Le littoral - Cours de Géographie avec Maxicours

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Le littoral

1. Un milieu convoité et un espace de concurrences
Côte granitique découpée, falaise calcaire, côte sableuse rectiligne, marais maritime, riviera, delta et estuaire définissent la diversité des littoraux français que l'activité humaine a plus ou moins précocement mise en valeur.
a. Emprises allochtones et exploitations locales
Le littoral est paradoxalement un espace de répulsion : la mer bordière est communément appréciée selon un axe d'évacuation, comme si le flux était uniquement tourné vers le large, sans que la communauté ne se préoccupe du retour de ses propres activités.
Entre 1950 et 1970, les plans d'aménagement du territoire ont procédé au bétonnage du littoral à la porte des principales ouvertures maritimes et à des fins industrielles délocalisées :
o pétroléochimie (Antifer, Donges, Frontignan, étang de Berre),
o complexes sidérurgiques (Dunkerque, Fos),
o centrales nucléaires (Gravelines, Paluel, Penly, Flamanville).

Les Trente Glorieuses contiennent une part de démythification partielle de l'éden littoral... La crise identitaire de la fin des années 1960, la prise de conscience collective de la valeur d'un patrimoine naturel et une crise économique persistante ont plus ou moins volontairement « assaini » le littoral de ces activités étrangères à son milieu qui soit ont disparu, soit sont devenues moins polluantes.

Le problème de la pollution demeure : la mise en valeur intrinsèque des activités économiques liées au littoral (pêche côtière, ostréiculture et conchyliculture -élevage de coquillages comestibles-, marais salants) est sans cesse remise en question par la résultante d'activités économiques étrangères (catastrophes pétrolières) et continentales (agriculture, industrie et urbanisation).

b. Urbanisation et pression touristique
Le littoral attire. Il est confronté à une pression de l'homme étrangère à ses propres structures sociales, économiques et dans le cadre d'un milieu naturel qu'il faut préserver à tout prix...

Après les Trente Glorieuses et l'époque des plans d'aménagement jacobins, le temps de la concertation est venu : au nom d'une attraction paysagère et héliotropique, les collectivités locales ne souhaitent plus être seulement le réceptacle d'une réorganisation de la production industrielle mais s'orientent vers la généralisation des activités touristiques qui mettent en valeur l'espace « naturel ».
Elles aboutissent aussi parfois à un autre type de défiguration paysagère des milieux qui va à l'encontre des projets initiaux : au bétonnage industriel a succédé une diffusion généralisée d'un bétonnage urbain qui impose aux littoraux un paysage familier aux dizaines de millions de citadins qui le fréquentent...

2. De l'aménagement à l'expression législative d'une préservation
Pour répondre à la demande d'une société de consommation où la satisfaction du plaisir n'est plus sujette au tabou, l'État et les collectivités locales ont tenté d'aménager les littoraux, afin d'attirer un nombre croissant de touristes français et étrangers.
a. Des plans d'aménagement à la loi Littoral
Sans plan d'aménagement concerté, l'activité touristique littorale connaît un premier essor dès le Second Empire, afin de satisfaire l'aristocratie et la classe gouvernante : côtes normande, basque et d'Azur voient leurs paysages se modifier rapidement où des plages aménagées côtoient des hôtels luxueux et des villas disproportionnées. Ce modèle est reproduit autour de quelques stations balnéaires (Deauville, Biarritz, Nice).

Mimétisme sociétal et embourgeoisement républicain, d'autres ports sont pris d'une même frénésie architecturale (Cabourg, La Baule, Arcachon, Cannes) : le modèle se diffuse et se décline en fonction de la démocratisation des loisirs après 1936. A l'exception de la côte languedocienne, tous les littoraux français sont bientôt équipés des moindres infrastructures touristiques qui projettent l'image d'une ville reproduite à la mode de la villégiature sur des milieux naturels non préservés.

Les grands plans d'aménagement dirigistes des années 1960-70 systématisent le fait touristique sur tout le littoral français : même les côtes insalubres du Languedoc et de la Corse orientale n'échappent pas à une mode qui se veut beaucoup plus globalisante que spécifiquement touristique ! La rapide dégradation d'un espace soumis aux pressions urbaine, industrielle et touristique est à l'origine de la création en 1975 du Conservatoire national de l'espace littoral et au vote de la loi Littoral en 1986.

b. Quel avenir pour les littoraux français ?
Créé le 10 juillet 1975, le Conservatoire national de l'espace littoral est un établissement public administratif dont la mission est de mener une politique de sauvegarde des sites naturels, de maintenir un équilibre écologique, de sensibiliser le public, ...
Son action s'exerce sur 277 cantons côtiers en métropole et 211 dans les DOM, soit 5 141 000 ha sur un linéaire côtier de 6 933 km. Depuis sa création, ses compétences ont été étendues aux secteurs limitrophes qui présentent une unité écologique (Camargue, Maures) et aux communes des deltas et estuaires.
De plus, le Conservatoire peut acquérir des sites remarquables comme les plages du Débarquement en Normandie, la côte des Agriates en Corse ; au total, il est propriétaire de plus de 50 000 ha sur 465 sites inaliénables.

Toutefois, protection de l'environnement ne rime pas avec développement et aménagement du territoire de sorte qu'il a fallu renforcer les prérogatives du Conservatoire par la loi Littoral. Cette loi tente l'impossible compromis entre ses multiples et incompatibles usages ; elle développe surtout un champ d'exceptions qui recrée une liberté d'interprétation en fonction d'intérêts propres, d'où un recours aux tribunaux administratifs, afin de créer une jurisprudence qui a conduit à la refonte des P.O.S. (plan d'occupation des sols) côtiers et la mise en place d'une bande inconstructible de 100 mètres.

Actuellement, l'aménagement des littoraux est coincé entre la pression d'une population qui se l'approprie à des fins distractives, des décideurs qui n'y voient qu'un autre espace de production et une conscience collective qui s'assure de ne point les dégrader trop voire de les restituer dans leur état originel.
La question est de savoir si une telle conciliation est viable à terme et si la protection de ces espaces ne se limite pas seulement à la recréation d'une muséologie intégriste de plein air qui pousse jusqu'à l'interdiction des évolutions naturelles des milieux.

L'essentiel

Pendant longtemps, les côtes n'ont été considérées que sous l'axe du transit et du ravitaillement. Aujourd'hui, et même si la déprise des grands ports est réelle, jamais le littoral français n'a été plus attractif.
Après le libre assouvissement des plaisirs de l'individu et des collectivités à partir des années 1960, un Conservatoire national de l'espace littoral (1975) et la loi Littoral (1986) ont depuis été créés pour éveiller une conscience collective de protection de l'environnement.

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