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Cours de ECJS Terminale ES - Argent et modes de vie


Note par nos Maxinautes :  
Objectifs :
La monnaie est une façon de concrétiser l'argent. Le début de l'utilisation de la monnaie est difficile à dater. Cependant, on peut situer l'invention de la première monnaie métallique au 7e siècle avant J.-C., chez les Grecs d'Asie mineure. À notre époque, la monnaie est presque totalement dématérialisée ; les échanges monétaires sont virtuels.
Quels sont aujourd’hui les usages sociaux de l’argent ? À quoi sert-il ? Comment le gagne-t-on ? Comment le dépense-t-on ? Quel rapport notre société entretient-elle avec l’argent ? Quelles sont les dérives ?
« L'argent ne fait pas le bonheur », « jeter son argent par les fenêtres »... Il existe plus d'une centaine de proverbes et expressions sur l'argent. L'argent n'est pas neutre, il est, selon Emile Durkheim, un « fait social », c'est-à-dire « toute manière de faire, fixée ou non, susceptible d'exercer sur l'individu une contrainte extérieure ; ou, qui est générale dans l'étendue d'une société donnée tout en ayant une existence propre, indépendante de ses manifestations individuelles » (E. Durkheim, Les règles de la méthode sociologique).
1. Argent gagné, argent dépensé
a. La provenance de l'argent et son utilisation
La monétarisation est lié à la marchandisation de la société. Pour Keynes, la monnaie a des effets sur l’économie réelle car elle peut être désirée pour elle-même (précaution, spéculation) et non plus seulement pour les échanges.

L'argent provient d'activités légales et/ou illégales. Il peut être le fruit d'un travail, d'un service rendu, d'une bonne action récompensée, de l'argent de poche ou la constitution et l'accroissement d'un capital, un revenu locatif, un héritage, une rente... Il peut également être le résultat d'un vol, de contrefaçon, de blanchiment, d'exploitation de l'humain... L'argent n'est donc pas neutre, il peut être sale ou avoir une odeur (celle du crime, de la trahison, etc.).
Il permet l'accession à la propriété qui est le fondement du capitalisme.

Aujourd'hui, l'argent est dématérialisé. Il y a de moins en moins d'échanges d'espèces sonnantes et trébuchantes. Les pièces et les billets sont remplacés par la carte bleue, le chèque, le bon d'achat, l'avoir... À la bourse, des sommes colossales sont échangées virtuellement.

Selon sa provenance, l'argent n'est pas utilisé de la même façon. Viviana Zelizer, professeure de sociologie à l'université de Princeton (USA) a beaucoup travaillé sur la sociologie économique et notamment, sur la signification sociale de l'argent. Elle donne, dans son ouvrage, La signification sociale de l'argent, différents exemples de l'utilisation de l'argent. Ainsi, le membre d'un gang explique qu'il fait des dons à l'église avec l'argent de poche donné par sa mère et non pas avec l'argent de ses vols. De même, elle note qu'au Japon, on offre régulièrement de l'argent pour les événements importants de la vie (naissance, diplôme, mariage) mais que les billets sont obligatoirement neufs et joliment emballés. Dans le cas contraire, le cadeau prendrait une autre dimension et pourrait être ressenti comme une tentative de corruption.
b. L'argent dans la définition des positions sociales
La monnaie est un élément de pouvoir. Elle influence les rapports entre les gens. Ainsi, un euro gagné en salaire n’équivaut pas à un euro, reçu comme argent de poche ou un euro de prestation sociale. La monnaie est marquée socialement.

Prenons l'exemple de l’argent versé par un homme à une épouse au foyer. Sera-t-il défini comme le paiement d’un travail domestique ou comme un « cadeau » fait par l'époux ? De même, comment cet argent pourra-t-il être utilisé : servira-t-il uniquement aux dépenses du ménage ou également aux dépenses personnelles de l’épouse ?

Des rapports de pouvoir se dessinent alors en opposant différents groupes : les femmes à leur mari, les enfants opposés à leurs parents, les travailleurs sociaux aux bénéficiaires de prestations, celui qui travaille à celui qui gère le foyer, etc.

Pour Georg Simmel, philosophe et sociologue allemand du 19e siècle, l'argent est « l'outil absolu » qui exprime « la totalité des buts » (Philosophie de l'argent). L'argent apporte de la valeur et une considération sociale. Ainsi, pour Simmel, l'étranger, n'ayant pas les mêmes droits que les citoyens de son pays de résidence, cherchent à compenser leur « infériorité » sociale par une supériorité économique.
2. Les dérives
a. Les écarts de rémunération
Aujourd'hui, dans le monde, les femmes effectuent les deux tiers des heures travaillées et produisent plus de 50% des richesses, cependant elles ne gagnent que 10% des revenus et possèdent 2% des terres. En France, en 2009, les femmes ont une rémunération annuelle brute inférieure aux hommes de 24% (Ministère du travail et de l'emploi). Malgré les différentes tentatives politiques, les femmes se heurtent toujours à ces inégalités criantes et injustifiées.

Par ailleurs, le patron d'une entreprise de moins de 50 salariés gagnera en moyenne 6 733 € brut mensuels quand celui d'une entreprise de plus de 250 salariés touchera 17 475 €.  
Les grands patrons du CAC 40 atteignent des salaires vertigineux tels que celui du PDG Michelin (4,5 millions d'euros en 2010) et le PDG de LVMH (3,9 millions d'euros), soient, environ 260 smic (salaire minimum) par mois chacun.

Comment expliquer, voire justifier les écarts de rémunérations ? Que paye-t-on ? La productivité, le rendement, un savoir, les risques pris, les responsabilités ?

Depuis la crise de 2008, les grosses rémunérations et les primes de départ parfois colossales offertes aux cadres dirigeants, quelle que soit leur réussite sur leur poste (parachute doré), ont choqué l'opinion. Ainsi, Pierre Moscovici, Ministre de l'économie, des finances et du commerce extérieur, a proposé en juin 2012 une mesure de plafonnement à 20 fois la moyenne des plus bas salaires, de la rémunération des dirigeants des entreprises publiques détenues majoritairement par l'État (EDF, Areva, SNCF, La Poste, RATP etc.).
b. Le surendettement
Notre société est une société de consommation. Partout et tout le temps, on est sollicité par un nouvel article. La publicité crée des manques et des frustrations qui poussent à la consommation et peuvent mener au surendettement. Le surendettement est, selon l'article L. 330-1 du code de la consommation, « caractérisé par l’impossibilité manifeste pour le débiteur de bonne foi de faire face à l’ensemble de ses dettes non professionnelles exigibles. » Ainsi, une personne qui ne gagne pas suffisamment pour honorer ses dettes (crédits divers) sera en surendettement.

Pour s'offrir ce qui les tente, certains ménages souscrivent à des offres alléchantes à priori mais dangereuses. En effet, certaines enseignes proposent des cartes de paiement qui permettent de régler un achat en plusieurs mensualités. Or, le taux de crédit est important (entre 12 et 20%). En outre, avec les crédits revolving (crédit à la consommation permanent), on peut sans cesse réemprunter la somme remboursée sans fournir de nouveaux justificatifs de revenus. Ces crédits sont simples d'utilisation et souples mais, accordés sans vérification des capacités de remboursement des demandeurs, ils peuvent mener les plus fragiles à la catastrophe.
L'essentiel
L'argent n'est pas neutre. Il est un fait social total, omniprésent dans la vie sociale et économique qui, au-delà de ses fonctions premières de facilitation des échanges et d'instrument des valeurs, devient un moyen d'afficher son rang social (relations de pouvoir et consommation ostentatoire) et créateur de déviances. Quand l'argent devient une fin en soi, il développe les égoïsmes, devient une forme d'aliénation et provoque des violences physiques et psychologiques.
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