L'art des premiers chrétiens - Maxicours

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L'art des premiers chrétiens

1. La mise en place des premiers symboles chrétiens
a. Des conditions difficiles
Les premiers chrétiens venus du judaïsme ont une tradition très ferme contre la représentation des images, en particulier humaines, car associées à l'idolâtrie. L'interdiction des images repose principalement sur un passage de l'Exode, « Tu ne feras pas d'image taillée, ni de représentation quelconque des choses qui sont en haut dans les cieux, qui sont en bas sur terre ». Dans le christianisme, Dieu s'est fait homme en la personne de Jésus-Christ, ainsi le Dieu invisible du judaïsme est visible dans la personne du Christ. L'incarnation de Dieu en homme entraîne par conséquent la fin de l'interdit, sauf en ce qui concerne Dieu le Père. Cet interdit est d'autant plus facile à lever que le nombre de chrétiens d'origine païenne l'emporte rapidement sur celui des chrétiens d'origine juive.
Les persécutions contre les premiers chrétiens sont un frein plus durable au développement d'un art chrétien. N'ayant pas de lieu de culte spécifique, ils se réunissent pour célébrer leur culte dans les maisons des particuliers ou sur les tombes des martyrs. Au IIe siècle, les chrétiens sont enterrés dans des catacombes (nécropoles souterraines à l'extérieur des villes). C'est sur leurs murs et les sarcophages qu'apparaît le premier art chrétien symbolique.
b. Les symboles chrétiens
Le premier art chrétien apparaît sous forme de symboles. C'est un moyen pour les chrétiens de se reconnaître et d'afficher leur foi. Il s'agit de symboles simples, faciles à comprendre et inspirés de la vie ou du message de Jésus.
Le premier symbole utilisé est le poisson. Il rappelle la multiplication des pains et des poissons par Jésus au bord du lac de Tibériade, mais c'est surtout un acronyme (sigle qui peut être prononcé comme un mot ordinaire) de Jésus. En effet, en grec, poisson se dit ichtus, les lettres du mot grec correspondent aux initiales de Iesus Christos Theou Uios Sôter (J.-C. Fils de Dieu Sauveur).

Le chrisme est sans doute le symbole le plus représenté durant les premiers siècles. Il s'agit de l'assemblage des deux premières lettres grecques du mot Christ (KRistos), qui forme une croix. Le chrisme est souvent associé à l'Alpha et à l'Oméga, les premières et dernières lettres de l'alphabet grec, ce qui signifie que Dieu est au commencement et à la fin de toute chose. Les colombes ou les oiseaux en général représentent le Saint-Esprit, ou l'annonce de la rémission des péchés. La vigne ou la coupe, utilisées également dans les synagogues, sont liées à la Terre promise, annonce de la vie future et du règne de Dieu. Le vocabulaire pastoral des Evangiles est illustré par l'agneau associé à Jésus, « agneau de Dieu, venu effacer les péchés du monde » et avec le pasteur symbole de Jésus-Christ (« Je suis le Bon Pasteur, vous êtes mes brebis »). La croix de la crucifixion ne devient le symbole chrétien par excellence qu' après la reconnaissance de la nouvelle religion par Rome.

2. Le développement de l'architecture chrétienne et la multiplication des images
a. La première architecture chrétienne
Les rites ou la liturgie se sont mis en place très tôt. Mais jusqu'au début du IVe siècle, les chrétiens, fidèles d'une religion illicite, se réunissent en secret dans les maisons des particuliers. Certaines reçoivent des aménagements spécifiques, telle la domus ecclésiae de Doura-Europos sur l'Euphrate (première moitié du IIIe siècle), qui renferme une cuve baptismale rectangulaire en maçonnerie. Il faut attendre la légalisation de la nouvelle religion pour que soient édifiés des bâtiments spécialisés répondant aux pratiques rituelles. Deux types de constructions apparaissent, la basilique qui accueille l'autel sur lequel le prêtre procède à l'eucharistie en souvenir du dernier repas du Christ avec ses apôtres (la Cène), et le baptistère dans lequel se déroulent les baptêmes par immersion des adultes.
Les premières églises empruntent leur plan à la basilique romaine. A l'origine, il s'agit d'un édifice civil de plan rectangulaire à plusieurs nefs parallèles, séparées par des colonnes, destiné aux affaires juridiques et comprenant un autel dédié à une divinité protectrice. Son plan est adapté au culte chrétien et sa structure à peine modifiée sera celle des églises d'Occident pour plusieurs siècles. L'autel est placé dans une abside qui accueille également le siège de l'évêque. L'Eglise, favorisée par les empereurs, a ainsi emprunté le caractère monumental d'un des édifices emblématiques de l'Empire romain.
Les baptistères peuvent être de plans variés, rectangulaires, circulaires ou octogonaux surmontés de dômes, mais possèdent tous en leur centre une cuve cruciforme, en rappel du baptême par le Christ.
b. La multiplication des images
L'art s'inspire des formes d'art existantes, gréco-romaines notamment. La tradition romaine de la fresque est utilisée dès le IIe siècle, dans les catacombes romaines. Les mosaïques sont également utilisées dans le décor au sol des églises et des baptistères, puis des murs. Une technique qui perdurera plus longtemps à Byzance qu'en Occident. La sculpture est essentiellement reprise pour les sarcophages (cercueils de pierre) et pour les miniatures (ivoires, orfèvrerie), la statue étant encore trop associée aux statues des dieux païens. Certains thèmes gréco-romains sont repris par l'art chrétien et adaptés au message évangélique. Ainsi Hermès porteur de brebis est repris pour illustrer la parabole du Bon Pasteur. Les représentations les plus nombreuses sont inspirées de la vie de Jésus : son baptême, la Cène, la crucifixion. Les scènes de nativité, d'Ascension ou les représentations de Christ en majesté sont plus tardives.
L'essentiel

Durant trois siècles, les chrétiens doivent affronter un double problème en matière d'art. Issu du judaïsme, dans lequel les images sont interdites, le christianisme est confronté à la question de la représentation des images. De plus, persécutés, ils n'ont pas de lieux de culte dans lesquels un art pourrait se développer. Malgré ces obstacles, des symboles chrétiens apparaissent dès la deuxième moitié du Ier siècle. A partir de 313 (la liberté de culte est garantie dans l'Empire romain par l'édit de Milan), le christianisme sort de la clandestinité et élabore un art fortement influencé par l'art gréco-romain, mais qui en premier lieu répond aux besoins rituels.

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