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Philosophie
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Cours / Philosophie / Terminale L
La biologie, apparentée à la science du vivant, n’est pas une science comme les autres. Longtemps se sont opposés les tenants du «finalisme», du « matérialisme» ou du « vitalisme », pour tenter de caractériser les êtres vivants (végétal, animal, ou humain). Le finalisme met en évidence le principe des « causes finales », selon lequel, d’après la formule d’Aristote, « la nature ne fait rien en vain ». Elle aurait poursuivi un « dessein » (une fin) dans chacun des êtres qu’elle a créés. Le matérialisme, associé au nom de Descartes, affirme que le vivant doit pas être étudié comme on étudie une machine. Les êtres vivants ne possèdent pas de caractéristiques particulières. Le vitalisme, enfin, pose un « principe vital » présidant à la vie : les phénomènes du vivant ne sont pas réductibles aux phénomène de la matière. Les processus vitaux se démarquent des processus purement physiques, même si on peut admettre que la « physiologie », branche de la biologie, en étudiant le fonctionnement physique et biochimique des organismes vivants dans leur interaction avec leur environnement accrédite, en dernier ressort, la thèse matérialiste. Expérimenter le vivant relève donc d’une démarche spécifique, puisqu’il s’agit d’appliquer aux êtres vivants une méthode scientifique, qui se caractérise par des expériences, destinées à valider des hypothèses. Les problèmes qui se posent sont ceux des limites éthiques qu’il convient d’établir : toutes les expérimentations, sous prétexte de faire progresser la science, ne peuvent être tentées. Une réflexion philosophique renouvelée s’avère indispensable. 1. Une éthique de la vie a. Le génie génétique L’apparition d’une nouvelle discipline, le « génie génétique », liée aux découvertes de la génétique contemporaine, a considérablement modifié notre représentation du vivant. Ces découvertes débouchent en outre sur les « biotechnologies », sans lesquelles désormais il ne semble pas y avoir de vraie « science médicale ». Le progrès de ces techniques du vivant a considérablement accru les possibilités d’intervention de la science biologique. Les spécialistes d’éthique médicale s’interrogent sur les dangers que représente cette technicité excessive. De nouvelles questions se posent, concernant le clonage, la procréation médicalement assistée (la fécondation in vitro, l’insémination artificielle, le diagnostic préimplantatoire), les dons d’organes, la manipulation du génome humain ; se posent également, dans une perspective différente, des questions relatives à la fin de la vie : quels sont les critères de la mort ? Doit-on faire cesser l’acharnement thérapeutique ? Peut-on aider une personne en fin de vie à mourir ? Sur le plan de l’environnement, cette fois, doit-on autoriser les OGM (organismes génétiquement modifiés) ? Peuvent-ils être nuisibles à la santé humaine ? Toutes ces questions se trouvent désormais encadrées par une discipline elle aussi nouvelle, la bioéthique. b. La bioéthique Un comité consultatif national d’éthique a été créé en France (1983). Il fût présidé par Jean Bernard, hématologue et cancérologue, membre de l’Académie française (1907- 2006). En 1994, sont apparues les premières lois de bioéthique, révisées en 2004. Ces lois, au regard des progrès continuels réalisés, sont, de toute manière, en chantier permanent, puisque beaucoup de questions restent sans réponse ; les principes éthiques auxquels on se réfère sont souvent contradictoires entre eux. De plus, la société évolue, les mentalités changent. Lorsqu’est né en France le premier «bébé-éprouvette» (nommé ainsi parce qu’il avait été conçu, in vitro, c’est-à-dire en laboratoire, et non in vivo, dans le ventre maternel), certaines réactions, au sein de la société, ont été très violentes - comme d’autres l’avaient été lorsque l’Interruption de grossesse a été légalisée (1975) - : parce que cette conception n’était pas naturelle, mais artificielle, elle relevait pour un grand nombre de citoyens d’une expérimentation sauvage et immorale, parce que contre-nature. Aujourd’hui, certains problèmes demeurent, mais la conception in vitro est tout à fait acceptée. On a reconnu que les avantages qu’elle procurait (permettre à un couple infertile de donner naissance à des enfants) comportait plus d’avantages que d’inconvénients. Il est toutefois impossible de négliger les conséquences que certaines découvertes peuvent avoir sur les sociétés humaines. La science ne peut plus se retrancher sur elle-même, en estimant que la régulation des recherches incombe à elle seule. Dans cette optique, la science a un nouveau devoir : celui de communiquer les résultats de ses recherches en mettant en évidence les nouveaux enjeux auxquels ces recherches aboutissent. Il s’agit désormais d’informer les citoyens. L’instauration de limites à ce qui est techniquement possible doit se faire de façon démocratique : c’est ce que reconnaissent une grande majorité de chercheurs, à l’intérieur de la communauté scientifique. Sont encouragées à ce titre, à travers la création de comités d’éthique, les procédures délibératives, à l’issue desquelles on doit pouvoir cerner ce qu’il raisonnable de faire ou de ne pas faire. Le « rationnel », en effet, ne contient pas toujours le « raisonnable ». Les choix sont raisonnables lorsqu’ils paraissent sensés, et susceptibles de susciter un certain consensus. A travers le progrès des techniques du vivant, que l’expérimentation rend possible, l’avenir des sociétés démocratiques est en jeu. 2. L'expérimentation sur N'attends plus pour la voir en intégralité ! |
