Argent et engagement social - Maxicours

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Argent et engagement social

Objectif :
Concevoir une économie plus sociale.
Il existe, en parallèle de l'économie de marché et du service public, une économie sociale et solidaire dans laquelle on retrouve les organismes de microcrédits, les systèmes d'échanges locaux (SEL), les banques de temps et les coopératives. Cette économie n'est pas tournée vers le gain mais vers le développement social et environnemental.

Comment fonctionnent ces systèmes parallèles ? Pourquoi existent-ils ? Ont-ils du poids dans les sociétés capitalistes ?
1. Le temps comme monnaie d'échange
a. Principes des banques du temps et des systèmes d'échanges locaux
La banque du temps ou le système d'échanges local permettent un échange de services et de moyens sans contrepartie financière. En rendant un service (bricolage, ménage, diagnostic, conseils...), on emmagasine du temps sur un compte, temps qui pourra être utilisé en faisant appel à un autre intervenant pour un service dont on a besoin.

Par exemple, un professeur donne gratuitement 2 heures de cours à un élève inscrit dans une banque du temps. Il gagne 2 « équivalheures » qu'il utilise plus tard pour faire venir un décorateur chez lui. Le troc et l'échange de services existent depuis la nuit des temps mais le concept de banque du temps a été créé dans les années 1980 par Michael Linton, un Écossais vivant au Canada dans une région en crise. Il a constaté que, faute d'argent, beaucoup de connaissances et de savoir-faire étaient inexploités et a donc cherché un autre moyen d'échange à l'échelle local : le LETS (local exchange trading system).

Apparu en 1995 en France, il existe aujourd'hui 494 SEL déclarés comme associations de fait ou « associations 1901 ».
b. Les atouts et limites de ce système
Le fonctionnement des SEL et des banques de temps est assez simple : un catalogue est régulièrement édité et permet aux membres de consulter les offres et demandes

C'est un système d'entraide qui permet non seulement d'économiser de l'argent, mais également d'élargir son cercle de relations. Il fonctionne en toute démocratie, chacun des membres étant sollicité à tour de rôle pour les animations, conseils d'administration et tâches administratives.
Pour les adhérents, le SEL représente la rencontre avec l'autre, l'adhésion à des valeurs plus humaines, l'épanouissement personnel (le sentiment d'être utile) et l'émulation intellectuelle qui passe, notamment, par une réflexion et un échange constants sur le système économique dominant dans nos sociétés.

Mais les SEL n'ont pas tous le même fonctionnement interne, notamment sur la gestion des comptes de temps. Ces disparités peuvent compliquer les choses quand on songe à étendre le système sur une plus grande échelle. En effet, si certains SEL pensent que l'échange est le principe le plus important et qu'il faut éviter le « communautarisme », d'autres estiment qu'il faut d'abord développer les ressources locales. Dans tous les cas, le système, tel qu'il existe aujourd'hui, semble difficile à étendre sur une échelle nationale et internationale.
2. L'argent au service de l'autre
a. Le microcrédit
On appelle « microcrédits » des prêts de petites sommes faits à un faible taux de remboursement. Le plus souvent, ces prêts sont faits à des entrepreneurs ou artisans qui ne présentent pas les garanties suffisantes à l'obtention d'un crédit classique.
En usage en majorité dans les pays en voie de développement, il est un formidable levier au travail et à l'indépendance des femmes qui sont plus nombreuses que les hommes à le solliciter.

Le microcrédit permet un développement à l'échelle locale. En effet, en finançant l'artisanat, l'agriculture, les systèmes de protection sociale (mutuelle), les institutions économiques (banques) et l'éducation (crèches et écoles), il permet la modernisation et le développement de certaines régions du globe. Grâce à un microcrédit, un agriculteur pourra acheter un matériel plus sophistiqué ou créer un accès plus facile à l'eau, ce qui attirera de nouvelles populations.  

Mais le microcrédit se développe également dans les pays du Nord car il pourrait être une réponse au chômage et à l'exclusion dans le contexte de la crise économique contemporaine. Le microcrédit professionnel pourrait ainsi aider à la création de micro-entreprise. En 2010, en France, 12 000 microcrédits ont été accordés pour des montants maximum de 6 000 €.

Ce concept a été créé au Bangladesh par Muhammad Yunus, un entrepreneur qui a fondé la Grameen Bank, premier organisme de microcrédit. Le 13 octobre 2006, il se voit récompensé par le Prix Nobel de la paix pour le développement à grande échelle de ce système de financement qui existe aujourd'hui dans plus de 85 pays et représente 11 milliards de dollars dans le monde.
b. La philanthropie
Le terme philanthropie vient du grec philos qui signifie « amis » et d'anthrôpos, l'« Homme ».

On parle d'action philanthropique pour une action de bienfaisance, de générosité, d'altruisme (un intérêt « gratuit » pour autrui). 
Les activités philanthropes sont diverses et variées : on peut donner de l'argent à une école, un organisme non gouvernemental, une association d'aide, de réinsertion... On peut également promouvoir une société, un entrepreneur, une activité culturelle, un artisanat, etc.

Si la philanthropie a d'abord eu une connotation religieuse (en effet, pour les religions, le don est très important), elle permet également au philanthrope de se construire une notoriété et de laisser son nom à la postérité en baptisant une école, une fondation ou un musée du nom de son propre nom. François Ier et Louis XIV étaient des mécènes qui ont financé des artistes (tels que Léonard de Vinci et Molière) en leur donnant les moyens financiers de créer grâce à l'association de leurs propres noms et règnes à la réussite desdits artistes.

Aujourd'hui, le mécénat se tourne toujours en premier lieu vers la culture. De grandes sociétés fondent des associations qui la défendent (comme la Fondation Cartier pour l'art contemporain par exemple). Les dons sont ensuite faits aux organismes solidaires (aide aux démunis, insertion...), à la défense de l'environnement, la recherche et enfin, le sport.
L'essentiel
Les microcrédits, les banques de temps, les SEL, la philanthropie participent à concevoir une économie plus sociale et à penser que l'économie de marché et la course aux gains financiers au détriment de la solidarité ne sont pas les seules options. Le but de ces institutions est de développer l'idée qu'une autre économie, plus respectueuse de l'Homme et de la nature, est possible.
Cependant, certains de ces systèmes (comme les SEL) restent encore confidentiels et confinés à un usage local.

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