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Cours de Philosophie - Rédiger une introduction

 
Note par nos Maxinautes :  

L'introduction est le préalable indispensable de toute dissertation. Elle doit :
– amener le sujet ;
– l'analyser ;
– le problématiser.

Elle peut en outre :
– annoncer le plan ou du moins les lignes directrices de la réflexion à venir ;
– énoncer les enjeux du sujet.

Ainsi l'introduction ne saurait être élaborée qu'après un important travail de réflexion (fait au brouillon). C'est pourquoi l'on recommande même parfois de rédiger l'introduction en dernier, après le développement lui-même.

1. Amener le sujet
a. Que signifie « amener le sujet » ?
L'introduction doit avant tout, comme son nom l'indique, introduire ou amener le sujet qui va être traité, ce qui peut être fait de diverses manières, en particulier :

à partir d'un questionnement plus général concernant la ou les notions en jeu dans le sujet, que l'on resserre ensuite vers le sujet traité ;

 

Exemple

Sur le sujet : « Peut-on ne pas désirer d'être heureux ? », l'introduction pourra commencer ainsi : « Le bonheur est une notion problématique, puisque c'est celle d'une satisfaction absolue, durable et parfaite, dont on ne sait si elle peut être réellement accessible à l'homme - pourtant tout homme désire, semble-t-il, être heureux. »

 

en montrant que la question surgit d'une situation concrète, de l'expérience humaine la plus quotidienne ;

 

Exemple

Sur un sujet comme « Peut-on tolérer toutes les opinions ? », on peut commencer ainsi : « On entend couramment dire qu'"il faut être tolérant" vis-à-vis des opinions d'autrui qui diffèrent des nôtres ; ainsi il semble que la tolérance soit communément considérée comme une vertu et l'intolérance, à l'inverse, comme une faute. »

 

En « amenant » ainsi le sujet, on met aussi en lumière l'intérêt de la question posée, on suggère la raison pour laquelle il faut s'interroger ainsi.
b. Ce qu'il ne faut pas faire
Il faut absolument éviter les formules par trop banales, et le plus souvent contestables, du type : « Depuis toujours les hommes... », « Depuis l'aube des temps, les hommes se sont demandés si... », ou encore « Depuis des siècles les philosophes s'interrogent... ».

De même, dans les sujets concernant la liberté ou la politique, on évitera de commencer systématiquement par la référence, devenue triviale, à la Déclaration des droits de l'homme (« les hommes naissent libres et égaux en droits ») ou à la devise de la République (« Liberté, Egalité, Fraternité »).

Ces formules « passe-partout » montrent en effet que l'on n'a pas su prêter d'emblée attention à la spécificité du sujet traité.

2. Analyser et problématiser le sujet
a. L'analyse du sujet
Une fois le sujet amené, il convient d'analyser celui-ci, c'est-à-dire de définir chacun de ses termes afin d'en préciser le sens.

Si l'analyse doit être suffisamment précise, elle ne doit pas être trop longue cependant. Ainsi on s'interdira d'avoir ici recours à des références et l'on essaiera d'aller à l'essentiel. Si l'analyse requiert plus que les quelques lignes de l'introduction, on pourra alors éventuellement la reprendre et l'approfondir au début de la première partie du développement.

 

Exemple

On pourra analyser synthétiquement le sujet « Peut-on tolérer toutes les opinions ? » de la façon suivante : « Tolérer, c'est accepter ou supporter ce que cependant on n'approuve pas personnellement ; ainsi il s'agit ici de se demander s'il est, non pas simplement possible, mais surtout légitime ou juste, de supporter ou d'accepter tous les avis ou idées subjectifs et non démontrés, quels que soient leur nature et leur contenu... »

b. La problématique
L'analyse du sujet doit naturellement amener à mettre au jour le ou les problèmes impliqués par le sujet, c'est-à-dire ce qui fait que l'on ne peut répondre simplement ou immédiatement à la question posée. Ce problème peut consister en une contradiction interne au sujet ou en une impossibilité apparente ou d'ordre empirique...

 

Exemple

Sur le sujet : « Peut-on tolérer toutes les opinions ? », on peut faire surgir un problème de façon concrète en montrant que certaines opinions sont manifestement « intolérables », ce qui remet en cause l'opinion commune selon laquelle « il faut être tolérant ».

 

On appellera alors « problématique » l'ensemble des questions ou problèmes, liés au sujet et entre eux, qui constitueront les fils directeurs de la réflexion à venir.

 

Exemple

« La tolérance semble d'abord préférable à l'intolérance, source de conflits entre les hommes ; mais peut-on cependant accepter toutes les opinions, y compris celles qui sont manifestement fausses ou encore celles qui semblent porter atteinte à la dignité humaine ? Est-il véritablement souhaitable d'exiger toujours une tolérance absolue, eu égard aux exigences théoriques (de vérité) tout autant que morales (du respect de la personne humaine) ? Et ne serait-il pas paradoxal, finalement, d'être aussi tolérant envers l'intolérance elle-même ? »

3. Enjeux du sujet et plan de la réflexion
a. Annoncer le plan
On peut ensuite annoncer, non pas le détail du plan que l'on va suivre, mais les grands lignes de la réflexion à venir : à vrai dire, il ne s'agit pas tant d'annoncer d'emblée ce que l'on va trouver, mais ce que l'on va chercher et examiner successivement. Au stade de l'introduction, la question et la réflexion doivent demeurer ouvertes, il ne faut pas donner l'impression que le problème est déjà résolu.

 

Exemple

On annoncera par exemple : « On s'interrogera d'abord sur le statut de l'opinion à l'égard de la science et de l'exigence de vérité, avant d'envisager la question sur un plan moral : certaines opinions ne sont elles pas "intolérables", inacceptables du point de vue moral, et ne doivent-elles pas alors être rejetées ? Quelle limite, alors, imposer à la tolérance des opinions ...? »

b. Dégager les enjeux du sujet
Il est possible, enfin, d'essayer de mettre au jour les enjeux de la question posée, c'est-à-dire les conséquences éventuelles des réponses qui y seront apportées quant à notre existence, aux relations humaines, à la conception de l'homme, etc.

Il s'agit donc ici d'élargir l'horizon de la réflexion en voyant quelles seront les conséquences de la réflexion quant au sujet, au-delà du sujet lui-même.

 

Exemple

On voit que la question « Peut-on tolérer toutes les opinions ? » met en jeu le problème de la relation à autrui : agir moralement envers autrui, respecter l'autre, implique-t-il nécessairement d'accepter tout ce qui vient de l'autre, en tant qu'autre ? Ou cela n'implique-t-il pas plutôt un dialogue, qui n'exclue cependant pas la critique, l'examen, en vue de chercher en commun ce qui est vrai ou bon ?

Attention !

En ce qui concerne sa longueur, il faut prendre garde à ce que l'introduction de soit pas disproportionnée eu égard à l'ensemble du devoir : une introduction de cinq lignes n'en est pas une pas plus qu'une introduction de deux pages...
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