Cinéma

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Cours / Cinéma / Terminale L
Le Vent nous emportera : le Réel  
  • 1. Des éléments du réel
  • 2. Contre-exemples
  • 3. Recréer le réel

Objectif : examiner les éléments susceptibles de poser les bases d’un certain réel dans le film de Kiarostami, les mettre ensuite à l’épreuve d’autres éléments qui seraient plutôt au service du faux et tirer enfin les conclusions qui s’imposent sous forme de synthèse.

La question du réel est absolument essentielle dans l’ensemble de l’œuvre d’Abbas Kiarostami, elle occupe le centre de ses travaux depuis les premiers courts-métrages du Kanun jusqu’aux dernières expériences réalisées avec le numérique. Cette question est complexe par ailleurs parce que le cinéaste a toujours refusé l’idée d’un réel communicable par l’enregistrement passif du monde visible par une caméra. Chez lui en effet, le réel ne peut se transmettre qu’à partir d’un travail élaboré sur les possibilités du cinéma : il n’est donc jamais donné d’avance, il se présente comme l’objet d’une quête artistique difficile.

1. Des éléments du réel

Si le cinéaste ne trouve le réel qu’au prix d’une recherche importante, et non pas de façon immédiate, il ne s’interdit pas pour autant de puiser certains éléments de ses films dans la réalité la plus incontestable, c’est-à-dire dans le monde tel qu’il est (hors de toute considération artistique).

Ainsi, dans Le Vent nous emportera, il utilise des décors naturels (un village du Kurdistan iranien), des acteurs non-professionnels (les habitants de ce village) et des animaux (qui ne sont évidemment pas dressés, mais seulement domestiqués et qui restent donc soumis à leur nature). Il choisit en outre de représenter un événement qui devrait vraiment avoir lieu : une vieille dame est effectivement en train de mourir, et le rite de la lacération se pratique réellement dans cette région du Kurdistan…

Des animaux, Kiarostami espère obtenir des comportements imprévisibles dont il pourra tirer profit, c’est-à-dire une certaine spontanéité en mesure de convaincre le spectateur que le film contient une part de réel. On voit par exemple un coq hésiter en bas des escaliers de la maison de Behzad, on voit un bovidé en monter un autre après un départ précipité du même Behzad vers les hauteurs du site. Les animaux sont très présents dans le film, leur nature s’oppose sans aucun doute aux tergiversations et aux calculs des hommes, à leur volonté d’accélérer le destin d’une vieille mourante en le désirant trop intensément (mais l’effet produit est manifestement contraire, l’événement se fait longtemps attendre). Les animaux s’opposent même parfois à la perversité de ces hommes, ce que tend à montrer la scène où Behzad retourne gratuitement la tortue avec son pied.

En ce qui concerne la représentation cinématographique du réel, on peut d’abord espérer la trouver dans les plans-séquence et la grande profondeur de champ de certaines images, notamment dans le tout premier plan du film. Mais d’autres plans plus serrés et des choix de

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