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Cours de Cinéma Terminale L - L'œuvre de Jean Vigo


Note par nos Maxinautes :  
Objectif : présenter les films de Jean Vigo en donnant les informations indispensables concernant notamment leur argument, leur distribution et leur équipe technique.
1. A propos de Nice

A propos de Nice est le premier film de Jean Vigo. Il s’agit d’un film documentaire dans le mesure où les faits enregistrés (par Boris Kaufman, qui est aussi co-réalisateur) sont en grande partie extraits du réel lui-même (à quelques exceptions près, ils ne sont pas le produit d’une mise en scène fictive), sans véritables acteurs (même si quelques individus n’hésitent pas à prendre la pose), mais dont Vigo a toutefois écrit le scénario et réalisé le montage (un montage chargé de sens, dont on a déjà parlé). D’où la formule très éloquente de « point de vue documenté » pour caractériser un tel film… Vigo nous montre ainsi ce qu’il pense d’une ville qu’il habite depuis un peu plus d’un an, une ville qu’il n’aime guère et sur laquelle il a recueilli de nombreux renseignements. La critique sociale est très aiguë, elle justifie parfaitement le titre du texte de présentation proposé lors de la projection au Vieux Colombier le 14 juin 1930 : Vers un cinéma social.

Le film ne rate aucun des signes emblématiques de Nice, c’est-à-dire la mer, les loisirs, les touristes sur la Promenade des Anglais et bien évidemment le carnaval : il montre tout ceci avec beaucoup d’ironie. Il évoque aussi le casino, mais de façon plus implicite (par l’image de figurines balayées sur un tapis de jeu) puisque l’autorisation de le filmer n’a pas été accordée. A côté de cette Nice bourgeoise, Vigo nous fait découvrir une population plus souterraine, plus pauvre, une population recouverte par l’autre et généralement exclue des représentations stéréotypées et publicitaires de la ville. Le montage souligne le contraste de ces deux mondes avec une grande efficacité.

Le film est sorti en 1930 (en septembre au Studio des Ursulines à Paris), il est muet, en noir et blanc et dure une vingtaine de minutes. Il a donné lieu à une suite réalisée en 1995 en hommage à Vigo et très simplement intitulée A propos de Nice, la suite. Abbas Kiarostami, parmi de nombreux autres auteurs, a participé à cette entreprise.

2. Taris, roi de l’eau

Taris, roi de l’eau est un film commandé par Germaine Dulac, alors vice-directrice de la Gaumont-Franco-Film-Aubert. Il est réalisé par Jean Vigo en 1931, à Paris, bien qu’il habite encore Nice. Il s’agit d’un documentaire très original consacré au célèbre champion de natation Jean Taris, conçu avec une liberté et une inventivité étonnantes.

On y voit le nageur en pleine activité présenter au spectateur les techniques élémentaires de toutes sortes de nages qui illustrent un commentaire très présent. Le ton général ainsi que certains montages à la Méliès confèrent au film une bonne partie de sa légèreté et de son humour.

C’est la première expérience sonore de Vigo qui a lui-même procédé au montage. Le film est en noir et blanc et dure une dizaine de minutes.

3. Zéro de conduite

Zéro de conduite est le premier film de fiction de Vigo, produit par Jacques Louis-Nounez et distribué par la Gaumont-Franco-Film-Aubert, réalisé en 1933 mais interdit par la censure en France jusqu’en 1946. Le tournage, interrompu à cause de la mauvaise santé du cinéaste, a eu lieu aux Studios de la Villette à Paris (futurs Studios des Buttes-Chaumont). Quant à la célèbre promenade, elle a été filmée dans les rues de Saint-Cloud…

Le film commence par les retrouvailles de deux jeunes amis dans le compartiment d’un train qui les conduit jusqu’à leur pension, la veille de la rentrée des classes. Plus généralement, il raconte les amitiés naissantes et les facéties d’un groupe d’adolescents, internes, dans un milieu scolaire marqué par l’ordre et les conventions.

Après plusieurs manifestations de cet ordre (représenté par le principal et la plupart des surveillants, car l’un d’entre eux, Huguet, a pris le parti de la jeunesse), la révolte éclate finalement le jour de la remise des prix. Les élèves sèment le trouble partout sur leur passage, ils sont poursuivis par les représentants de l’autorité de l’établissement et par les pompiers présents ce jour-là, puis s’échappent par les toits, parvenant ainsi à conquérir une liberté évidemment très forte d’un point de vue symbolique.

Jean Vigo a écrit, réalisé et monté Zéro de conduite, Boris Kaufman fut responsable des images, Maurice Jaubert de la musique.

Les principaux rôles ont été tenus par :
- Louis Lefebvre (Caussat),
- Gilbert Pruchon (Colin),
- Coco Goldstein (Bruel)
- Gérard de Bédarieux
(Tabard),
- Le nain Delphin joue le principal du collège,
- Robert le Flo et Du Vernon interprètent deux surveillants,
- Jean Dasté joue le troisième (Huguet),
- Henri Storck (cinéaste belge, proche de Vigo) interprète un curé qui ne fait qu’une brève apparition.

Le film est parlant, en noir et blanc et dure près de quarante cinq minutes.

4. L’Atalante

L’Atalante est le dernier film de Jean Vigo, réalisé d’après un scénario moralisateur de Jean Guinée qu’il a d’abord refusé mais qu’il a finalement largement réécrit avec la collaboration d’Albert Riéra. Malgré l’interdiction et l’échec commercial de Zéro de conduite, c’est encore Jacques Louis-Nounez qui coproduit le film avec la Gaumont-Franco-Film-Aubert.

Le film raconte l’histoire de Juliette et Jean, jeunes gens à peine mariés qui embarquent sur la péniche de ce dernier dans laquelle les attendent l’imposant père Jules et son mousse. L’exiguïté des lieux et l’ennui d’une vie monotone provoquent le départ de Juliette, attirée par la ville et par un camelot qui l’ont séduite lors d’un précédent séjour avec son mari. Mais la séparation se révèle vite douloureuse, la distance qui sépare les deux amants ne fait qu’attiser leur désir. Il se rejoignent d’abord dans un rêve très intense, puis la jeune femme, retrouvée par le père Jules, est ramenée sur le bateau.

Les principaux rôles ont été tenus par :
- Jean Dasté (Jean),
- Dita Parlo (Juliette),
- Michel Simon (le père Jules),
- Gilles Margaritis (le camelot), 
- Louis Lefebvre (le mousse).

Boris Kaufman a encore été l’opérateur de Vigo, la musique a été composée une fois de plus par Maurice Jaubert, Louis Chavance a réalisé le montage en respectant les consignes du cinéaste. Albert Riéra et Pierre Merle ont été les assistants réalisateurs, Louis Berger et Jean-Paul Alphen les assistants opérateurs. Le film a eu aussi ses photographes de plateau, régisseurs, maquilleurs et décorateurs, etc.

Il a été réalisé en 1933-1934, en noir et blanc et dure environ une heure et demie dans sa version actuelle (restaurée).

L’essentiel 

Jean Vigo a réalisé quatre films entre 1930 et 1934, des films de fiction et des documentaires très originaux qui témoignent tous, par-delà leurs différences évidentes (de genre, de durée, de casting, etc.), d’un même intérêt pour la liberté (du point de vue de la forme cinématographique et des thèmes abordés). Pour cette raison évidente, ces films ont eu des destins souvent tragiques, ils ont été en effet mal reçus, méprisés, interdits ou transformés.

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