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Cours de Histoire-géographie - Les flux de population et les grands courants de migration à l'intérieur de l'Europe

 

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cours d'Histoire-géographie 

Les flux de population et les grands courants de migration à l'intérieur de l'Europe

Note par nos Maxinautes :  

Objectifs : Un des objectifs que s’étaient donnés les pères de la CEE, à sa naissance, était de développer la mobilité des personnes à l’intérieur de cette Europe naissante. Qu’en est-il presque un demi siècle plus tard ? La multiplication des moyens de transport, les projets communs, l’harmonisation monétaire ont-ils dynamisés les mouvements de personnes dans cette Union Européenne à la hauteur des espérances passées ? Quelles sont les régions attractives et celles qui au contraire perdent de la population ? Voilà quelques unes des questions auxquelles nous allons tenter de répondre ici.
1. Les facteurs de la mobilité interne
a. Le développement de ces facteurs
Plusieurs facteurs convergent pour favoriser le développement des migrations intra-européennes. La libre circulation des personnes est prioritaire et à ce titre la création de l’Espace Schengen, qui recouvre 23 états de l’Union européenne et 2 pays associés hors Union européenne – l’Irlande et le Royaume Uni n’en font pas partie - a été déterminant.

La monnaie unique, l’Euro, a également été un facteur favorisant de même que la création d’une citoyenneté européenne. Les programmes destinés aux étudiants européens, Erasmus devenu Socrates, Léonardo da Vinci, Lingua, et Tempus, après la chute du rideau de fer, ont également été un élément moteur pour la mobilité des jeunes européens qui peuvent poursuivre leurs études supérieures dans l’un ou l’autre pays de leur choix.

Enfin, il ne faut pas oublier les connexions des réseaux de transport - on peut aller en TGV de Bruxelles à Séville - et les liaisons interétatiques, tunnel sous le Mont blanc ou tunnel sous la Manche.
b. Se déplacer : un élément essentiel du fonctionnement social
A l’inverse de ce que l’on observe dans les pays totalitaires, la mobilité est une donnée intrinsèque à la démocratie. Tout fonctionnement social implique l’exercice de la libre circulation, que ce soit pour son travail, pour ses loisirs ou pour accéder à des services supérieurs.

Migrations pendulaires de travail à travers les frontières – les alsaciens vont travailler en Allemagne où les salaires sont supérieurs-, migrations à plus long terme de jeunes cadres français qui s’expatrient au Royaume Uni pour bénéficier d’un environnement économique moins contraint, migration définitive enfin des retraités anglais qui viennent s’installer dans le sud ouest français à la recherche d’un mode de vie moins trépidant que celui des grandes villes britanniques.
c. Des facteurs internes à chaque pays
Dans chaque état de l’Unon européenne existent des zones de départs et des zones attractives. Elles peuvent être des régions sous développées économiquement, ou bien en crise de reconversion. Elles peuvent être aussi des régions hyper urbanisées à grande concentration humaine et/ou industrielle qui deviennent par là même répulsives pour ceux qui peuvent s’en échapper.

D’une façon générale, la douceur du climat et l’ensoleillement, la présence d’activités tertiaires de haut niveau, l’existence d’activités liées à la haute technologie, la qualité des paysages, l’environnement culturel, la densité des vecteurs de communication, la proximité d’un grand aéroport, sont des éléments qui fondent l’attractivité d’une région.
2. L’exemple français
Les migrations qu’a connues l’espace national peuvent se décliner en trois temps.
a. L’exode rural
Il a commencé au XIXe siècle, s’est poursuivi durant toute la première moitié du XXe siècle mais c’est le passage à une agriculture mécanisée et productiviste, après le Seconde Guerre mondiale, qui donne toute son ampleur à cette migration de la campagne vers la ville : la Dordogne, l’Auvergne, le Limousin, la Champagne dessinent alors la « diagonale du vide », France sous-peuplée, sous-industrialisée, avec des formes de mise en valeur agricole aujourd’hui dépassées et qui continue à perdre de la population.
b. La croissance des grandes villes
Dans le même temps, la population des grandes villes s’accroît et le tissu urbain s’étend largement, souvent en suivant des axes naturels, vallée de la Seine ou de la Marne pour Paris, couloir rhodanien pour Lyon. Il faut loger les nouveaux migrants mais aussi installer, dans le contexte de forte croissance des Trentes Glorieuses, d’industrialisation rapide.
c. Des littoraux actifs
Enfin, ce sont les littoraux français, de Nantes à la frontière espagnole et de Cerbère à Menton qui connaissent un solde migratoire largement positif.

La transformation des rivages en espaces attractifs est due à :
• La mise en place des technopoles.

• L'héliotropisme pour les retraités aisés.

• Le développement du télétravail.

• Le développement de l’industrie du tourisme.
La densification du réseau autoroutier, les transports rapides, la démocratisation de transport aérien, la multiplication des réseaux de télécommunication facilitent et justifient ces migrations actuelles.
3. La régionalisation des migrations en Europe
a. Les régions de forte émigration
Trois types de régions sont principalement touchées :
•  Des régions en retard économique, peu industrialisées, avec un niveau de vie inférieur à la moyenne nationale. On a le nord de la Grèce ( Epire, Macédoine, Thrace ) ,le Mezzogiorno italien au sud de Naples ( Pouilles, Calabre ), la Sardaigne et la Sicile, le sud ouest de l’Espagne ( Estrémadure, Andalousie intérieure ) et le nord ouest du Royaume Uni et Irlande du nord.
•  Des régions en crise et/ou en reconversion comme la France du nord ( Nord-Pas-de-Calais, Lorraine ), ou le nord-ouest de l’Espagne ( la Galice ). Entrent aussi dans cette catégorie, les Länder de l’ex-RDA qui connaissent un fort différentiel avec ceux de l’ex-RFA malgré les efforts de rattrapage faits depuis 16 ans pour fixer les populations.
•  Des régions qui subissent une hyperurbanisation, très densément peuplées, où les conditions de vie deviennent difficiles : déplacements fastidieux, cherté de l’habitat, pollutions en tous genres. Il en est ainsi de la région parisienne ou de la Ruhr en Allemagne dans le Land de Rhénanie du Nord-Westphalie qui compte les plus fortes densités de l’état avec la conurbation Essen-Duisbourg-Dortmund-Düsseldorf-Cologne-Bochum.
b. Les régions attractives avec solde migratoire positif
Le grand Londres, malgré sa forte urbanisation, reste une région attractive. En Allemagne, la Bavière, plus grande que la Belgique, le Danemark ou les Pays Bas, plus peuplée que l’Autriche, la Grèce ou le Portugal, connaît une croissance démographique soutenue par solde migratoire positif.

Au sud de l’Union européenne, un vaste arc qui englobe le littoral atlantique français puis tout le sud-ouest, les départements méditerranéens, les Alpes de sud, l’Italie du nord ( Piémont, Ligurie, Lombardie, Emilie Romagne, Vénétie ). Sans oublier, plus au sud, la côte espagnole de Murcie à la frontière française.
c. Les enjeux
Au final, les mouvements de personnes interétatiques, restent en deçà des objectifs fixés exception faite des flux transfrontaliers. Il existe en effet un certain nombre de freins à ces migrations internes.

D’abord la barrière de la langue qui reste un obstacle pour toute une partie de la population adulte ; c’est sans doute moins vrai pour les jeunes. L’équivalence des diplômes et des qualifications n’est pas encore achevée et freine les migrations de nature professionnelle.

Les systèmes sociaux sont loin d’être harmonisés : assurances sociales, assurances médicales, salaires, qualité des soins, systèmes de retraites, chacun joue encore sa propre partition.

Enfin, il ne faut pas sous-estimer le poids des traditions et des mentalités dans des états dont le riche passé et la longue histoire font la différence avec les Etats-Unis où changer de ville, de région ou d’océan ne pose aucun problème.
L’essentiel
Force est de constater que les migrations intra européennes restent un phénomène encore assez peu actif. Certes les passages transfrontaliers se sont largement développés mais la mobilité des européens reste en deçà de ce que l’on constate aux Etats-Unis par exemple. Le poids de l’histoire et celui des traditions mettront sans doute encore quelques années à s’estomper. L’avenir est entre les mains de la jeune génération, née dans l’ Union Européenne, qui a adopté la citoyenneté européenne et pour laquelle l’obstacle de la langue aura été gommé par les études secondaires.
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