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Cours de Latin 3e - Jules César historien

 
Note par nos Maxinautes :  

Caius Julius Caesar (101 ou 100 - 44 avant J.-C.), célèbre pour ses hauts faits guerriers et politiques, peut-il également être considéré comme un homme de lettres ? Ses contemporains, du moins, lui reconnaissaient ce talent.
Parmi ses œuvres, les principales qui soient arrivées jusqu'à nous sont de nature historique ; César écrivain y représente, à la troisième personne, César général. La question qui se pose alors, et qui se posait déjà à l'époque, est surtout celle du dessein poursuivi par l'auteur et du respect de la vérité historique.

 

1. L'histoire à Rome
Rome connut de grands historiens, vantés et appréciés au cours des siècles. Ainsi Montesquieu loue-t-il Tite-Live, tandis que Tacite est célébré par Hugo et largement utilisé par Racine pour ses tragédies romaines.
Pourtant, le genre historique mit longtemps (près de sept siècles !) à se construire véritablement à Rome, victime notamment de l'influence du modèle grec.

 

a. La conception antique de l'histoire
Elle diffère de la conception moderne, essentiellement sur les points suivants :

 

  • Ce n'est qu'à partir du XIXe siècle que le travail de l'historien doit comporter une analyse des faits. Auparavant, le simple récit des événements est considéré comme historiographique.

     

  • Par ailleurs, chez l'historien antique, la dimension affective et morale domine : l'histoire est considérée comme une source de modèles destinés à enseigner ce qu'il faut ou ne faut pas faire. L'historien s'intéresse plus aux hommes qu'aux faits.

     

  • Pour les Anciens, l'histoire est un art, bien plus qu'une science et dès lors, faire œuvre historique c'est autant faire œuvre littéraire que remplir une fonction de conservation, d'archive.

 

b. La lente émergence de l'historiographie à Rome
  • Premiers matériaux.
    Il y a lieu de penser que, dès les tous premiers temps de la Ville, existait un certain nombre d'archives. La tradition, Tite-Live entre autres, veut qu'elles aient été détruites par l'invasion gauloise de 390 avant J.-C.
    Les matériaux qui subsistèrent étaient constitués d'archives privées (celles des famille nobles) et, surtout, de la tradition orale.

     

  • Les institutions républicaines donnèrent lieu à d'autres documents.
    En effet, les magistrats rédigeaient de nombreux comptes-rendus : les libri lintei où était consigné le nom des magistrats année par année, les chroniques des Pontifes, sorte de journal des événements marquants, là aussi rédigées sous forme d'annales.
    Ces premiers documents tendent à imposer la méthode annalistique.

     

  • Histoire épique.
    La première œuvre d'histoire annalistique en latin est due à Ennius (IIe siècle avant J.-C.) :
    elle évoque les origines troyennes de Rome sous la forme d'une épopée.

     

  • Histoire romaine... en grec.
    La deuxième guerre punique (218-201 av. J.-C.) éveille chez les Romains un nouvel et vif intérêt pour l'histoire ; elle fait bientôt partie intégrante des loisirs studieux des hommes cultivés, a fortiori des hommes politiques. Cependant, l'absence de tradition littéraire en la matière pousse Fabius Pictor et Cincius Alimentus à rédiger en grec leurs récits, toujours sous forme annalistique.
    Caton l'Ancien, dit « le Censeur » (234-149 av. J.-C.), homme politique lui aussi, s'opposa à ce choix et rédigea en latin une série de monographies sur différents sujets, notamment historiques.

Jusqu'au milieu du Ier siècle avant J.-C., l'histoire, qui a su intéresser de nombreux Romains, ne parvient pas à atteindre le statut de genre littéraire.

 

c. La théorie cicéronienne de l'histoire : un modèle fondateur
Vient alors Cicéron (106-43 av. J.-C.), homme politique encore, mais aussi écrivain de grand talent qui, en trois ouvrages (De oratore, Orator et De legibus), va poser les fondements théoriques de l'historiographie romaine... sans faire œuvre littéraire lui-même.
Pour Cicéron, l'histoire n'acquerra dignité et légitimité qu'en devenant œuvre d'art, ce qui signifie que le critère esthétique est de première importance. C'est le sens de l'expression célèbre d'historia ornata où, par « ornée », il ne faut pas entendre « déguisée » ni surtout « falsifiée », mais plutôt parée des élégances de la rhétorique.
Quant au fond, Cicéron souligne l'importance de la fides historica,
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