Cinéma

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Cours / Cinéma / Terminale L
L'Atalante : la séparation, les retrouvailles  
  • 1. La séparation : opposition
  • 2. Premières retrouvailles : le désir...
  • 3. Les retrouvailles : convergence

Objectif : comparer la scène de la séparation de Juliette et Jean, juste après leur départ de Paris, avec les différentes mises en scène de leurs retrouvailles, oniriques dans un premier temps, puis effective à la fin de L’Atalante.

La séparation de Juliette et de Jean s’impose dans le film de Jean Vigo comme la suite logique d’une série d’épreuves que le couple a traversée avec quelques difficultés. En effet, les disputes conjugales se font de plus en plus fréquentes à bord de l’Atalante et les promesses de réconciliation qui leur font suite aboutissent toujours à d’amères déceptions.

La joie de Juliette de visiter Paris est ainsi ajournée par l’absence du père Jules parti en consultation, et les moments de tendresse qu’elle vient chercher auprès de son mari, dans leur lit, un peu plus tard, après le retour du vieil homme, sont rapidement interrompus par ce même père Jules, complètement soûl, dont les chants réveillent Jean et précipitent le départ de la péniche loin de la ville.

Le lendemain, pourtant, Jean emmènera Juliette boire un verre dans une auberge mais la présence d’un camelot charmeur lui fera regretter cette concession. La réapparition du trublion, près du bateau, venu proposer à la jeune femme de l’emmener à Paris, achèvera de le faire enrager…

1. La séparation : opposition

L’attirance de Juliette pour la ville se fait de plus en plus forte. Elle va bientôt céder à sa curiosité, elle va quitter le bateau pour assouvir enfin un désir que Jean ne semble pas disposé à satisfaire. Son départ est annoncé par une mise en scène très soignée et particulièrement subtile, une mise en scène de l’opposition qui préfigure la séparation imminente des amants. Cette opposition connaît de nombreuses modalités concerne :

- les lieux dans lesquels les personnages sont confinés (Jean est en haut, sur le pont / Juliette est en bas, dans la chambre), 
- les attitudes (Jean est agité, il fait les cent pas, sans interruption depuis une bonne partie de la journée / Juliette est calme, souriante, immobile),
- les mouvements de caméra (Juliette est montrée en plan fixe tandis que les allers-retours de Jean sont suivis par de rapides panoramiques),
- la lumière (Jean est plongé dans une épaisse obscurité / le visage de Juliette baigne au contraire dans une lumière intense),
- le son (On entend le bruit régulier, mécanique, des pas de Jean qui s’oppose aux voix intérieures qui bercent Juliette : ces voix sont celle du mari qui refuse et celle du camelot qui invite, ce sont des échos de répliques précédentes chuchotées maintenant comme pour griser ou tenter la jeune femme).

Le montage fait alterner avec régularité les plans de Juliette dans la cabine et ceux de Jean sur le  pont, non pas tant pour exprimer la simultanéité des scènes (même si celle-ci est incontestable, le montage exprime beaucoup plus que cela), mais pour faire apparaître on ne peut plus clairement maintenant tout ce qui les sépare l’un de l’autre.

Cette

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