Le narrateur à la 3e personne - Cours de Français avec Maxicours

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Le narrateur à la 3e personne

Objectif : Reconnaître les outils d’une narration à la 3e personne, retrouver le point de vue utilisé et les interventions du narrateur.

Dans un récit, le narrateur peut ne pas faire partie de l’histoire. Le récit est alors à la 3e personne.

1. Les outils de la narration à la 3e personne

Lorsqu’un auteur choisit un narrateur extérieur au récit, il décide que ce qu’il raconte, c'est-à-dire l’énoncé, sera coupé du moment où il le raconte, c'est-à-dire de la situation d’énonciation.

a. L’emploi des temps
Dans un énoncé coupé de la situation d’énonciation, le temps de référence est le passé. Les événements sont racontés au passé simple. Avec ce temps sont employés l’imparfait, le plus-que-parfait, le passé antérieur et le futur dans le passé (conditionnel).
b. Les indicateurs de temps et de lieux
Dans un énoncé coupé de la situation d’énonciation, les indicateurs temporels et spatiaux désignent toujours le même moment et le même lieu, quelle que soit la situation d’énonciation. Ce sont des dates ou des lieux précis :

Ex. : Le premier lundi du mois d’avril 1625, le bourg de Meung semblait être dans une révolution aussi entière que si les huguenots en fussent venus faire une seconde Rochelle. 
(Alexandre Dumas, Les Trois Mousquetaires)

Ils peuvent avoir un lien avec un repère temporel ou spatial déjà exprimé dans le texte.
• Pour le temps, on retrouvera: le lendemain, la veille, ce jour-là, le mois suivant, etc.
• Pour le le lieu: à cet endroit, là-bas...
2. Narration à la 3e personne et points de vue

 Choisir de raconter à la 3ème personne permet d’avoir le choix entre trois points de vue.

a. Le point de vue omniscient
Le narrateur omniscient sait tout. Il connaît le passé, les sentiments, les pensées de tous les personnages. Il peut raconter ce qui se passe dans plusieurs lieux en même temps. L’adjectif omniscient signifie « qui sait tout ».

Ex. : L’étudiant savait bien qu’il allait gêner cet odieux Maxime ; mais au risque de déplaire à madame de Restaud, il voulut gêner le dandy. Tout à coup, en se souvenant d’avoir vu ce jeune homme au bal de madame de Beauséant, il devina ce qu’était Maxime pour madame de Restaud ; et avec cette audace juvénile qui fait commettre de grandes sottises ou obtenir de grands succès, il se dit : Voilà mon rival, je veux triompher de lui. L’imprudent ! Il ignorait que le comte Maxime de Trailles se laissait insulter, tirait le premier et tuait son homme.
(Honoré de Balzac, Le Père Goriot)

Dans cet extrait, le narrateur connaît les pensées d’un personnage, Rastignac, l’étudiant (en vert), mais il a aussi une connaissance de l’autre personnage que Rastignac ignore (en bleu).

b.  Le point de vue interne

Dans le point de vue interne, le narrateur choisit le point de vue d’un personnage de l’histoire. Il ne rapporte que les pensées et les sentiments de ce seul personnage. Il ne raconte que ce que le personnage voit, ce que le personnage entend.

Ex. : Après plusieurs heures d’escalade, [Robinson] parvint au pied d’un massif rocheux à la base duquel s’ouvrait la gueule noire d’une grotte. Il s’y engagea et constata qu’elle était de vastes dimensions, et si profonde qu’il ne pouvait songer à l’explorer sur-le-champ. Il ressortit et entreprit de se hisser au sommet du chaos qui semblait être le point culminant de cette terre. De là en effet, il put embrasser tout l’horizon circulaire du regard : la mer était partout. Il se trouvait donc sur un îlot beaucoup plus petit que Mas a Tierra et dépourvu de toute trace d’habitation.
(Michel Tournier, Vendredi ou les limbes du Pacifique)

Le lecteur découvre le paysage en même temps que Robinson, le personnage qui se  trouve dans le lieu décrit.

c. Le point de vue externe

Dans le point de vue externe, le narrateur est extérieur à l’histoire. Il rapporte les événements comme s’il était un témoin. Il ne raconte que ce qui se voit et s’entend.

Ex. : Dans les premiers jours du mois d’octobre 1815, une heure environ avant le coucher du soleil, un homme qui voyageait à pied entrait dans la petite ville de Digne. […] C’était un homme de moyenne taille, trapu et robuste, dans la force de l’âge. Il pouvait avoir quarante-six ou quarante-huit ans. 
(Victor Hugo, Les Misérables, I, II, 1)

Le narrateur n’indique pas l’identité de l’homme qui entre dans la ville. Il se place comme un témoin qui voit le voyageur.

d. Les trois points de vue

Il arrive aussi que le narrateur utilise plusieurs points de vue pour raconter une histoire.

Ex. : Ce fut dans l’une des chambres construites depuis un an, et chef d’œuvre du général Fabio Conti, laquelle avait reçu le beau nom d’Obéissance passive, que Fabrice fut introduit. Il courut aux fenêtres ; la vue qu’on avait de ces fenêtres grillées était sublime […] ; et d’abord les yeux de Fabrice furent attirés vers une des fenêtres du second étage, où se trouvaient, dans de jolies cages, une grande quantité d’oiseaux de toutes sortes. Fabrice s’amusait à les entendre chanter, et à les voir saluer les derniers rayons du crépuscule du soir, tandis que les geôliers s’agitaient autour de lui.
(Stendhal, La Chartreuse de Parme)

Au début de l’extrait, le narrateur est omniscient. Il connaît l’histoire de la prison (en bleu). Ensuite, il adopte le point de vue de Fabrice (en vert).

3. Les interventions du narrateur

Dans certains textes, le narrateur intervient dans l’histoire qu’il raconte. Divers indices signalent alors sa présence.

Ex.: Les bords du chapeau qui couvrait le front du vieillard projetaient un sillon noir sur le haut du visage. Cet effet bizarre, quoique naturel, faisait ressortir, par la brusquerie du contraste, les rides blanches, les sinuosités froides, le sentiment décoloré de cette physionomie cadavéreuse. Enfin l’absence de tout mouvement dans le corps, de toute chaleur dans le regard, s’accordait avec une certaine expression de démence triste, avec les dégradants symptômes par lesquels se caractérise l’idiotisme, pour faire de cette figure je ne sais quoi de funeste qu’aucune parole humaine ne pourrait exprimer. Mais un observateur, et surtout un avoué, aurait trouvé de plus en cet homme foudroyé les signes d’une douleur profonde. 
(Balzac, Le Colonel Chabert)

La présence du narrateur se manifeste par l’emploi de vocabulaire appréciatif, du  présent, de la première personne et du conditionnel.

L’essentiel
La narration à la 3e personne est un énoncé coupé de la situation d’énonciation.
On y trouve les outils grammaticaux de ce type d’énoncé : l’emploi des temps, les indicateurs temporels et spatiaux.
Le narrateur à la 3e personne peut choisir l’un des trois points de vue : omniscient, interne ou externe. Il peut aussi mélanger un, deux ou les trois points de vue.
Si le plus souvent le narrateur s’efface devant son histoire, parfois il se permet un commentaire reconnaissable grâce à des outils de langue.

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