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Cours de Français Terminale L - Lorenzaccio : la portée critique de la pièce

 

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cours de Français 

Terminale L 

Lorenzaccio : la portée critique de la pièce

Note par nos Maxinautes :  

Objectifs
- Comprendre, à travers l’affrontement entre le héros romantique et le monde qui l’entoure, les valeurs exprimées par Musset dans ce drame.
- Mesurer les enjeux et la portée d’une action politique.
- Faire le lien entre la Florence du 16e siècle et la France du 19e siècle.
1. Une cité dégradée : Florence
La ville de Florence se présente comme ambivalente, prise entre son passé mythique et l’image dégradée que Musset donne à voir. Elle fait l’objet de vives critiques dans le discours de nombreux personnages.

• La tyrannie et le vice
Elle peut être considérée comme un enjeu majeur de la portée critique de la pièce dans la mesure où elle est présentée comme le berceau de la tyrannie et le lieu d’épanouissement du vice. À cet égard, Florence, comme un personnage vivant, semble à l’image de son tyran, Alexandre : « si le duc ne sait pas que sa ville est une forêt pleine de bandits… et de filles déshonorées… » (I, 1), « Florence la bâtarde » (I, 6). Cité pervertie, lieu de fêtes et de débauche, elle est très souvent érotisée par un Lorenzo très lucide : « une courtisane », « un mauvais lieu », « une catin » (II, 2). Ces images érotiques très nettement péjoratives assimilent la ville à une femme bafouée, une prostituée soumise à la tyrannie, corrompue par les excès qu’elle engendre. De ville fleur, elle devient une « fange sans nom », (I, 6) lieu par excellence de la souillure. Elle est un espace de perte des valeurs morales où le travestissement et la débauche sont valorisés.

• Des valeurs perdues
Elle est également un espace où les valeurs patriotiques sont bafouées. Philippe et Lorenzo déplorent, sur un ton pathétique, la perte de ces valeurs (« Pauvre ville ! » « Pauvre patrie ! » (II, 5) ; « Pauvre Florence ! » (IV, 7)), tandis que les bannis de la ville expriment avec amertume la nostalgie d’une grandeur passée : « spectre hideux de l’antique Florence » (I, 6). Seul Tebaldeo, le jeune peintre, exprime une vision encore idéalisée de cette cité qui est pour lui une source d’inspiration sans cesse renouvelée, en témoigne la métaphore maternelle : « ma mère Florence » (II, 2).

• Une image maternelle dégradée
Pour les bannis de la ville, en revanche, l’image maternelle est très nettement dégradée : « peste de l’Italie », « mère stérile, qui n’a plus de lait pour tes enfants » (I, 6). La ville ne joue plus son rôle de patrie nourricière et protectrice. De mère elle devient marâtre et fait l’objet de malédictions de la part des bannis : « maudites soient les mamelles de tes femmes ! ». En effet, la ville exclut ses citoyens (ses enfants pourrait-on dire) et les met à la marge. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle les espaces qui se trouvent hors de la ville sont les lieux de la révolte.

→ Patrie en danger, ville perdue, espace de fêtes qui anesthésient le peuple et contiennent la révolte : comprendre l’atmosphère viciée de la ville de Florence, c’est comprendre une partie des enjeux politiques de la pièce car Florence peut être assimilée à un double, une métaphore de la ville de Paris et de ses évènements de 1830.
2. La représentation du pouvoir et de la tyrannie
Les enjeux du pouvoir, de prime abord, ne sont pas forcément simples à appréhender. En effet, le pouvoir semble, dans l’intrigue, ramifié. Il se dessine et s’organise autour de plusieurs cercles :
- le pouvoir se concentre en premier lieu autour du tyran, Alexandre, duc de Florence.
- Le pouvoir judiciaire est représenté par Sire Maurice, chancelier des huit.
- Le pôle religieux, on le verra, joue un rôle crucial.
- Enfin, les grandes famille florentines se singularisent selon qu’elles représentent un soutien (les Salviati) ou une force d’opposition à la tyrannie (les Strozzi).

• Excès, fastes et soumission
La représentation de la tyrannie est le cœur de cible de la critique de Musset. Elle trouve son expression à travers plusieurs éléments. D’abord, les excès et les fastes qu’elle déploie et qui sont autant de manifestations de sa puissance : le bal des Nasi (I, 1) et son défilé de riches costumes ainsi que le couronnement de Côme (V, 8) en témoignent.
Par ailleurs, la tyrannie est un espace de soumission : la présence des domestiques, des pages ou du personnage de Giomo, écuyer et serviteur du duc, en sont un exemple. Mais surtout, la cour du duc est révélatrice du pouvoir tyrannique d’Alexandre. En effet, elle s’affiche comme un ensemble de pantins en représentation qui méprisent le peuple, se montrent soumis au tyran et assommés par le vin et les fêtes : « tous ces godelureaux de la cour » (I, 2). Julien Salviati, symbole de la déchéance, représente cette cour sans dignité et dépendante des faveurs du tyran : « valet de cour » (II, 1), « homme à moitié ruiné, vivant des générosités de ces Médicis » (I, 5).

• La confusion des valeurs : sphère politique et sphère privée / les femmes et l'argent
Musset présente également la tyrannie comme un espace de confusion des valeurs.

- D’une part, il faut observer la critique de la confusion entre sphère politique et sphère privée. En effet, de nombreuses femmes de Florence sont des objets de convoitise pour le duc. C’est surtout à travers l’intrigue Cibo que s’exprime la critique. La marquise, encouragée par le cardinal, devient la maîtresse du duc (II, 5-6), franchissant ainsi la frontière entre politique et relations privées. De la même façon, le duc, dès la première scène de la pièce (I, 1) croit pouvoir payer d’argent l’injure et le déshonneur faits à la sœur du brave Maffio. Là encore, le pouvoir, par l’argent, interfère dans la sphère privée, hors de toute loi. C’est en toute immoralité que
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