Cinéma

Maxicours vous propose de decouvrir un extrait de quelques cours de Cinéma. Pour proposer un accompagnement scolaire de qualite en Cinéma, toutes nos ressources pédagogiques ont été conçues spécifiquement pour Internet par des enseignants de l'Education nationale en collaboration avec notre équipe éditoriale.

Cours / Cinéma / Terminale L
Le Vent nous emportera : photographie et cinéma  
  • 1. Behzad et les autres
  • 2. Intimité de l’acte photographique
  • 3. Récit initiatique

Objectif : étudier le rapport établi entre la photographie et le cinéma chez Kiarostami, comparer les fonctions habituelles de ces deux modes de représentation et interroger plus précisément les scènes qui ont un enjeu proprement photographique dans Le Vent nous emportera.

La photographie occupe une place importante dans l’ensemble de l’œuvre d’Abbas Kiarostami. Le réalisateur pratique cette activité depuis longtemps en effet, elle lui apporte des satisfactions très différentes de celles que lui procure le cinéma et lui impose surtout beaucoup moins de contraintes. Les impératifs de l’industrie cinématographique, les prescriptions du scénario, les compromis de tout travail d’équipe disparaissent avec la photographie : l’artiste est seul avec le monde qui l’entoure, tout reste suspendu à sa seule décision, au déclenchement de l’appareil.

1. Behzad et les autres

Dans Le Vent nous emportera, Kiarostami met en scène la visite de quelques hommes dans une région étrangère et inconnue. La plupart de ces hommes restent cependant masqués, seule la relation de Behzad avec les habitants du village importe donc vraiment pour nous. Par ailleurs, on notera que l’appareil photo lui appartient, c’est lui en tous cas qui remarque sa disparition et qui le récupère auprès de la serveuse (Tajdolat) dans la maison de thé. Il envisage alors de s’en servir presque immédiatement.

Behzad est en effet le témoin d’une discussion entre la serveuse et un villageois. D’un point de vue cinématographique, cette situation (de témoin, d’observateur) est exprimée de façon limpide par une série de champs-contrechamps entre l’homme et la femme toujours médiatisés par un plan de Behzad qui les regarde. Puis elle est redoublée par une initiative du même Behzad qui prend son appareil pour immortaliser la scène en photographiant la femme : le témoin veut fixer ce qu’il voit par l’intermédiaire de son appareil (l’objectif devient inévitablement une extension de son œil). Mais la serveuse refuse car Behzad viole ainsi son intimité en confisquant son image (alors qu’elle vient de lui rendre son appareil, lui insiste et veut voler son image).

Cette scène est essentielle dans Le Vent nous emportera car elle permet à Kiarostami de nous faire comprendre que l’acte photographique n’est pas gratuit, qu’il engage une relation

...
Voir tout le contenu pédagogique relatif à ce sujet
Connexion ou Créer un compte