Cinéma

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Cours / Cinéma / Terminale L
L'Atalante : réel et poésie  
  • 1. Le réel
  • 2. La poésie

Objectif : montrer comment se manifestent le réel et la poésie dans le film de Jean Vigo et définir dans le même temps les modalités selon lesquelles ces deux catégories à priori opposées peuvent s’articuler l’une avec l’autre.

Le réel et la poésie sont deux notions dont les définitions sont tellement nombreuses et variées qu’elles tendent à en troubler les contours. On pourrait probablement placer très simplement le réel du côté des choses telles qu’elles sont, indifférentes à tout paramètre esthétique, et la poésie au contraire du côté de l’inspiration, de l’imagination et de la forme artistique. Mais il peut y avoir de la poésie dans le réel, et toute imagination n’est pas poétique. Il existe par ailleurs une esthétique du réel absolument incontestable, le réalisme…

Nous n’entrerons pas ici dans des considérations trop théoriques, et on envisagera le réel et la poésie au sens large, comme l’expression d’une certaine fidélité au monde (comme phénomène, comme lieu mais aussi comme espace social) pour le premier et comme l’exercice d’une imagination singulière, inventive, capable d’éveiller les sens pour la seconde.

S’il y a du réel dans les images de L’Atalante, c’est parce qu’elles reproduisent un monde qui leur préexiste. S’il y a de la poésie, c’est parce qu’une force s’exerce pour révéler des secrets de ce monde que sa simple reproduction n’a pu transmettre (probablement une part de sa substance véritable).

1. Le réel

Dans un entretien avec Eric Rohmer en 1968 dans la cadre de la télévision scolaire (entretien qui accompagne une diffusion de L’Atalante), François Truffaut insiste sur le réalisme du film de Jean Vigo. Il indique que cette œuvre se fait le reflet de certaines réalités familiales et qu’elle évoque notamment les difficultés que peuvent rencontrer les jeunes amants, nouveaux mariés, qui se mettent en ménage. Le film témoigne largement de ces réalités domestiques, de l’ennui d’une vie soumise à la répétition du travail quotidien (malgré des promesses d’aventures, de voyages), des démonstrations de jalousies, des disputes incontournables et autres bouderies sporadiques. Vigo inscrit plus largement son œuvre dans le cadre du réalisme social (il avait d’ailleurs introduit quelques années plus tôt la projection d’ A propos de Nice au Vieux Colombier par un texte de présentation intitulé Vers un cinéma social).

Dans L’Atalante en effet, en quelques plans souvent furtifs pris dans des épisodes secondaires, il n’oublie pas de nous montrer un voleur molesté par une foule sauvage, quelques malheureux faisant la queue pour trouver du travail, le responsable d’une compagnie (pour laquelle Jean travaille) qui renvoie un employé parce qu’il n’est qu’un « rien du tout », etc. Le réalisme de l’argument principal repose plutôt sur les personnages eux-mêmes, personnages typiques,

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