Cinéma

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Cours / Cinéma / Terminale L
Le Vent nous emportera : traitement de l'espace  
  • 1. Spatialisation du drame
  • 2. Position des personnages
  • 3. La poésie et la beauté (au-delà...

Objectif : étudier le traitement de l’espace dans Le Vent nous emportera et mettre en évidence les effets qu’un tel traitement est susceptible de produire sur le spectateur par rapport au sujet général du film de Kiarostami.
1. Spatialisation du drame

Kiarostami observe dans Le Vent nous emportera, à quelques nuances près, les règles classiques d’unité de temps et de lieu du drame. La continuité temporelle de l’action est respectée et se produit dans un lieu unique, le village de Siah Dareh et ses environs. Toutefois, il faut bien admettre que l’action est très réduite (c’est d’ailleurs l’enjeu principal de l’histoire racontée : l’événement attendu ne survient pas, la vieille dame ne veut pas mourir, et les personnages principaux s’ennuient jusqu’à « rendre l’âme », ainsi que le confie volontiers Behzad), tandis que l’espace est au contraire très riche et très varié, un peu comme s’il fallait compenser la neutralisation du drame ou plutôt comme s’il fallait prendre en charge le drame lui-même et ses principaux enjeux.

Les lieux sont finalement assez limités mais ils permettent néanmoins une exploration complète de l’espace : dans le village, on se déplace latéralement bien évidemment, mais on visite aussi les hauteurs des collines et les profondeurs obscures des caves. Cette richesse spatiale est d’autant plus importante qu’elle n’est pas gratuite : en effet l’investissement de chaque endroit répond à une nécessité incontournable commandée par les enjeux du récit. Behzad se rend sur les hauteurs du village parce que c’est le seul endroit qui lui permette de recevoir ses appels téléphoniques, et il gagne les profondeurs obscures d’une cave parce que c’est là seulement qu’il obtiendra le lait frais qu’il cherche depuis longtemps.

On pourrait donc croire que les hauteurs symbolisent l’ouverture sur le monde (Behzad y téléphone, l’ouvrier y travaille pour les télécommunications, la profondeur de champ n’a de limite ici que celle de l’horizon) et qu’elles s’opposent aux endroits les plus bas du village (et notamment à la maison de la mourante que l’on voit presque toujours en plongée). En haut serait la vie, l’infini, en bas la mort, la limite. Mais tout n’est pas si simple, si simpliste. En effet, c’est bien en haut que se situe le cimetière (la mort) et c’est sous terre que le lait jaillit (signe de vie). Les lieux sont donc importants parce qu’ils ne peuvent exprimer une idée (la mort, la vie, la communication) sans soulever les problèmes qu’elle pose (la télécommunication n’est ici possible que sur un lieu de mort, ce qui est particulièrement éloquent).

Ce que nous disent les lieux, c’est qu’il faut découvrir ce qui se cache sous les apparences, la mort sous l’illusion de liberté, la vie au cœur même des ténèbres. Kiarostami code les lieux (en leur donnant du sens, en leur donnant la responsabilité d’exprimer des idées) pour nous montrer qu’il faut toujours aller au-delà de ces codes, de ces idées (reçues).

2. Position des personnages

L’élaboration de la spatialité du film de Kiarostami est donc riche et permet de reposer les enjeux du récit en terme de visibilité (c’est-à-dire en termes cinématographiques). Elle pose en ce sens les bases des déplacements des personnages (aller en haut, en bas, selon les besoins) et définit plus largement leur rapport au monde. Un tel rapport est d’abord établi sous le signe de l’inconnu, de

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