Bioéthique et génétique - Maxicours

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Bioéthique et génétique

Objectif : Certains livres (Le meilleur des mondes...) ou certains films de science fiction (Bienvenue à Gattaca...) décrivent ce que seraient des sociétés dans lesquelles les particularités génétiques des individus seraient déterminantes. Mais qui peut être sûr que Jérôme développera la maladie cardiaque qu'il a 90% de chances d'avoir avant quarante ans ? Et qui peut dire qu'Eugène, « génétiquement parfait », ne risquera pas d'avoir un accident de voiture fatal ?
Les rapides progrès de la recherche scientifique en génétique ont des répercussions sur la société. Lesquelles ?
1. Le dépistage des gènes de prédisposition mérite discussion
a. Une carte d'identité génétique
De nos jours, la fiction est devenue réalité. Dresser la carte d'identité génétique d'un individu n'est plus du domaine de l'utopie.

On sait que certains gènes interviennent dans des maladies. On sait aussi que l'environnement agit sur le génotype. Actuellement le dépistage de maladies génétiques n'est effectué que dans des cas bien précis de prédisposition familiale.

Avant de préconiser une politique sociale qui consisterait à dépister systématiquement les gènes de susceptibilité pour conditionner le milieu de vie des individus, il convient de réfléchir sérieusement : d'une part, il convient de prendre en compte les avancées de la science qui permettent d'améliorer la qualité de vie des individus, d'autre part il ne faudrait pas tomber dans une dérive eugéniste, visant à éliminer toute personne non conforme à une norme prédéfinie.

b. Des conséquences néfastes
Les gènes de susceptibilité à une maladie peuvent conférer une résistance à une autre maladie : par exemple la drépanocytose favorise la résistance au paludisme. Si l'on instaurait l'élimination de certains gènes, le patrimoine génétique risquerait de s'appauvrir de façon dramatique dans les populations humaines.

Que dire aussi des conséquences de l'anxiété ressentie par le patient ou par ses proches, apprenant la survenue probable d'une maladie dans un futur proche ou lointain ? Que penser enfin de l'usage de telles informations par les compagnies d'assurance, les banques ou les entreprises lors d'une embauche ? Tarifs différentiels, postes de travail prédéterminés... et autres mesures de discrimination seraient rapidement mis en place.

Généraliser de telles pratiques, dont la logique économique est indéniable, entraînerait de lourdes menaces sur le fonctionnement de notre société. Le principe selon lequel les hommes naissent et demeurent égaux en dignité et en droit serait aboli, puisque les droits des personnes ne seraient plus que ceux de leurs gènes.

2. Promesses et limites des thérapies géniques
a. Peut-on soigner toutes les maladies génétiques ?
Que faire concrètement quand on sait déterminer les causes génétiques d'une anomalie ? Parfois une action sur l'environnement suffit à pallier les déficiences du gène incriminé. C'est le cas pour la phénylcétonurie qui nécessite une adaptation du régime alimentaire du patient.
Mais bien souvent, le mauvais fonctionnement du gène provoque des dégâts que l'on ne peut pas compenser en agissant uniquement sur le milieu. C'est le cas pour les myopathies, la drépanocytose...

Il est difficile d'apporter une réponse thérapeutique au dysfonctionnement de nombreux gènes. En imaginant des techniques de transfert de gènes dans les cellules, les scientifiques espèrent trouver des solutions.

b. A la recherche de thérapies adaptées
Le transfert direct est fondé sur l'introduction dans l'organe considéré de vecteurs capables de transférer un gène à des cellules de l'hôte pour leur donner la capacité de synthétiser une protéine indispensable. Des virus sont parfois utilisés.

Toutefois, plusieurs problèmes sont encore mal maîtrisés ; il n'existe pas de vecteur propre, débarrassé du génome viral. Comment être certain que le virus ne va pas se multiplier et entraîner des dégâts irréversibles chez le malade ? Les vecteurs limitent leur domaine d'action à une zone réduite autour du site d'injection et risquent de déclencher une réponse immunitaire en cas de réinjection.

Le transfert indirect repose sur l'utilisation de cellules transformées hors de l'organisme puis réimplantées. Les cellules utilisées sont des fibroblastes, des myoblastes, mais leur survie à long terme n'est pas garantie. Des cellules de lignées tumorales caractérisées par leur prolifération rapide auraient leur intérêt, mais ne risquent-elles pas d'induire des tumeurs chez le patient ? Et dans ce cas le remède pourrait être pire que le mal.
Des techniques de micro-encapsulation consistant à enrober les cellules d'une membrane semi-perméable et protectrice sont à l'essai.

Au-delà des thérapies géniques, le clonage humain, théoriquement possible, est interdit dans la plupart des démocraties. La culture de cellules n'est autorisée que pour réparer des organes déficient et non pas dans le but de reproduire des individus.

L'essentiel

Il serait socialement dangereux de penser que le destin de chaque être humain puisse être prédéterminé par sa carte d'identité génétique.

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