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Cours de Economie Terminale STMG - La politique de croissance


Note par nos Maxinautes :  
Objectifs : quelles ont été les principales étapes économiques du XXsiècle ? Sommes-nous aujourd'hui dans une phase favorable à la croissance économique ? Dans quelle mesure les gouvernements peuvent-ils agir en faveur de cette croissance ?

Le XXe siècle a connu de nombreuses crises, mais aussi une longue période de croissance qui a concerné l’ensemble des pays industrialisés. Aujourd’hui, un nouveau cycle semble s’amorcer ; la « nouvelle économie » (basée sur Internet et les TIC - Technologie de l’Information et de la Communication) serait à l’origine de cette reprise.
1. Historique des fluctuations économiques
a. Des crises de l’Ancien régime aux crises industrielles
Les crises de l’Ancien régime sont des crises de sous-production agricole (dues en général à de mauvaises récoltes) : la pénurie agricole entraîne une hausse du prix des produits alimentaires qui entraîne une baisse de la demande des produits artisanaux (le revenu disponible étant consacré pour une plus grande part au budget alimentaire), ce qui engendre une baisse des prix des produits artisanaux (offre supérieure à la demande), qui a pour conséquence des faillites des entreprises artisanales, et donc des crises (chômage, pauvreté...).
 
Les crises modernes sont des crises de surproduction industrielle : l'offre, trop importante, ne trouve pas de débouchés suffisants sur le marché ; d’où, une offre supérieure à la demande qui fait que les entreprises doivent baisser leurs prix, et ne sont plus rentables et en situation de crise (faillites, licenciements, pauvreté…).
b. La crise de 1929
Les faibles taux d'intérêt aux États-Unis incitent les particuliers à emprunter pour spéculer en bourse. Une perte de confiance subite des détenteurs de titres entraîne des ventes massives et un effondrement des cours le 24 octobre 1929 (on parle du « Jeudi noir »). Les victimes de ce krach boursier ne peuvent rembourser leurs banques ; beaucoup d'entre elles font faillite, entraînant la faillite des entreprises industrielles et commerciales.
c. La période 1945/1973 : une phase de croissance économique rapide et équilibrée
La période de 30 glorieuses est marquée par l’oubli des cycles ; elle se traduit par 30 ans de croissance économique soutenue, une inflation modérée (autour de 4 %), un taux de chômage faible et de courte durée. Diverses raisons expliquent la conjoncture favorable de cette période :

- le baby-boom d’après-guerre a maintenu un niveau de demande élevé et a donc favorisé le développement de l’activité des entreprises ;
 
- l’augmentation de la production a permis les créations d’emplois (situation proche du plein emploi à cette période) ; le niveau des revenus distribués s’est donc accru et a favorisé la diffusion de biens tels que l'automobile, la télévision, le lave-linge…ainsi que la diversification alimentaire (qui eux-mêmes ont permis le soutien de l’activité économique de nombreux secteurs) ;

- l’ouverture des frontières a stimulé les investissements de capacité et de productivité ;

- les politiques économiques mises en place ont efficacement régulé le marché.
d. La rupture des années 1970
1973-1974 marque une rupture dans l’expansion économique quasi continue que connaissaient les pays industrialisés depuis 1945 et débouche sur 30 ans d'une crise qui se manifeste par les phénomènes suivants :

- un ralentissement très net du taux de croissance ;

- une augmentation du chômage qui atteint aujourd’hui un seuil critique dans de nombreux pays industrialisés ;

- une période de forte inflation (hausse continue du niveau général des prix), puis de désinflation (ralentissement durable du rythme de hausse du niveau général des prix) depuis 1985.
 
1997 marque le point de départ d’une crise financière qui touche tout d’abord la Thaïlande. Mais la crise ne s’arrête pas là ; les mêmes signes de tensions apparaissent en Indonésie, aux Philippines et en Malaisie, puis en Corée et en Russie, avec les mêmes effets. Elle provoque un arrêt brutal de la croissance des pays émergents, une baisse de la prise de risque des investisseurs et un ralentissement des échanges mondiaux.

Quelques explications de la crise

- Les chocs pétroliers

Même si l’activité économique commençait à s’essouffler à la fin des années 1960, le quadruplement du prix du pétrole fin 1973 a joué le rôle de déclencheur de la crise (inflation par les coûts). Ce premier choc pétrolier sera suivi d’un second choc en 1979. La croissance est alors totalement interrompue dans l’ensemble des pays de l’OCDE (Organisation de Coopération et de Développement Économiques) : on parle de période de stagflation (phénomène alliant stagnation de la croissance et inflation, ou hausse générale).

Comme à cette époque de nombreux pays pratiquent l’indexation des salaires (ou clause d'échelle mobile, l’indexation salariale est le fait de lier automatiquement l’évolution des salaires à l'évolution d'une ou plusieurs données économiques − souvent le taux de croissance et l’inflation − pour empêcher la perte de pouvoir d’achat. L’indexation salariale est aujourd’hui interdite sauf pour la fixation du salaire minimum interprofessionnel de croissance − SMIC) sur les prix, une spirale inflationniste se met en place.

- La contrainte extérieure

Les économies des pays industrialisés sont désormais concurrencées par les pays à bas salaires. Cela a entraîne de nombreuses délocalisations, donc du chômage.

- La crise de l’organisation fordiste

On assiste, dans les pays industrialisés, à une baisse de la productivité du facteur travail, due en particulier au rejet des conditions de travail du fordisme (mode d'organisation du travail inventé par Henry Ford dont l’objectif est d'accroître la production et la productivité de l'entreprise, grâce notamment à la division du travail, à la parcellisation des tâches et au travail à la chaîne).

De plus, les emplois d’exécution et de faible qualification ont disparu en raison d’une plus grande substitution capital/travail (les machines remplacent les hommes pour les tâches répétitives).

- Le ralentissement de la consommation

La consommation qui avait été l’un des moteurs essentiels de la croissance après-guerre tend aujourd’hui à s’essouffler du fait en partie de la saturation des besoins.
e. Un début de XXIe siècle qui marque un retour contrasté vers une phase de croissance
L’ouverture de certains pays comme la Chine et l'apparition d'une nouvelle vague de technologies (liées à Internet et aux TIC, Technologies de l’Information et de la Communication) permettent d'envisager une reprise de la croissance économique.

Toutefois, cette phase de relance est loin de ressembler à la période des « 30 glorieuses ». La croissance actuelle s'accompagne d'inégalités dans la répartition des richesses et de lourds problèmes sociaux (chômage, pauvreté, diminution de la couverture sociale...).
2. Les politiques de croissance
a. Les politiques de relance par la demande (ou politiques keynésiennes)
Relancer la consommation : en diminuant les impôts, en augmentant les revenus de transfert (RMI, allocations familiales...) ou le SMIC, en créant des emplois publics…
En effet, quand un acteur économique reçoit un revenu, il peut soit le dépenser (accroissement de la consommation), soit l’épargner (favorable à l’investissement des entreprises). On parle d’effet multiplicateur car tout revenu supplémentaire se répercute sur l’ensemble du circuit économique.

Relancer l’investissement : la relance de la consommation permettra une relance de l’investissement. On parle d’effet accélérateur. En effet, quand les capacités de production des entreprises sont déjà pleinement utilisées, toute consommation supplémentaire nécessite de nouveaux investissements, donc de nouvelles embauches donc une nouvelle distribution de revenus...
b. Les politiques de relance par l’offre (ou politiques libérales)
Les solutions libérales préconisent, non pas de stimuler la demande, mais plutôt d'encourager les entreprises à produire davantage ; parmi ces solutions, on peut proposer de :

limiter l’intervention de l’État par une politique de privatisation des entreprises nationalisées et par une diminution des contrôles étatiques, afin de permettre au marché de fonctionner sans entraves (libre jeu du marché) ;

favoriser la baisse des charges qui incombent aux entreprises (cotisations sociales, prélèvements fiscaux...) afin d’instaurer une désinflation compétitive (la baisse des charges permettra une baisse des prix de vente ce qui développera la compétitivité nationale mais aussi internationale des entreprises) ;

limiter l’endettement public afin de pouvoir diminuer la pression fiscale.
c. Les limites des politiques anti-crises
L’interdépendance des économies et la contrainte extérieure limitent la portée des politiques interventionnistes. De plus, les contraintes liées à la mise en place de l’UEM (Union Économique et Monétaire) ont restreint la liberté d’agir des États membres au niveau de leur politique économique : nécessité du maintien d’un certain équilibre budgétaire, fixation des taux d’intérêt par la BCE (Banque Centrale Européenne), abandon de la souveraineté monétaire…
L’essentiel

Le XIXe siècle et la première moitié du XXsiècle sont des périodes marquées par des crises de sous-production agricole puis de surproduction industrielle ; les pays industriels connaissent par la suite (de 1945 à 1973) une période faste, appelée les « 30 glorieuses ».

Le choc pétrolier de 1973 a marqué la rupture de ces 30 années de croissance économique continue et a eu notamment pour conséquence l'augmentation du chômage et de l’inflation.

La mise en place de politiques de rigueur dans les années 1980 (notamment pour maîtriser l'inflation), ainsi que l’arrivée d’innovations technologiques (on parle de « nouvelle économie » avec le développement d’Internet et des TIC, Technologies de l’Information et de la Communication) dans les années 1990, permettent une timide relance de la croissance.

Afin de stimuler cette croissance, les gouvernements ont eu le choix entre :
• une politique de relance par la demande ;
• une politique de relance par l'offre.

L’interdépendance des économies et la contrainte extérieure limitent la portée des politiques interventionnistes.
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