Humanisme, Etat et religion - Maxicours

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Humanisme, Etat et religion

1. L' Humanisme et la question religieuse
A l'époque des grandes découvertes, des aspirations nouvelles apparaissent sur le plan religieux. L'humanisme donne en effet une place centrale à l'homme, ce qui remet en cause totalement la pensée de l'Eglise. Selon les humanistes, l'homme n'est plus un pécheur humilié devant Dieu et déchu par le péché originel. Par son pouvoir de création, par ses facultés intellectuelles, l'homme apparaît au contraire à l'image de Dieu. Cet optimisme et cette foi dans les possibilités humaines bouleversent les conceptions traditionnelles du moyen Age imposées par l'Eglise, qui faisaient de Dieu le centre de l'univers.
En étudiant la pensée antique, les humanistes découvrent et célèbrent une philosophie et une morale très éloignées de celles de l'Eglise. La recherche du bonheur et de la sagesse apparaît totalement nouvelle, car jusque là, les hommes, selon l'Eglise, ne devaient se préoccuper que du respect des traditions de l'Eglise.

L'humanisme brise également le monopole de l'Eglise sur la vie intellectuelle. Auparavant, l'enseignement supérieur était aux mains de l'Eglise. Seuls les sujets religieux étaient abordés, et tous les domaines, même la science, étaient subordonnés à la religion.
Par exemple, l'apparition en France du Collège des lecteurs royaux, qui dépend du roi et non de l'Eglise, constitue un réel bouleversement. Des sujets profanes sont alors abordés.

Enfin, l'humanisme, doublé de l'invention de l'imprimerie, développe l'esprit critique vis-à-vis des textes sacrés. Une nouvelle tournure d'esprit en découle, qui consiste à ne plus rien admettre a priori. Les humanistes recherchent dans la Bible la source d'une piété plus pure. Les travaux d'Erasme ou de Jacques Lefèvre d'Etaples (nouvelle édition des Epîtres de Saint-Paul en 1512) favorisent la création de cercles évangéliques où les gens se réunissent pour lire la Bible et prier. On s'habitue ainsi à se passer des prêtres, et à minimiser l'importance du culte. On retrouve ces préoccupations dans la réforme luthérienne.
On mesure toute la distance parcourue entre le Moyen Age, où l'Eglise règne en maître sur les esprits, et l'humanisme. Les humanistes ne sont pas pour autant des incroyants, mais ils ont amené les esprits à remettre en question le rôle dominant de l'Eglise.

2. Humanisme et politique
Les humanistes, puisqu'ils placent l'homme au centre de leurs préoccupations, se sont penchés sur la façon de vivre en société, et sur la meilleure organisation politique à établir. Educateurs, conseillers des grands, les humanistes se trouvent nécessairement en contact avec le monde politique. Mais les réponses qu'ils donnent dans ce domaine ne font pas apparaître de réelle unité.

Les deux ouvrages politiques les plus connus de la Renaissance sont Le Prince de Machiavel et l'Utopie de Thomas More. Dans son ouvrage, écrit en 1513, Machiavel considère l'histoire et la politique comme des objets de science : « j'aborde autant que je puis toutes les profondeurs de mon sujet, recherchant quelle est l'essence des principautés, de combien de sortes il en existe, comment on les acquiert, comment on les maintient, pourquoi on les perd ». Seules comptent pour lui la puissance du prince et la solidité de l'Etat. C'est déjà une vision très moderne de la politique.

Les humanistes de l'Europe du Nord, à la différence de Machiavel, n'envisagent pas la politique du seul point de vue de l'efficacité, mais aussi d'un point de vue moral. C'est pourquoi ils décrivent des royaumes imaginaires dans lesquels règnent le bonheur et la paix, comme Thomas More dans Utopie. Utopie est, dans cet ouvrage, le nom d'une île merveilleuse, où le peuple se gouverne lui-même en élisant un roi qu'il peut contrôler et déposer, et où les biens sont communs à tous.
Ces humanistes sont des militants de la paix, et se méfient de l'Etat et du pouvoir, toujours soupçonnés de se montrer tyranniques envers les hommes. Erasme, grand esprit humaniste né à Rotterdam en 1469, développe notamment ces aspects dans ses œuvres.

3. Le fractionnement de l'Europe
Les humanistes ont joué un rôle politique direct, dans la mesure où ils ont contribué à développer les langues nationales. Le rêve de certains humanistes, comme Erasme, d'une Europe des lettrés unie par une langue commune (le latin) s'estompe bientôt. La « République des lettres » formée par ces humanistes européens se disloque dans les particularismes locaux et les querelles religieuses.

Les langues dites « vulgaires » se développent au détriment du latin. En traduisant la Bible (1521), Luther contribue à fixer la langue allemande. Le poète du Bellay publie en 1549 Défense et illustration de la langue française. L'humanisme contribue ainsi à l'éveil du sentiment national. On peut en voir l'illustration dans la volonté de François Ier d'imposer le français comme langue obligatoire dans tous les actes officiels (ordonnance de Villers-Cotterêts de 1539).

Les querelles religieuses suscitées par les thèses de Luther renforcent ce mouvement de fractionnement national. En 1517, le moine allemand Luther affiche 95 propositions s'opposant notamment aux indulgences, c'est-à-dire au fait que l'Eglise fasse payer les fidèles en leur garantissant en échange le salut de leur âme. Excommunié par le pape en 1520, Luther brave également l'empereur germanique. Les thèses de Luther provoquent un éclat dans toute l'Allemagne : des princes, par conviction personnelle ou par volonté d'indépendance à l'égard de l'empereur Charles Quint, suivent Luther. La Réforme doit en partie son expansion à des considérations politiques. A cette époque, un Etat ne peut être neutre sur le plan religieux. Certains Etats vont donc construire leur identité et leur unité autour de la Réforme religieuse, et par opposition à l'autorité du pape à Rome. C'est le cas par exemple de l'Angleterre, dont le roi Henri VIII détache l'Eglise d'Angleterre de la papauté en 1534.

L'humanisme ne proposait donc pas un modèle politique précis, et ne se voulait pas non plus anti-religieux. Mais le nouvel état d'esprit qui naît des travaux des humanistes conduit à des bouleversements religieux et politiques très importants au XVIe siècle et à l'affirmation des Etats modernes.

 

L'essentiel

Les humanistes, en s'intéressant à l'homme, ont réfléchi à la religion et à la politique de leur temps. Par leurs réflexions, ils contribuent à éveiller un désir de réforme de l'Eglise, même s'ils ne rompent pas avec le catholicisme. Ils proposent également de nouveaux modèles de société. L'ensemble de leurs travaux s'inscrit dans un contexte de formation des grands Etats modernes.

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