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Cours de SES Terminale ES - Taux d'épargne et cycle de vie


Note par nos Maxinautes :  
Objectifs :
Acquis de la classe première : équilibre emplois/ressources, allocation des ressources

Notions à retenir pour cette fiche : épargne, accumulation du capital, cycle de vie
1. Diversité des taux d’épargne et cycle de vie de l’épargne
a. Une géographie du taux d’épargne
Partie non consommée du revenu des agents économiques, l’épargne constitue au niveau macroéconomique la somme de l’épargne des ménages, des entreprises et des administrations. Mais c’est l’épargne des ménages qui joue un rôle déterminant dans le fonctionnement de l’économie. Le comportement des ménages en terme d’épargne est en effet particulièrement révélateur du fonctionnement économique d’un pays.

Si l’évolution du taux d’épargne a suivi sensiblement les mêmes tendances pour les pays industrialisés, c'est-à-dire en hausse jusqu’au milieu des années 1970, puis en recul jusqu’au début des années 1990, en revanche les années 1990 et 2000 permettent de constater des évolutions contrastées entre les pays occidentaux. La France, les pays de la zone euro et le Japon conservent un taux d’épargne élevé, alors que les États-Unis et la Grande-Bretagne ont vu leur taux d’épargne diminuer fortement, s’approchant même de zéro sur des périodes récentes.

Il faut cependant prendre avec précaution ces différences car les comparaisons reposent sur des calculs visant à réduire les écarts de mesure entre conventions comptables différentes entre les pays. Cependant, il est possible de constater des différences importantes entre pays. Le taux d’épargne en France s’élève à 16 % en 2010 renouant avec les niveaux importants des années 1970. Le taux d’épargne des ménages est en baisse à 13,3 % dans la zone euro, et à 10,9 % dans l’Union européenne (27 pays). Parmi les grands pays européens, l’Allemagne a le taux d’épargne le plus élevé en 2010 (d’après les données d’Eurostat) avec 17,05 %, et le Royaume-Uni un des plus faibles avec 7,53 % en 2010. Les États-Unis ont un taux d’épargne particulièrement faible au cours de ces dernières années (4,5 % en 2010 selon l’OCDE - Organisation de coopération et de développement économiques).
b. La notion de cycle de vie des revenus et de l’épargne
La théorie du cycle de vie développée par l’économiste Modigliani (1954) permet de comprendre dans une large mesure comment le vieillissement démographique peut avoir une influence sur les comportements d’épargne des ménages. Cette théorie met en évidence un comportement économique des agents basé sur l’optimisation dans le temps de leurs revenus et de l’accumulation du capital ou accumulation patrimoniale. Les ménages connaissant leur durée de vie et leurs revenus futurs déterminent leur comportement en termes de consommation et d’épargne en fonction de leur revenu, et de leur patrimoine.

Dans cette analyse, il existe trois phases (voir schéma) dans le cycle de vie :
- la première phase, la jeunesse, se caractérise par le recours à l’emprunt afin de constituer un patrimoine productif immatériel (études), donc par un niveau d’épargne négatif ;
- Dans la deuxième phase, celle de l’activité, les revenus dégagés permettent de se constituer un patrimoine (immobilier par exemple) grâce à l’épargne générée par les revenus correspondants ;
- Enfin la dernière phase, la retraite, correspond à la consommation du patrimoine accumulé afin de satisfaire les besoins en l’absence de revenus d’activité.

 

2. Les facteurs qui influencent l’épargne et l’importance de la démographie
a. Comment expliquer les différences de taux d’épargne ?
Les comportements d’épargne des ménages dépendent de nombreux paramètres au nombre desquels figurent l’offre de produits d’épargne de la part des institutions financières, la fiscalité de l’épargne décidée par les pouvoirs publics, mais aussi les conditions économiques dans lesquelles se trouvent le pays.
Mais bien évidement le déterminant principal de l'épargne est le niveau de revenu. Le taux d’épargne est d’autant plus élevé que les revenus le sont. Des revenus qui augmentent engendrent un cercle vertueux qui permet la constitution d’un patrimoine qui sera lui-même source de revenu supplémentaire, permettant de générer ainsi davantage d’épargne.

Les ménages qui augmentent leur épargne à revenu constant le font souvent pour des motifs de précaution face à une situation dégradée de l’activité économique et par crainte de l’avenir (risque de chômage par exemple), reportant ainsi sur le futur des consommations jugées non nécessaires. Mais de manière structurelle, il est possible de constater que l’évolution démographique et les craintes portant sur l’avenir incertain des systèmes de protection sociale et de retraite conduisent aussi les ménages à faire évoluer plus que sensiblement leur comportement d’épargne. Face à l’incertitude, l’épargne constitue un moyen de s’en protéger.
b. L’importance de la démographie dans le cycle de vie des revenus et de l’épargne
Les sociétés européennes vieillissantes sont marquées par la troisième phase du cycle de vie des revenus et de l’épargne. Une population qui vieillit est une population dont le taux d’épargne augmente en phase d’activité. L’allongement de l’espérance de vie conduit à augmenter le niveau de l’épargne afin de constituer un patrimoine plus important, et capable de répondre sur des périodes plus longues aux besoins de consommation des retraités. Le poids des générations dans les modèles de générations imbriquées développés par les économistes (Allais, 1947 - Samuelson, 1958) permet d’expliquer des perspectives de croissance différentes entre pays. Un pays disposant d’une croissance démographique forte, et donc de générations jeunes nombreuses, aura un niveau de taux d’épargne inférieur à un pays où les plus âgés ont un poids plus important.
L'essentiel
Les comportements d'épargne sont un indicateur important du fonctionnement d'une économie car il déterminent pour une part le niveau des investissements, mais aussi les anticipations des agents économiques concernant l'avenir. Une observation des différents pays permet de mettre en évidence des écarts importants dans les comportements d'épargne. Certains pays comme l'Allemagne ont un profil marqué par un haut niveau d'épargne, et d'autres comme les États-Unis par un faible niveau d'épargne.

La théorie du cycle de vie des revenus et de l'épargne expliquent pour une large part ces différences et en particulier les effets du régime démographique sur les comportements correspondants.

De nombreux facteurs influencent les comportements d'épargne, fiscalité, anticipations par rapport à l'avenir, mais le vieillissement démographique joue aussi un rôle important, d'autant que ce processus augmente l'incertitude sur la capacité de financement de la protection sociale, et des retraites en particulier.
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