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Cours de Histoire-géographie Terminales - De nouveaux Etats face à de nouveaux défis


Note par nos Maxinautes :  
En 1955, au moment de la conférence de Bandung, le mouvement de décolonisation est déjà amorcé avec les indépendances de l'Inde acquise en 1947 et de l'Indochine en 1954.

Comment affirmer son identité face au capitalisme des Etats-Unis et au communisme ? Comment créer une identité nationale et accéder à la démocratie ? Comment développer des économies malmenées par la période coloniale ?
1. Naissance du tiers monde
a. La conférence de Bandung
Elle marque, à plus d’un titre un tournant dans l’histoire de la décolonisation. Inattendue tout d’abord parce que les deux grands vainqueurs de la Seconde Guerre mondiale sont absents : ils n’ont pas été invités par les organisateurs qui veulent prouver qu’une troisième voie incarnée par le « Tiers Monde », expression forgée par Alfred Sauvy, est possible.

Novatrice aussi parce qu’en réunissant vingt-trois Etats d'Asie et six d'Afrique, cette conférence rassemble plus de la moitié de la population mondiale.

Remarquable également parce que des personnalités de premier plan dominent cette conférence, Zhou En-Lai pour la Chine, Nehru pour l’Inde ou Nasser pour l’Egypte.
b. Les revendications
Elles s’affirment lors de la conférence mais aussi plus tard à la tribune de l’ONU, largement ouverte aux pays du Tiers Monde :
- respect des droits humains,
- respect des intégrités territoriales et des souverainetés,
- règlement pacifique pour tous les conflits internationaux,
- égalité entre les peuples et les nations, quelle que soit leur taille,
- exigence d’un juste équilibre financier dans les échanges avec les ex-puissances coloniales et aide financière de ces dernières pour favoriser le développement des nouveaux Etats.

En 1964, la naissance de la Conférence des Nations Unies sur le Commerce et le Développement (CNUCED) symbolise ces revendications économiques. Les pays du Tiers Monde y dénoncent « l’échange inégal » et rendent responsables du sous-développement les sociétés multinationales qui pillent les richesses des pays pauvres et y imposent des cultures d’exportation au détriment des cultures vivrières.
c. Le non alignement
La conférence de Belgrade, qui s'est tenue en 1961, prolonge celle de Bandung et installe la doctrine du non alignement.

Nasser, Nehru et le dirigeant yougoslave Tito, désireux de prendre ses distances vis-à-vis de l’URSS, affirment le droit de refuser d’appartenir à l’un des deux blocs et la possibilité de permettre au Tiers Monde de jouer pleinement son rôle dans la politique internationale et d’y défendre ses intérêts.

De nombreux pays d’Afrique, d’Asie et d’Amérique latine qui se reconnaissent dans la lutte menée pour la décolonisation et le développement par ce mouvement des non-alignés y adhèrent.
2. Les défis politiques
a. L’impossible démocratie
Le manque d'expérience démocratique de ces nouveaux Etats explique le fait que ce sont en général des régimes autoritaires qui s’installent au lendemain des indépendances. Ces régimes sont dominés par un parti unique, émanation politique du mouvement indépendantiste qui a mené la lutte pour l'émancipation, comme par exemple le FLN en Algérie.

Bien souvent c’est l’armée qui prend le pouvoir par le biais de coups d’Etat, nombreux notamment en Afrique.

En Asie se sont surtout des régimes autoritaires pro-communistes qui s’emparent du pouvoir mais, l’Inde, qui a opté pour la voie démocratique, y fait figure d’exception.
b. des rivalités internes
Les pays nouvellement indépendants essaient d'imiter le modèle occidental de l’Etat-nation. Si en Europe le sentiment national a précédé la constitution des Etats, ici les Etats se constituent en dehors de tout sentiment national.

Ainsi en Afrique, les frontières des anciennes colonies ne tiennent pas compte des réalités ethniques : des ethnies différentes doivent coexister sur le même territoire ou au contraire une même ethnie peut se trouver à cheval sur deux ou trois Etats voisins.

La notion de frontière n’a alors plus aucun sens. Cette situation entraîne donc des conflits comme par exemple celui du Biafra au Nigeria. Ces conflits affaiblissent encore un peu plus des Etats déjà en grande difficulté.

A ces dissensions ethniques, il faut ajouter les clivages politiques entre les partisans d’un modèle de développement inspiré du marxisme et ceux qui se réfèrent au modèle occidental. Dans ces conditions l’armée apparaît souvent comme la seule force organisée capable de diriger avec un minimum d’ordre.
c. Quelle place sur la scène internationale ?
Malgré le désir de non-alignement affiché à la conférence de Belgrade, il est difficile pour la plupart des pays décolonisés de se tenir à l’écart de l’influence d’un des deux blocs, ce qui provoque progressivement  la division du Tiers Monde.

Cette division alimente les foyers de tension liée à la guerre froide comme au Vietnam par exemple où une seconde guerre oppose, entre 1962 et 1975, le sud, soutenu par les Etats-Unis, au nord aidé par l’URSS. Ce conflit aboutit en 1976 à la réunification du pays sous le nom de République Socialiste du Vietnam.

Dans son désir d’unité le Tiers Monde favorise l'émergence de regroupements régionaux comme par exemple l’Organisation de l’Unité Africaine (OUA) née en 1963. Cette organisation souhaite stabiliser les frontières issues de la colonisation afin de ne pas créer de nouveaux conflits territoriaux entre les Etats. Elle s’oppose ainsi à un certain nombre de chefs d’Etats comme Léopold Sedar Senghor au Sénégal qui conteste le tracé de ces frontières et milite pour le panafricanisme.

Enfin un autre clivage oppose les pays du Tiers Monde qui s’enrichissent très vite grâce au pétrole et se regroupent dans l’OPEP (Organisation des Pays Exportateurs de Pétrole) et ceux qui s’enfoncent dans la pauvreté et la dépendance, les Pays les Moins Avancés (PMA).
3. Les défis économiques
a. L’échange inégal
A la fin des années 60, la situation d'un certains nombre de jeunes Etats est alarmante : le pouvoir d’achat des pays du Tiers Monde, ceux de l’OPEP exceptés, diminue sans cesse alors que leur endettement s’accroît.

Les pays pauvres sont de plus en plus pauvres. La production de denrées alimentaires diminue au profit de produits agricoles d’exportation mais le prix de ces denrées d’exportation échappe aux pays producteurs.

Il y a donc dégradation des termes de l’échange car le prix des produits manufacturés et des produits alimentaires importés augmente sans cesse.

Dans ces conditions, les directives du FMI (Fonds Monétaire International) qui incitent à produire toujours plus de produits destinés à l’exportation et à limiter au maximum les importations, apparaissent totalement inadaptées.

Malgré quelques réussites, Gabon et Nouveaux pays Industrialisés (NPI) d’Asie, le manque de capitaux propres, l’absence de cadres locaux et d’une main-d’œuvre qualifiée sont autant d’obstacles insurmontables à court et moyen terme.
b. La contrainte démographique
Par ailleurs, la plupart de ces Etats nouvellement indépendants est incapable de contrôler l’accroissement de la population lié à la première phase de la transition démographique (baisse de la mortalité et maintien d’une natalité forte).

Partout la croissance de la population est plus rapide que les progrès de l’économie même dans des Etats comme l’Inde où un développement autocentré, avec de réels progrès en agriculture vivrière, limite les échanges avec l’extérieur.

Le Tiers Monde doit faire face à une population jeune à laquelle il n’a aucun avenir à offrir : incapacité à nourrir, vêtir, éduquer ou soigner ses enfants en dehors de l’aide internationale.

L’assistanat a remplacé la colonisation et les sociétés étrangères continuent à dominer les économies locales comme l’ont fait précédemment les puissances coloniales.
c. Le néocolonialisme
A l’aube du XIXe siècle, nombre de pays du Tiers Monde sont toujours en panne de développement. Ils dépendent des organisations internationales : du PNUD (Programme des Nations Unies pour le développement), du PAM (Plan Alimentaire Mondial), de l'UNICEF pour la prise en charge globale des jeunes enfants et de diverses autres ONG pour la santé.

Leurs économies sont en faite entre les mains de puissances étrangères et même le prix de vente des matières premières qu’ils exportent leur échappe puisque ce sont les bourses de New York ou de Londres qui le fixent.

Le FMI leur impose des conditions financières drastiques, totalement déconnectées des réalités locales. Dans ces conditions on peut considérer que le néocolonialisme a pris la suite du colonialisme et que la plupart des pays du Tiers Monde sont encore des pays contraints, en particulier les pays d'Afrique noire.
L’essentiel

Le formidable espoir qu’avait fait naître l’accès à l’indépendance pour les pays anciennement colonisés s’est transformé aujourd’hui en amertume pour nombre d’entre eux. 

Excepté quelques pays très riches grâce à leur rente pétrolière (mais où la richesse est bien mal redistribuée) et quelques autres qui ont réussi leur décollage économique grâce à une main-d’œuvre abondante et peu coûteuse, la plus grande partie des pays nés de la décolonisation est toujours sous la domination économique, et pour certains politique, des pays du Nord.
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