L'effondrement de la Quatrième République - Cours d'Histoire Terminale pro avec Maxicours

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L'effondrement de la Quatrième République

1. La crise algérienne et l'impuissance politique
a. La guerre d'Algérie
La guerre d'Algérie a débuté en novembre 1954. Le 1er novembre 1954, le Front de Libération Nationale (FLN), mouvement partisan de l'indépendance de l'Algérie, déclenche l'insurrection. Le chef du gouvernement Guy Mollet renforce la politique de fermeté vis-à-vis du nationalisme algérien. Pour renforcer la lutte contre les indépendantistes, le gouvernement décide l'envoi du contingent. En 1957, 900 000 soldats servent en Algérie. L'armée prend de plus en plus de pouvoir, notamment au cours de la bataille d'Alger (janvier-septembre 1957) menée par le général Massu. La torture et les arrestations arbitraires deviennent des méthodes courantes pour lutter contre les rebelles.

L'ordre est rétabli à Alger, mais le FLN renforce son audience au sein de la population algérienne. La France apparaît en outre très isolée sur la scène internationale. Critiquée à l'ONU pour les méthodes qu'elle utilise en Algérie, humiliée lors de l'expédition de Suez contre le leader égyptien Nasser, la France semble s'être enlisée dans le problème algérien.

D'autre part, les dépenses dues à la guerre creusent le déficit budgétaire. Les difficultés financières s'accumulent.
Enfin, la guerre d'Algérie divise l'opinion. La droite, indignée des violences du FLN, est sensible au sort des « pieds-noirs », c'est-à-dire de la population d'origine européenne habitant en Algérie. Elle souhaite que l'Algérie reste française. En face, des hommes de gauche, des chrétiens progressistes et des intellectuels comme Jean-Paul Sartre réprouvent l'usage de la torture et critiquent l'action de l'armée.

b. La paralysie de la vie politique
Le conflit algérien conduit à l'éclatement de la majorité qui soutenait le gouvernement Guy Mollet. La politique de fermeté menée par Guy Mollet est critiquée au sein de son propre camp par les communistes, par Mendès France et par des socialistes comme Gaston Defferre. Le gouvernement est renversé en mai 1957. Après cela, la paralysie politique est manifeste.
Ses successeurs s'appuient sur des majorités instables, et se montrent totalement impuissants, alors que les difficultés financières s'aggravent. Le radical Maurice Bourgès-Maunoury conduit le gouvernement jusqu'en septembre 1957, puis Félix Gaillard devient président du Conseil jusqu'en avril 1958, où il est renversé à cause de son impuissance en Algérie. C'est la 22e crise ministérielle de la Quatrième République. Il ne paraît alors plus possible de constituer un gouvernement. Au bout d'un mois, le président de la République René Coty demande à Pierre Pflimlin de constituer un gouvernement. Le 13 mai 1958, celui-ci se présente à la chambre pour être investi. Le même jour, une émeute éclate à Alger.
2. Le 13 mai 1958 et l'effondrement du régime
a. La crise du 13 mai 1958
Le MRP Pierre Pflimlin avait fait connaître son choix d'une solution négociée en Algérie. Les pieds-noirs se méfient donc de lui et craignent qu'on s'achemine vers l'indépendance de l'Algérie. Le 13 mai une manifestation à Alger contre l'investiture du gouvernement Pflimlin dégénère en émeute. Les activistes prennent d'assaut les bâtiments de Gouvernement général, siège des autorités. Ils constituent un Comité de Salut public.
Le gouvernement Pflimlin, investi à Paris, n'a pas les moyens de se faire obéir en Algérie. Totalement impuissant, divisé, il nomme le général Salan délégué général en Algérie avec tous les pouvoirs civils et militaires. L'armée gouverne donc en Algérie. Convaincu que le général de Gaulle est favorable au maintien de l'Algérie comme colonie française, Salan fait appel à lui le 15 mai 1958.
b. Le retour au pouvoir du général de Gaulle et la fin de la Quatrième République
L'émeute du 13 mai 1958 a révélé l'extrême faiblesse du régime. La confusion règne, on craint un coup d'Etat militaire ; la guerre civile menace. Face à la décomposition du régime, le général de Gaulle fait savoir qu'il se tient prêt à assumer les pouvoirs de la République. Le 19 mai, lors d'une conférence de presse, il affirme son attachement à la démocratie et s'emploie à rassurer les Français. Le 27 mai, il déclare qu'il a entamé « le processus régulier nécessaire à l'établissement d'un gouvernement républicain ». Cette affirmation a un impact décisif sur l'opinion publique et sur l'armée. Le 28 mai, conscient de sa faiblesse, le gouvernement Pflimlin démissionne.

La gauche organise une manifestation commune contre le retour du général de Gaulle au pouvoir. Mais Guy Mollet se rallie à lui, et le président de la République René Coty fait savoir qu'il démissionnera si le général de Gaulle n'est pas investi comme président du Conseil. Cette pression est décisive et le 1er juin 1958, l'Assemblée nationale vote l'investiture du gouvernement De Gaulle. Le lendemain, il reçoit les pleins pouvoirs et le droit de réviser la Constitution.
La crise du 13 mai a suscité diverses interprétations : une partie de la gauche y a vu un coup d'Etat dont le général de Gaulle aurait profité. Les historiens mettent plutôt l'accent sur la lente décomposition du régime. La crise algérienne n'aurait fait que précipiter l'effondrement de la Quatrième République.

L'essentiel

L'aggravation de la situation en Algérie révèle les faiblesses du régime politique. Après la chute du gouvernement de Guy Mollet, aucun gouvernement ne paraît susceptible de redresser la situation. La crise du 13 mai 1958 précipite l'effondrement de la Quatrième République et ramène au pouvoir le général de Gaulle.

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