La réussite scolaire pour tous !

Cours de Français 2de - Le registre ironique


Note par nos Maxinautes :  
Le mot « registre » correspond à ce qu'on appelait avant les tonalités. Ce terme est emprunté au vocabulaire de la musique pour lequel il désigne la palette des sons d'un instrument ou d'une voix (des graves aux aigus).
En littérature, il désigne l'impression particulière que provoque un texte sur le lecteur : de la tristesse à la peur, en passant par la joie, toutes les émotions peuvent être engendrées par un texte et l'étude des différents registres a pour objectif de les analyser.
1. Les effets recherchés sur le lecteur
Le registre ironique fonctionne, en partie, comme le registre comique, dont il n'est qu'un avatar. En effet, tout comme le rire naît de l'étonnement ou de la surprise, l'ironie repose sur la capacité de l'auteur à déconcerter son lecteur. De façon générale, l'ironie a pour objectif d'attirer l'attention du lecteur sur des grandes questions, sur des problèmes majeurs afin que s'opère chez lui une prise de conscience.
L'ironie s'installe d'abord en choquant, en dérangeant, mais il ne s'agit pas de déranger pour faire rire ou sourire. En effet, si le rire et le sourire surviennent, ils ne sont que des instruments au service d'une cause ou d'une idée.
On peut donc affirmer que le registre ironique reprend les principaux aspects du registre comique, mais avec un objectif plus ambitieux, celui de faire réfléchir son lecteur.
2. Les procédés mis en oeuvre
a. Les thèmes
Les questions importantes, les grandes causes, les problèmes majeurs occupent une place privilégiée dans le registre ironique. Il y est donc abondamment question de la liberté, de la tolérance, de la justice, des abus du pouvoir, des inégalités sociales ou encore de la guerre.
b. Les figures de style
Les procédés les plus fréquemment employés sont les figures de l'opposition, et notamment l'antiphrase. L'usage du second degré – essentiel – dans les textes ironiques repose, en effet, principalement sur cette figure de style.
Pierre Desproges fait un remarquable usage de l'antiphrase dans une série de définitions qui lui servent de prétexte pour dénoncer quelques-uns des grands problèmes de notre époque, notamment l'intolérance religieuse, et c'est ainsi qu'il définit le judaïsme :
« Religion des juifs, fondée sur la croyance en un Dieu unique, ce qui la distingue de la religion chrétienne, qui s'appuie sur la foi en un seul Dieu, et plus encore de la religion musulmane, résolument monothéiste. »
(Pierre Desproges, Dictionnaire superflu à l'usage de l'élite et des bien nantis, 1985.)

L'antithèse est l'autre des principales figures de style de l'ironie ; on la trouve très souvent associée à l'antiphrase. Elle permet de rapprocher deux idées ou notions totalement opposées, pour mieux souligner la distance qui les sépare. C'est ainsi que Céline suggère la nature obtuse et violente des militaires :

« Personne comme les généraux pour aimer les rosiers. C'est connu. »
(Louis-Ferdinand Céline, Voyage au bout de la nuit, 1932.)

L'association de la guerre et des fleurs, symbole de l'amour, permet en effet de mettre en évidence la cruauté et la brutalité de l'armée. A noter que cette phrase de Céline est aussi une antiphrase puisqu'il faut comprendre le contraire de ce que l'auteur y affirme, à savoir que l'armée et les fleurs n'ont strictement rien en commun.

3. Les genres littéraires concernés
Sans être cantonné à un genre littéraire unique, on peut tout de même constater que les textes ironiques les plus forts et les plus efficaces sont des textes en prose du siècle des Lumières. L'ironie a existé avant et après le XVIIIe siècle, on en trouve aussi au théâtre et en poésie, mais force est de reconnaître que les philosophes de l'Encyclopédie lui ont apporté ses lettres de noblesse.
L'essentiel

L'ironie peut être définie comme l'arme littéraire la plus efficace pour dénoncer les grands problèmes de l'humanité. Comme un texte ironique suppose un effort de la part du lecteur – un effort de décodage –, il l'oblige à réfléchir et à s'interroger sur le sens du texte. Il s'agit certainement du registre qui implique le plus de participation de la part du lecteur.

Le registre ironique 4/5 basé sur 31 votes.
Vous êtes ici :
Accueil > Fiches de cours du CP à la Terminale > cours de Français > 2de > Le registre ironique
Voir tout le contenu pédagogique relatif à ce sujet
Connexion ou Créer un compte