Cinéma

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Cours / Cinéma / Terminale L
Kurosawa, Ozu, Mizoguchi, Kitano  
  • 1. Ozu, Mizoguchi
  • 2. Kurosawa
  • 3. Kitano

Objectif : définir les enjeux et les traitements du montage pratiqué dans les films de Kurosawa, Ozu, Mizoguchi et Kitano, après avoir envisagé dans un premier temps la position de ces cinéastes au sein de la culture japonaise.

Le XXe siècle commence au Japon en pleine ère Meiji (1868-1912), sous le règne de l’Empereur du même nom qui abolit le monde de la féodalité et des luttes de clan pour faire prendre à son pays un tournant décisif, celui de la modernité. Le Japon devient ainsi un Etat centralisé, expansionniste et ouvert sur l’Occident…
Le cinéma, introduit très rapidement par les opérateurs Lumière, s’y développe assez vite et connaît une période particulièrement féconde dans les années 1920. Le travail de certains cinéastes se fait remarquer dans le pays (Ozu, Mizoguchi, Naruse), de grandes sociétés de production vont commencer à s’imposer (sociétés comparables dans une certaine mesure aux majors hollywoodiennes)...

Les années 1940 sont marquées par un mouvement nationaliste très important, le contrôle de la création cinématographique (censure, propagande) s’accroît alors considérablement. Ce nationalisme est évidemment dénoncé et combattu pendant (et par) l’occupation américaine : les films féodaux sont interdits, il faut couper le pays de son passé. C’est dans cette période qu’émerge l’œuvre d’Akira Kurosawa.
Le cinéma japonais est alors inconnu hors du Japon, il devra sa notoriété à différents festivals européens dans les années 1950 et avant tout à la découverte de Rashômon du même Kurosawa qui obtient le Lion d’or à Venise en 1951. D’autres films suivent très rapidement, notamment ceux de Mizoguchi, La Vie d’Oharu, femme galante et Contes de la lune vague après la pluie récompensés tous deux par un lion d’argent à Venise (respectivement en 1952 et 1953) et La Porte de l’enfer de Kinusaga célébré au festival de Cannes par une Palme d’or en 1954.

Les grosses sociétés de production déclinent dans les années 1960, le pays connaît alors sa nouvelle vague (Oshima, Immamura), remarquable par son audace formelle et thématique.
Les prochaines décennies témoignent au contraire d’une certaine indigence, la qualité du cinéma japonais (peu prolixe par ailleurs) est alors assez médiocre. On doit malgré tout aux années 1970 la découverte des films d’Ozu hors du Japon, après la mort du réalisateur… Seuls quelques cinéastes de la Nouvelle Vague, lorsqu’ils ont la possibilité de travailler, et Kurosawa, soutenu par des productions internationales (russe pour Dersou Ouzala en 1975, américaine pour Kagemusha en 1980, française pour Ran en 1985), parviennent toutefois à se distinguer.

Aujourd’hui, et plus largement depuis les années 1990, on peut remarquer un véritable renouveau de ce cinéma, particulièrement plébiscité en Europe et en France. Ces œuvres, souvent indépendantes, et marquées par une évidente quête de style (Tsukamoto, Kiyoshi Kurosawa), comptent quelques chefs-d’œuvre. La plupart des films de Takeshi Kitano comptent parmi celles-là.

1. Ozu, Mizoguchi

On peut rapprocher Yasujiro Ozu et Kenji Mizoguchi pour plusieurs raisons. Ils ont d’abord commencé leur carrière cinématographique dans le muet, ils ont ensuite traversé l’épreuve du parlant avec une grande réussite esthétique, et on les a aussi très souvent opposés à Kurosawa pour les considérer comme les véritables dépositaires de la culture japonaise.

D’un point de vue thématique, Mizoguchi s’intéresse tout particulièrement à la condition de la femme dans son pays à travers les époques. Ses héroïnes sont toujours opprimées, elles jouent néanmoins un rôle décisif : elles dévoilent à travers leurs expériences dramatiques (très souvent la prostitution, particulièrement dans son dernier film, La Rue de la honte en 1956) quelques unes des vérités essentielles de l’existence (vanité, ambition, cupidité). A travers elles, Mizoguchi entreprend donc sa propre quête, celle qui consiste à révéler, par son cinéma, quelque chose de la nature profonde de

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