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Cours de SES - Capacité et besoin de financement

1. La mise en relation des besoins et des capacités de financement
a. Les capacités et besoins de financement
Les revenus provenant de l'activité économique permettent d'honorer les dépenses courantes. Une fois ces dépenses effectuées, il reste parfois un solde positif : l'épargne ou la capacité de financement. Cette épargne peut servir à deux choses : investir ou prêter la somme à d'autres agents ayant des besoins de financement.

Les ménages empruntent pour acquérir leur logement ou leur véhicule, mais ce sont surtout les entrepreneurs qui ont des besoins de financement importants, leurs investissements étant lourds et nombreux. Les comportements d'épargne ou d'investissement dépendent fondamentalement des anticipations des agents économiques : en période dépressive, les agents vont sans doute augmenter leur épargne de précaution et différer les investissements.

C'est ce qui s'est passé à la fin des années 1990. Les entreprises ont en réalité peu investi (leur taux d'autofinancement a ainsi pu dépasser 100 %). Les ménages ont eu des taux d'épargne élevés de 15 % en moyenne. Cette attitude a également été favorisée par des taux d'intérêt élevés sur la période.
b. Le financement intermédié
Ce sont les banques qui réalisent la rencontre virtuelle entre les possesseurs d'épargne et les emprunteurs potentiels : elles collectent les ressources auprès de ceux qui ont des excédents à placer, et prêtent à ceux qui ont des déficits à financer. Ce financement intermédiaire passe par le crédit bancaire, de court ou de long terme. Le coût du crédit dépend du taux d'intérêt réel, tenant compte de la valeur de l'inflation.

Jusqu'aux années 1980, ce mode de financement était très largement majoritaire, les entreprises ayant des taux d'autofinancement assez faibles. Cette économie d'endettement était par ailleurs favorisée par des taux d'intérêt réels quasi nuls, puisque l'inflation était très élevée. La baisse brutale du niveau de l'inflation à partir des années 1980 a cependant changé la donne.
2. La mutation des circuits de financement
a. Le développement de la finance directe
Les banques n'ont pas le monopole du financement des entreprises. Celles-ci peuvent se financer directement auprès d'apporteurs de capitaux, via notamment les marchés de titres financiers. Cette solution s'est largement développée depuis 1985 avec l'ouverture internationale des marchés de capitaux et la volonté des entreprises de trouver un financement moins coûteux.

La finance directe se fait principalement par émission d'actions (titres de propriété librement négociables) ou d'obligations (titres de dettes remboursables à terme). À la bourse, le marché primaire désigne les émissions d'actions nouvelles, du fait d'une augmentation du capital des entreprises ou d'une introduction de nouvelles sociétés. Le marché secondaire est un marché « de l'occasion », où s'échangent journellement les titres déjà émis. La valeur des actions dépend des « fondamentaux » (chiffre d'affaires, ratio de rentabilité, etc.), des dividendes versés et des anticipations des agents.
b. De nouveaux risques
Ce nouveau mode de financement connaît malheureusement deux limites.

• Tout d'abord, le développement de la gestion collective de l'épargne par les investisseurs institutionnels (fonds de pension, OPCVM – Organismes de Placement Collectif en Valeurs Mobilières,...) a renforcé le pouvoir de l'actionnaire. Les entreprises sont donc contraintes de « créer de la valeur » pour l'actionnaire : les dividendes annuels versés doivent avoisiner 10 %, y compris au prix de licenciements ou de restrictions budgétaires.

• Ensuite, ces marchés financiers sont soumis à la spéculation et à l'instabilité. Une déconnexion entre les sphères réelles et financières est toujours possible lorsque les investisseurs ont des comportements mimétiques et financent massivement un secteur sans réflexion sur sa viabilité. L'effondrement de la bulle spéculative Internet en l'an 2001 nous le montre bien. La contagion à d'autres sphères de l'économie ou à d'autres pays peut ensuite être immédiate, ce qui fait dire qu'il existe aujourd'hui un véritable risque-système.
L'essentiel
Pour couvrir les besoins par les capacités de financement, deux solutions sont possibles : l'intermédiation bancaire ou la finance directe par actions ou obligations. Cette dernière solution s'est très largement développée depuis vingt ans, malgré les risques qu'elle fait porter sur l'ensemble de l'économie.
Note par nos Maxinautes :  

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