L'Allemagne - Maxicours

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L'Allemagne

Objectif : L’ex-République fédérale d’Allemagne (RFA) fut, avec la France, un des piliers de la construction européenne. L’Allemagne d’aujourd’hui, certes plus grande et plus peuplée, apparaît comme plus fragile, avec une économie en difficulté, un grave problème démographique, largement tournée aussi vers les nouveaux adhérents à l’Union européenne que sont les Etats d’Europe centrale. L’axe Paris-Bonn n’a pas été remplacé par un axe Paris-Berlin.
Quels sont donc la place et le rôle de cette Allemagne actuelle dans l’ UE ?
1. Un espace organisé et structuré
a. Territoire et population
La guerre froide avait figé la division du territoire allemand en deux Etats différents, de 1949 à 1989.
• A l’ouest, la RFA qui faisait partie du bloc dominé par les USA, atlantiste, avait pour capitale Bonn.
• A l’est, la République démocratique allemande (RDA ou DDR) évoluait dans le cadre du communisme, sous tutelle de l’URSS, avec pour capitale Berlin-Est. 

Depuis le 3 octobre 1990, date de la réunification, les deux Allemagnes n’en font qu’une.
Avec 82 millions d’habitants, l’Allemagne est l’Etat le plus peuplé de l’Union européenne, pour une superficie de 357 000 km2 et une densité de 230 hab./km2 (c’est plus du double de la densité française). Le réseau urbain est bien hiérarchisé, il n’y a pas de très grandes villes, comparables à Paris ou Londres, mais de nombreuses villes importantes et actives relayées par un maillage dense de villes moyennes.
b. Un Etat fédéral
L’Allemagne est un Etat démocratique qui s’organise autour de la Loi fondamentale (qui remplace une constitution) du 13 mai 1949. Les alliés vainqueurs de la Seconde Guerre mondiale ont imposé une structure fédérale pour éviter toute renaissance du centralisme autoritaire qui existait sous le Troisième Reich.

L’Allemagne se divise donc en 16 Länder (Land au singulier) de taille très variable. La ville/Land de Brême occupe 400 km2 alors que le Land de Bavière s’étend sur 70 500 km2, soit un cinquième du territoire allemand.

Chaque Land dispose de son assemblée, le Landtag.
Au niveau national, les Länder sont représentés dans le Bundesrat, dont les 68 membres délégués sont désignés par les Länder, à raison de 3 à 6 délégués par Land en fonction de la population.
Au niveau de l’Etat fédéral, le Bundestag contrôle l’exécutif - le gouvernement - et élit le chancelier pour 4 ans. C’est donc un régime parlementaire pur où le président de la République n’a qu’un rôle représentatif.

Les Länder ont de larges compétences pour l’instruction publique, la culture, le développement économique ou la police par exemple. L’Etat fédéral, le Bund, se réserve les domaines des finances, de la défense, de la diplomatie ou de la politique d’immigration, sujet de premier plan en Allemagne.
c. Une position privilégiée en Europe
Depuis que les Etats de l’ex-Europe de l’Est ont adhéré à l’Union européenne, l’Allemagne est au cœur de cette union et Berlin, sa capitale, en est le centre géographique.

Cette position privilégiée est particulièrement valorisée par l’excellence du réseau de transports qui structure tout l’espace :
• les voies navigables s’organisent autour du système rhénan qui ouvre sur le plus grand port du monde (Rotterdam) et du Mittellandkanal avec le port de Hambourg, 2e d’Europe pour les containers ; 
• un dense réseau autoroutier (1 km d’autoroute pour 1,5 km2 de territoire) mis en place dès le Troisième Reich ; 
• le rail très hiérarchisé avec de nombreuses liaisons intervilles (Intercity Express) ; 
• le trafic aérien. Francfort est le 3e aéroport d’Europe, derrière Londres et Paris et le 1er hub (aéroport d’éclatement du trafic) pour les destinations intra-européennes.
2. La puissance économique remise en cause ?
a. La 3e puissance mondiale
Cette puissance repose sur un fort passé industriel. Toute l’organisation sociale et économique de l’Etat repose sur le socle d’une industrie très diversifiée mais cette situation est en train d’évoluer très vite.

Toutefois, le secteur secondaire emploie encore 37,5 % de la population active, avec comme principales productions, les constructions mécaniques, l’automobile, la chimie (lourde et fine), l’électrotechnique et l’électronique.
Cette forte industrialisation n’a pas empêché le secteur tertiaire de se développer (60 % des actifs) ; ainsi, la banque (700 000 salariés, 1/5e des actifs) est au 1er rang européen et au second rang mondial.

Francfort est une place financière et une bourse de premier ordre avec une forte participation au développement des nouveaux Etats européens de l’Europe centrale. Avec ses buildings de type nord-américains, elle est la ville symbole de cette puissance financière, avec notamment le siège de la Banque Centrale Européenne qui gère l’Euro.

Le commerce participe largement à cette puissance économique, l’Allemagne est le second exportateur mondial et 50 % des échanges se font avec l’Union européenne. La balance commerciale est excédentaire.
b. Les facteurs de la puissance allemande
A propos de l’Allemagne, on oppose traditionnellement le modèle du capitalisme américain qui raisonne à court terme et dans lequel les actionnaires, rivés sur les cours boursiers, attendent une rentabilité immédiate et le modèle rhénan, dans lequel les banques soutiennent les entreprises dont elles sont souvent propriétaires et visent une rentabilité à plus long terme.

Là, l’Etat joue un rôle fondamental car c’est lui qui assure la protection sociale. Ce schéma est toutefois en train de se modifier rapidement. Ce modèle de capitalisme s’accompagne d’une organisation industrielle qui associe de très grands groupes, les Konzern, avec de très nombreuses entreprises de taille moyenne, très actives, très modernes et aptes à s’adapter très vite à de nouveaux débouchés.

Il faut ajouter le haut niveau de qualification de la population - un niveau bac est courant pour un ouvrier - ainsi que le sérieux et la réputation de robustesse des produits. Enfin, la participation des salariés à la vie des entreprises - la cogestion - et l’intéressement aux bénéfices par l’intermédiaire d’un actionnariat salarial garantissent une certaine paix sociale.
c. Les difficultés actuelles
La réunification a affaibli l’Allemagne car le niveau de développement économique et le niveau de vie dans les Länder de l’ex-RDA étaient sans commune mesure avec ceux de l’ex-RFA. L’harmonisation, la rénovation des infrastructures, ont nécessité des investissements très importants qui ont déstabilisé le bon équilibre budgétaire passé.

Il y a actuellement 4 millions de chômeurs sur l’ensemble du territoire car la mondialisation de l’économie met les produits allemands en concurrence avec des produits qualitativement compétitifs et moins chers. Le coût de la main-d’œuvre, élevé, et l’absence de flexibilité due au modèle social pénalisent les entreprises. Nombre d’entre elles se délocalisent, en particulier vers les Etats de l’ex-Europe de l’Est. Le patronat allemand, traditionnellement très protecteur voire paternaliste, tend à se rapprocher du modèle nord-américain.

Enfin, l’Allemagne est confrontée à un grave problème démographique. Avec la tendance actuelle, un indice de fécondité parmi les plus bas d’Europe (1,3 enfant par femme), un taux de mortalité (10,4  ‰) supérieur au taux de natalité (9,5 ‰), la population allemande a un solde naturel négatif. Non seulement par le seul mouvement naturel, la population diminue d’année en année, mais en plus elle vieillit à tel point qu’en 2050, il y aurait autant de retraités que d’actifs. Dans ces conditions, il serait impossible de financer les retraites ou l’assurance maladie.

Même si une reprise de la natalité s’amorçait, ou que l'on reculait encore l’âge de la retraite - 67 ans aujourd’hui dans plusieurs secteurs - l’Allemagne ne peut éviter d’avoir recours à une immigration massive, faute de quoi la pénurie de main-d’œuvre pourrait atteindre 7 millions d’actifs en 2015, en particulier d’actifs qualifiés. Pour répondre à ce besoin a été mise en place une politique des « cartes vertes » qui sont des permis de travail accordés à des immigrés diplômés.
3. Les dynamiques régionales
On peut distinguer 3 grands ensembles.
a. L’Ouest
Centré sur le Rhin, il regroupe 11 millions d’habitants répartis sur 4 Länder. L’ensemble Rhin-Ruhr (Essen, Dortmund, Düsseldorf, Cologne, Duisburg, Bonn) est la première région industrielle du monde.
Le déclin du charbon et de l’acier a entraîné une reconversion réussie vers l’électronique, la mécanique et les activités du secteur tertiaire. Le Rhin, axe navigable majeur, permet une circulation facile des matières premières et des produits finis. C’est un espace dynamique, très peuplé et toujours très actif.
b. Les Länder du Sud
La Bavière et le Bade Wurtemberg reçoivent des industries de haute technologie, aéronautique, aérospatiale, électronique mais aussi automobile avec BMW à Munich et Mercedes à Stuttgart. La Bavière est aussi une région touristique - même si la balance commerciale du tourisme est globalement déficitaire pour l’Allemagne - grâce aux paysages et à la présence des Alpes dans l’extrême sud. Munich est aussi une place financière importante.

L’axe Stuttgart-Munich est le nouvel axe de développement économique, largement tourné vers la République tchèque, proche, déjà très liée à l’économie allemande. La marque tchèque Skoda fait partie du groupe Volkswagen.
c. Des périphéries moins actives
Le Nord, moins peuplé, se concentre autour des activités portuaires, des industries de transformation et des industries agro-alimentaires (IAA) en liaison avec les Börden, les meilleures terres agricoles allemandes. Mais ce sont surtout les Länder de l’est, ex-RDA, qui connaissent des difficultés. La réunification a partiellement détruit l’industrie qui n’était plus technologiquement compétitive. Il y a donc un taux de chômage élevé.

L’espoir est lié d’une part à la relocalisation d’industries venant de l’ouest qui recherchent une main-d’œuvre moins syndicalisée et moins exigeante quant aux salaires et d’autre part à l’entrée dans l’Union européenne des Etats de l’Europe centrale.


L’essentiel

L’Allemagne présente un triple visage.
C’est d’abord celui d’un pays actif, 3e puissance économique mondiale, second exportateur, reconnu pour son dynamisme économique et sa place centrale dans l’Union européenne.

Mais c’est aussi un pays qui vieillit, très vite, en déclin démographique rapide et donc confronté d’une part à une exigeante politique d’immigration et d’autre part à l’abandon d’un modèle social auquel les Allemands sont attachés.

Enfin, l’entrée dans l’UE des pays de l’ex-Europe de l’Est place l’Allemagne au cœur géographique de cette union élargie. Elle peut donc recueillir maintenant les fruits de l’« Ostpolitik » mise en place par les dirigeants dès les années 1960. C’est un facteur d’espoir.

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