeure du XVIIIe siècle.
1. Rédaction et publication
En 1762, L'Emile est condamné par le parlement de Paris et Rousseau doit s'enfuir pour échapper à une arrestation. Ses travaux s'orientent alors vers la justification et le plaidoyer : sa Lettre à Christophe de Beaumont (1762) dans laquelle il tente de se défendre, ne suffit pourtant pas à faire lever la condamnation. A Neuchâtel où il a trouvé refuge, il pense échapper à la cabale. Mais en décembre 1764, il reçoit un libelle anonyme Le Sentiment des citoyens, écrit en fait par Voltaire, qui dévoile comment il a abandonné ses enfants et réclame contre lui la peine capitale. C'est dans ce contexte que Rousseau entreprend la rédaction de son œuvre autobiographique Les Confessions afin de se justifier.

L'ensemble de l'œuvre n'est pas rédigé d'un seul trait, mais en deux étapes au gré de ses pérégrinations car Rousseau est contraint de fuir la justice et l'hostilité de la population : la première partie qui comprend les livres I à VI consacrés aux années 1712-1741, a été écrite entre 1765-1767 ; la seconde partie qui comprend les livres VII à XII consacrés aux années 1741-1765, a été écrite en 1769-1770.

Rousseau avait choisi de ne pas publier son œuvre de son vivant. Il en fait néanmoins la lecture à plusieurs reprises dans les salons, en 1770-1771. Mme d'Epinay, que les révélations de Rousseau à son sujet dérangeaient, parvient à faire interdire ces lectures. Finalement, Les Confessions seront publiées en 1782 pour la première partie, en 1789 pour la seconde, alors qu'entre temps, Rousseau, convaincu d'un complot universel ourdi contre lui, avait encore écrit, pour se justifier, Rousseau juge Jean-Jacques (1772-1776).

2. L'enjeu des Confessions
L'œuvre de Rousseau, par son titre même, s'inscrit dans la filiation de celle de saint Augustin (354-430), qui raconte ce qui l'a conduit à la conversion. Comme Rousseau après lui, il évoque son enfance et son adolescence, se confessant de ses fautes. Cependant si l'œuvre du saint, emprunte d'humilité chrétienne, est tournée vers la louange de la grâce divine, le projet rousseauiste, tout en soulageant également de ses fautes sa conscience, est essentiellement individualiste et vise, par l'affirmation orgueilleuse de soi et de sa différence, à servir d'exemple aux autres hommes, comme Rousseau l'écrit en préambule :
« Je forme une entreprise qui n'eut jamais d'exemple et dont l'exécution n'aura point d'imitateur. Je veux montrer à mes semblables un homme dans toute la vérité de la nature ; et cet homme ce sera moi. [...] Etre éternel, rassemble autour de moi l'innombrable foule de mes semblables ; qu'ils écoutent mes confessions, qu'ils gémissent de mes indignités, qu'ils rougissent de mes misères. Que chacun d'eux découvre à son tour son cœur aux pieds de ton trône avec la même sincérité, et puis qu'un seul dise, s'il l'ose : Je fus meilleur que cet homme-là. »

Ainsi Rousseau s'adresse à la fois à lui-même et aux autres : son œuvre jouant le double rôle d'exorcisme et d'appel au pardon.
L'écriture autobiographique relève d'un contrat par lequel Rousseau s'engage à dévoiler son être en toute sincérité, comme il l'écrit encore en conclusion du livre IV :

« Je voudrais pouvoir en quelque façon rendre mon âme transparente aux yeux du lecteur, et pour cela je cherche à la lui montrer sous tous les points de vue, à l'éclairer par tous les jours, à faire en sorte qu'il ne s'y passe pas un mouvement qu'il n'aperçoive, afin qu'il puisse juger par lui-même du principe qui les conduit. »

Dans ce projet, se pose la question de la nature de la vérité dont parle l'auteur. En effet, la mémoire n'est pas infaillible et Rousseau avoue qu'il a pu combler les lacunes et les vides (livre III) par des détails imaginés qui ne nuisent cependant pas à la vérité de l'ensemble :

« Je n'ai rien tu de mauvais, rien ajouté de bon [...] j'ai pu supposer vrai ce que je savais savoir l'être, jamais ce que je savais être faux. »(Préambule.)

Pour l'auteur des Confessions, son œuvre doit lui permettre de remonter à l'origine de sa personnalité en recherchant notamment les étapes fondatrices. Ces « premières fois » participent ainsi à l'organisation de l'œuvre. Par ailleurs, cette remontée aux sources lui permet de faire revivre les événements heureux dont la contemplation lui permet d'échapper au présent des persécutions.

3. Présentation de l'œuvre
a. Première partie : livres I à VI
Cette première partie est rédigée dans une période de calme relatif et retrace avec fraîcheur et poésie, l'insouciance de son enfance et de son adolescence, marquées du sceau du bonheur (1712-1741).

On y découvre un tempérament fondé sur l'amour de la solitude et de la nature, et hanté par la vertu. Rousseau ne dissimule ni ses fautes ni ses remords afin d'obtenir le pardon en allégeant sa conscience. En outre, le récit de sa vie tend à illustrer la doctrine qu'il ne cesse de professer depuis son Discours sur l'origine de l'inégalité parmi les hommes (1755) : la nature l'a doté de la bonté à sa naissance et il ne doit ensuite ses fautes qu'à la corruption de la société (cf. l'épisode du peigne brisé au livre I par exemple). S'il a su se détourner de ses égarements, Rousseau affirme que c'est parce qu'il a suivi le guide de son cœur.

b. Seconde partie : livres VII à XII
Cette seconde partie est écrite dans une période d'inquiétude grandissante et évoque, sur un ton plus âpre, sa brouille avec Mme d'Epinay et les philosophes. Cette partie suscita de vives réactions et l'on accusa Rousseau de mensonge et d'hypocrisie tant les faits avaient été déformés et interprétés dans le sens du plaidoyer. En effet, Rousseau cherche à tout prix à se disculper en incriminant ses adversaires.
Ainsi les six derniers livres nous offrent l'image d'un esprit orgueilleux et inquiet, à la limite de la démence par l'obsession de la persécution qui le tourmente.
L'essentiel

L'œuvre de Rousseau, Les Confessions, comporte deux parties distinctes, écrites à deux périodes différentes (1765-1767 et 1769-1770): la première raconte le temps heureux de la jeunesse et confesse ses premières fautes ; la seconde évoque le temps des disputes et des persécutions.

Si le projet de Rousseau s'inscrit dans la lignée de l'œuvre de saint Augustin, il s'en écarte du fait qu'il s'agit pour lui plus de se disculper d'erreurs dont il attribue, fidèle à sa doctrine, la faute à la société corruptrice. Ainsi, il semble s'écarter, non sans une certaine sincérité, de son affirmation initiale de peindre « un homme dans toute la vérité de la nature ».

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