L'Inde, deuxième puissance démographique mondiale - Maxicours

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L'Inde, deuxième puissance démographique mondiale

L'essentiel

La société indienne traditionnelle est organisée autour des 4 castes (catégories sociales) : brahmanes, guerriers, commerçants, paysans, et les intouchables, qui ne constituent pas pour leur part une caste. Si elles n'ont aucune valeur constitutionnelle, elles gardent toute leur importance dans les mentalités et l'activité économique : de nombreuses catégories socioprofessionnelles sont organisées d'après ces critères. Ces disparités sociales ne sont qu'un élément des nombreuses disparités de la population indienne. Actuellement, l'Inde traverse une profonde crise politique révélatrice des difficultés sociales traversées par le pays. Loin de se réduire, les inégalités, engendrées par le développement, se creusent sans que l'Etat ne réagisse.

1. De très fortes inégalités démographiques
a. De très fortes disparités de peuplement
Avec plus d'un milliard d'habitants aujourd'hui, l'Inde regroupe 1/6e de l'humanité sur une superficie équivalente au 1/3 de la Chine. La densité moyenne de la population en Inde est donc élevée (290 habitants au km2). Cependant, les écarts par rapport à la moyenne sont importants puisque l'Etat du Kerala est le plus densément peuplé avec 760 habitants au km2. Les plus fortes concentrations de population se trouvent dans les espaces humides que sont :
– les basses vallées et les deltas des fleuves comme le Gange et le Brahmapoutre ;
– les Etats balayés par les précipitations engendrées par les vents de moussons durant la saison humide (le rhabî) au Sud et sur le piedmont himalayen ;
– les plaines littorales étroites peuvent atteindre des densités de l'ordre de 1 500 habitants au km2 !

La population indienne est faiblement urbanisée. A peine 30 % des Indiens vivent en ville. Les trois villes les plus importantes sont Calcutta, Delhi et Bombay. Contrairement à la Chine, l'exode rural demeure faible même en l'absence de toute politique coercitive. La ville indienne est le lieu de formation d'une nouvelle bourgeoisie moyenne. Cela est lié à l'existence d'un tissu de PME assez dynamiques spécialisées dans la haute technologie (Bangalore est la « Silicon Valley » indienne), l'aéronautique ou l'industrie du cinéma.

b. De très fortes disparités démographiques
La démographie indienne est originale à plus d'un titre. L'explosion démographique indienne semble être passée. Le taux d'accroissement naturel a connu un pic dans les années 1960-1970, puis a diminué au cours des années 1980-1990. Aujourd'hui, il est légèrement au-dessous de 2 % par an, ce qui conduit tout de même à un doublement de la population indienne en 40 ans. L'Inde est désormais en fin de transition démographique (taux de mortalité bas et stabilisé, et taux de natalité en chute). La population indienne est donc jeune (62 % de la population a moins de 30 ans et 7,5 % plus de 60 ans).

L'aspect marquant de la démographie indienne est l'inégalité entre les sexes. En 1991, il y avait en moyenne 93 femmes pour 100 hommes. Dans certains Etats comme le Pendjab, le sex ratio (nombre d'hommes pour 100 femmes) montre qu'il y a 112 hommes pour 100 femmes. Cette situation provient d'une surmortalité des femmes âgées de moins de 30 ans. Certains facteurs socioculturels expliquent cela : une fille coûte plus cher qu'un garçon puisqu'il faut qu'elle ait une dot pour le mariage. Aussi beaucoup de couples pauvres préfèrent avorter. La fille est moins bien traitée que le garçon (vaccination moins fréquente, malnutrition plus fréquente). L'inégalité face à l'enseignement est encore plus criante puisque 48 % des filles contre 26 % des garçons de moins de 20 ans sont analphabètes. L'enseignement de masse n'est pas une priorité du gouvernement indien (à la différence de la Chine où à peine 4 % des moins de 20 ans ne savent pas lire). C'est actuellement un frein au développement.

Dans les années 1970, la politique démographique indienne faisait appel à la stérilisation masculine forcée. De nos jours, elle est fondée sur l'information. L'indice de fécondité est aujourd'hui de 3,5 enfants par femme en âge de procréer. Là encore, de grosses disparités sont à relever : 5 enfants par femme en Uttar Pradesh, Etat pauvre, rural et faiblement alphabétisé, contre 1,8 dans le Kerala, plus riche et bien alphabétisé.

2. Une population inégalement développée
a. De grosses inégalités de développement
Les inégalités de développement sont tellement criantes qu'il est difficile d'affirmer que l'Inde est ou n'est pas développée. En fait, pour répondre à cette question, il faut analyser la situation à l'échelle régionale. On opposera alors des Etats développés (Kerala, Pendjab) et des Etats pauvres (nord de l'Inde). Le Pendjab est présenté comme l'Etat modèle car c'est là que la révolution verte a le mieux fonctionné. Après la famine de 1966, l'Etat y a encouragé (à travers des prêts et des avances) la culture de variétés de blé puis de riz à haut rendement. Fragiles, ces nouvelles variétés nécessitent de l'eau, des engrais et des pesticides coûteux. Ce succès est difficilement transposable ailleurs. En effet, le Pendjab bénéficie de nombreux barrages laissés par les Anglais, d'une superficie des exploitations agricoles sensiblement plus grande que dans le restant du pays et d'une paysannerie éduquée, véritable moteur de cette révolution verte. Dans les Etats du Sud, les gros propriétaires ont réussi à bloquer les réformes agraires alors que dans le Nord, les classes moyennes accèdent progressivement à la modernisation agricole. La révolution verte a donc accentué les disparités entre régions riches et pauvres, mais aussi entre classes moyennes et petits agriculteurs (mouvements des Chipko dans l'Uttar Pradesh s'enchaînant aux arbres dans les années 1980 pour lutter contre la déforestation et la création de barrages).
b. Une cohésion sociale de plus en plus fragile
Actuellement, l'Etat indien traverse une grave crise de confiance. L'idéal redistributeur affirmé en 1946 n'est plus qu'un vain mot et les inégalités se multiplient. Depuis le début des années 1990, on assiste à une multiplication des revendications autonomistes (Pendjab, Cachemire..) et à des tensions intercommunautaires (envers les minorités musulmanes notamment). La conséquence la plus visible est l'accession au pouvoir des nationalistes hindous dont la première mesure a été la reprise des essais nucléaires, entraînant la riposte pakistanaise.

Plus encore que la Chine, l'Inde est faite de nombreuses identités. Celles-ci s'opposent parfois violemment mais peuvent toujours s'exprimer. Si la Chine présente une unité, celle-ci n'est que de façade et est obtenue au prix d'un pouvoir fort et peu démocratique. La démocratie indienne, elle, traverse une passe difficile traduisant une recherche identitaire.

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