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Cours de Histoire-géographie - Un régime de la terreur

 
Note par nos Maxinautes :  

En 1929, Staline est parvenu à éliminer tous ses opposants politiques personnels ou à les faire fuir (Trotski).Staline prend la succession officielle de Lénine et engage son pays dans le grand tournant. La réalisation de ce projet mobilise la société soviétique dans son entier de sorte que l'exaltation de la production passe par l'instauration rapide d'un régime de terreur
1. L'instauration d'une dictature entre révolution et terreur
Lénine a contribué à la nomination de Staline au poste-clef de Secrétaire général du parti en 1922, afin de mieux le contrôler. À la mort du premier en 1924, Staline se pose en héritier politique légitime.
a. Staline et le pouvoir
• La conquête du pouvoir
Staline, le petit père des peuple, devient le chef absolu du nouveau régime, un chef charismatique et omnipotent. Il s'appuie sur un parti de masse unique, qui assure la diffusion des valeurs sociales et idéologiques.

À la différence de Mussolini et d'Hitler, la conquête du pouvoir par Staline ne se pose pas en terme de légalité électorale, mais plutôt en terme de conquête à l'intérieur du Parti communiste

• Une terreur politique et limitée
La première expression de la terreur stalinienne
est politique et limitée aux personnes qui s'opposent au Secrétaire général.

Staline fait face aux oppositions internes et dénonce les camarades d'hier qui pourraient mettre en péril le déroulement historique de la révolution bolchevique : les « indésirables », les « hypocrites » et les « carriéristes ».

Ces indésirables encourent la prison, le goulag, ou l'exécution immédiate.

Staline veut légitimer et conforter son statut, au détriment même de ses alliés et camarades de la veille. Ces mesures débouchent sur un important renouvellement des militants

• Un renouvellement des militants
Staline gratifie, privilégie et promeut des hommes, afin qu'ils lui soient redevables et ainsi qu'ils le servent.
Une relation fusionnelle s'instaure alors entre un parti et ses apparatchiks dévoués corps et âmes à son chef par les largesses accordées au sein même du corps de l'État.
Staline s' assure donc, par des avantages, l'emprise de son pouvoir sur la bureaucratie interne au parti.

Progressivement le régime de la terreur s'institutionnalise, et vise l'ensemble de la société.

Doc. 1. Affiche de propagande du régime stalinien
b. Les instruments de la terreur
Staline s'appuie sur la soumission :

• D'une police d'Etat (d'abord GPU puis NKVD en 1934).

La police politique est un instrument absolu de surveillance du parti comme de la société.
Totalement dévouée à Staline, qui seul la contrôle , la police d'État cumule pouvoirs policiers et judiciaires et reçoit de nombreux privilèges.

• De commissaires politiques.

• De tribunaux d'exception.
2. La terreur comme mode de gouvernement
Progressivement Staline ambitionne de réformer tous les pans de la société civile soviétique en utilisant la terreur.
a. La collectivisation
En novembre 1929, Staline décide la collectivisation des terres et de l'agriculture afin de briser le pouvoir des koulaks, petits propriétaires terriens.

À ce moment précis, la Révolution russe enregistre un nouveau tournant qui oppose désormais les ouvriers aux paysans, dénoncés comme ennemis du régime.
En février 1930, des ouvriers soutenus par des commissaires politiques du parti obligent 13 millions de paysans à intégrer les kolkhozes : ferme où la terre et les moyens de production sont mis en commun.
Ainsi les biens et les terres sont confisqués, tandis que leur administration est confiée à chaque assemblée générale de kolkhoze, en fait à des apparatchiks.

Le système agricole s'effondre : les paysans font de la résistance passive et ne travaillent plus. Ils fuient vers les villes pour échapper aux conditions de travail dans les kolkhozes.
Staline autorise, presque contraint, une décollectivisation contenue, et moins de 20% des terres sont encore collectivisées au mois de juin 1930.

Staline profite de ce répit pour encadrer la future campagne de collectivisation par des membres du parti formés aux questions paysannes. Elle reprend en janvier 1931 et concerne 75 % des terres. En 1939, 98 % des terres appartiennent à l'État.

Doc. 3. Paysans russes travaillant dans un kolkhose
b. Les victimes de la terreur
• La population rurale

Staline en appliquant la collectivisation a supprimé la société rurale traditionnelle.
La collectivisation a en effet anéanti les velléités d'opposition d'un monde rural réfractaire au nouveau régime, en le poussant à fuir vers les villes.

Pour d'autres, la collectivisation a eu des conséquences plus dramatiques : environ 6 millions de paysans sont morts, victimes d'exactions, d'exécutions sommaires, de règlements de compte, des premières déportations, et de la famine qui s'empare de l'URSS dès 1932. (6 millions de morts selon les estimations les plus basses.)

• Les membres du parti

Si l'on n'ose le critiquer officiellement, des voix s'élèvent depuis la tribune du parti.
L'assassinat de Kirov, dirigeant du PC de Léningrad, en 1934, sert de prétexte à Staline pour procéder à l'épuration du parti, dans une grande série de procès, dont les procès de Moscou.

Les procès de Moscou (1936-38), visent à éliminer la plupart des anciens cadres du parti dont tous les fidèles de Lénine et les hauts fonctionnaires du parti.
Ainsi Zinoviev, Boukharine, Trotski et Boukharine sont éliminés tantôt jugés pour complot, trahison ou sabotage.

Cette épuration est rendue possible par une modification du code pénal, qui instaure le principe de responsabilité collective.

• L'armée

Dans l'armée, la même folie de l'épuration sévit :
– élimination des huit amiraux et de quatorze des seize généraux ;
– élimination de trois maréchaux sur cinq, dont Toukhatchevski ;
– élimination de la moitié des officiers.

Ainsi le commandement de l'armée est exsangue.
Doc. 2. Peinture représentant une exécution d'un ennemi du parti
c. Bilan de la terreur
Nombreuses sont les estimations quant aux victimes de l'épuration et de la terreur stalinienne.

Soljenitsyne, dans l'archipel du goulag, évalue à 10 millions le nombre de victimes.

Les recherches les plus récentes estiment en fait qu'il y aurait eu 15 millions de prisonniers en tout en camp de travail entre 1930 et 1953 ; pour un taux moyen de décès annuels de 10 %, c'est à dire quasiment 12 millions de morts dans les goulags pour l'ensemble de la période.

Les exécutions quant à elles ont été de 800 000 environ pendant la grande terreur (1937-1939).

Et il faut encore ajouter à ces chiffres, les victimes de la famine de 1932-1933, 6 millions de morts selon l'estimation la plus basse.

Ainsi le règne de Staline a engendré selon les estimations les plus vraisemblables un total général de décès pour raisons politiques approchant les 20 millions de morts.
L'essentiel
La terreur stalinienne, motivée à l'origine par une crainte excessive des rivalités dans les sphères du pouvoir s'est rapidement élargie à l'ensemble de la société, traquant chaque opposant ou traître présumé.
A la différence de la terreur nazie guidée par une doctrine raciste, la terreur stalinienne s'est appliquée dans le seul but d'étendre le pouvoir personnel de Staline.

La terreur de masse a permis à Staline d'asseoir les fondements d'un régime totalitaire en causant la mort d'environ 20 millions de personnes jusqu'en 1941.
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