Déréglementation et réglementation - Maxicours

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Déréglementation et réglementation

Un des fondements de la pensée libérale tourne autour de l'idée que le marché constitue le moyen le plus efficace d'allouer (répartir) les ressources supposées rares, c'est-à-dire le meilleur moyen de coordonner les décisions de production (offre) et de consommation (demande) des agents économiques par la fixation d'un prix.
Cela justifie donc l'idée selon laquelle toute intervention extérieure au marché, c'est-à-dire celle de l'Etat à travers les réglementations notamment, est néfaste.
1. Le tournant libéral des politiques économiques menées à partir des années 1980
a. Favoriser le libre-jeu du marché
A partir de la fin des années 1970, avec l'échec des politiques keynésiennes pour lutter contre la récession économique, les principaux gouvernements des pays industrialisés ont décidé de baser leurs choix en matière de politique économique sur des principes libéraux.
Ainsi, les Etats-Unis avec Ronald Reagan ou la Grande-Bretagne avec Margaret Thatcher, furent les premiers pays à mettre en œuvre une politique visant à libéraliser leurs économies.
Concrètement, cette politique se traduisit par la privatisation de grandes entreprises publiques et une déréglementation des différents marchés.

En Grande-Bretagne, par exemple, une partie importante des entreprises nationales (concernant la sidérurgie ou les transports par exemple) fut privatisée tandis que le marché du travail fut déréglementé dans le but de le rendre plus flexible. Les règles d'embauche et de licenciement furent assouplies, les syndicats furent « mis au pas ».
Cela a permis de réduire significativement les coûts de production des entreprises anglaises et de les rendre ainsi plus compétitives. Parallèlement, le travail précaire (intérim, CDD,...) s'est développé.
b. Favoriser la libre circulation des marchandises et des capitaux
Par ailleurs, au niveau mondial, les pays industrialisés ont progressé dans la voie de la libre circulation des biens (avec le GATT - General Agreement on Tariffs and Trade - et la conclusion de l'Uruguay Round débuté en 1986 et clos en 1993) et des capitaux. Les pays se sont mis d'accord pour que se constitue au niveau mondial un seul marché des capitaux en appliquant la règle des « trois D » : décloisonnement des marchés, désintermédiation et déréglementation (suppression des frontières entre les marchés, suppression du contrôle des changes...).
Cette vague de libéralisation va toucher progressivement l'ensemble des pays industrialisés.
2. Une libéralisation qui se poursuit mais qui est contestée
a. Un mouvement qui ne se dément pas...
Cette libéralisation, et donc cette politique de déréglementation, s'est poursuivie jusqu'à aujourd'hui.
Ainsi, de plus en plus de marchés font l'objet de déréglementations. Dans le cadre de l'OMC (organisation mondiale du commerce, qui a succédé aux accords du GATT en 1995), il est prévu de discuter de l'ouverture des services, tels que la santé ou l'éducation, à la concurrence (discussion qui se déroule dans le cadre de l'AGCS, l'Accord Général sur le Commerce et les Services).

Par ailleurs, dans le cadre de l'Union européenne, les pays membres sont tenus d'ouvrir à la concurrence et de déréglementer les marchés nationaux. Cela a été le cas pour les télécommunications et le transport aérien. Cela devra concerner ensuite la distribution d'énergie (gaz, électricité) ; cette liste n'est pas exhaustive.
b. ... mais la contestation devient plus virulente
Cette politique de déréglementation est contestée.
Tout d'abord, les effets sur l'activité économique sont difficiles à évaluer. Si la déréglementation sur le marché du travail permet d'abaisser les coûts de production pour les entreprises, elle engendre des effets économiques et sociaux plutôt mitigés pour les salariés (embauche plus facile mais incertitude de leur situation, liée à l'emploi précaire).

D'autre part, si la mise en concurrence d'entreprises sur certains marchés doit bénéficier au consommateur (au moins à court terme) grâce à une baisse des prix, cette concurrence peut avoir des conséquences négatives sur la qualité de la production, sur le respect de normes en matière d'hygiène et de sécurité ou sur l'accès à cette production (accès lié à la solvabilité du client, ce qui peut engendrer des inégalités, comme pour l'accès aux soins aux Etats-Unis par exemple).

Enfin, au niveau mondial, les effets de la « mondialisation », induisant la suppression de toute règle entravant la libre circulation des biens et des capitaux (peut-être bientôt des services), sont vivement discutés (développement de la spéculation financière, accroissement des inégalités Nord/Sud).
S'il a été démontré que le protectionnisme constituait plutôt un frein au développement économique, le libre-échange n'est pas forcément en soi gage de bien-être.
La montée en puissance de mouvements opposés au « tout mondialisation », comme ATTAC (Association pour la taxation des transactions pour l’aide aux citoyens), symbolise bien l'opposition de toute une frange de la population mondiale aux idées ultra-libérales.
L'essentiel

Depuis une vingtaine d'années, la plupart des pays industrialisés ont adopté des politiques économiques ayant pour objectif la libéralisation des économies. Cette libéralisation passe par des privatisations et la déréglementation des marchés. Cependant, les effets économiques et sociaux de ces politiques sont mitigés.

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