Castes et ordres - Cours de SES avec Maxicours

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Castes et ordres

1. Les castes
D'après Tocqueville, c'est l'égalité des conditions qui caractérise le mieux la société démocratique. Le système des castes, interdit en droit mais maintenu dans les faits, est à l'opposé de cet idéal démocratique.
a. Des groupes séparés
Dans la société hindoue traditionnelle, les hommes ne sont pas égaux en droits, devoirs et dignité. Leur statut dépend de leur appartenance à des groupes fermés, héréditaires et endogames (au sein desquels il y a obligation de se marier dans la tribu) : les castes.

Dès la naissance, les individus sont destinés à devenir tanneur, barbier, prêtre, guerrier ou blanchisseur, mais il ne s'agit pas d'une simple spécialisation professionnelle. Les métiers sont associés à un principe de pureté religieuse. Les brahmanes, les plus purs, sont végétariens et prohibent le remariage des veuves. Les moins purs s'éloignent du domaine de l'esprit pour prendre à charge ce qui relève du corps et de la nourriture. Ceux qui tannent la peau des vaches deviennent même littéralement intouchables. Ils doivent s'éloigner des puits et des temples pour ne pas les souiller.
 
Doc 1a : Une intouchable Doc 1b : Un brahmane
b. Des groupes hiérarchisés
Les castes se constituent et s'ordonnent de manière hiérarchique à partir d'une conception religieuse (hindouiste) du monde. L'être humain, du fait de son identification à une caste, est pris dans un réseau de relations qui structure la société hindoue. Les castes sont interdépendantes : « pas de brahmanes sans intouchables », affirme Louis Dumont (1966).

Le système des castes fait de l'homme la partie d'un tout, c'est du holisme, toujours au sens de Louis Dumont. Le titre du livre de ce dernier, Homo hierarchicus, indique que la dimension hiérarchique est la clef de la compréhension des rapports sociaux en Inde.

Certaines communautés peuvent compter une trentaine de castes. La complexité du système rend parfois difficile la construction symbolique des hiérarchies. Les prêtres, ou brahmanes, sont au sommet de la hiérarchie du prestige mais ils ne revendiquent ni la fortune ni le pouvoir.

2. Les ordres
a. Le type idéal des sociétés d'ordres
La structure sociale de la France de l'Ancien Régime était basée sur la distinction de trois ordres hiérarchisés : le clergé, la noblesse et le tiers état. La transmission du statut social était essentiellement héréditaire et le droit traditionnel associait des privilèges honorifiques (port de l'épée), économiques (possession d'un fief) ou fiscaux (exemption de la dîme) spécifiques à chaque groupe.
 
Doc 2a : Illustration du tiers état "Paysans au puits" (Peasants at a well). Peinture du maitre de Beguines (milieu du 17e siecle) Doc 2b : Illustration de la noblesse : Portrait de la famille du duc de Valentinois Peinture de Pierre Gobert (vers 1662-1744)

Le type idéal de la société aristocratique présenté par Tocqueville est celui d'une « longue chaîne allant du paysan au roi » et au sein de laquelle chacun a une place, des devoirs et une morale bien définie : « les uns sont nés pour commander, les autres pour obéir ». Le principe hiérarchique commande l'organisation sociale.

Toute mobilité sociale n'était pas exclue du système des ordres. L'anoblissement dans un sens ou la déchéance dans l'autre étaient possibles. Le haut clergé se recrutait chez les fils de la noblesse et certains roturiers pouvaient accéder au clergé. Ces déplacements étaient fortement freinés par le droit inégalitaire de l'Ancien Régime.

b. Les ordres et le changement social
À partir du 17e siècle, les tensions s'accroissent entre la structure légale et la réalité sociologique. Soboul montre que les distinctions de classes sociales ne correspondent plus aux distinctions des ordres. La bourgeoisie s'est rapprochée d'une partie de la noblesse.

Tocqueville montre que, malgré une différence superficielle de manières, tous les ordres se ressemblent. Le droit reste la seule différence. Dans la mesure où les ordres se définissent par la capacité à revendiquer de façon efficace une considération particulière (Max Weber, 1920), les ordres avaient disparu avant la Révolution.

Peut-on appliquer la notion d'ordres aux sociétés modernes ? Tocqueville (1835) et Bourdieu (1987) ont repéré des analogies très fortes entre l'aristocratie d'Ancien Régime et les privilèges accordés à l'aristocratie industrielle ou à la noblesse d'Etat.
L'essentiel

Les castes et les ordres sont des groupes sociaux fermés, hiérarchisés et héréditaires. Ils reposent sur une conception de l'homme comme partie d'un tout organisé. Des différences importantes existent entre les deux systèmes, du point de vue de la mobilité ou de la place du religieux dans la définition des hiérarchies. En Inde, le nouveau droit n'a pas suffi à supprimer les castes. En France, l'affaiblissement des ordres dans les faits a facilité leur suppression en droit.

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