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Tout le monde a fait l'expérience de discussions passionnées à propos d'une œuvre d'art. Les uns la jugent belle, les autres laide ou ratée. Le paradoxe est que chacun est convaincu de la justesse de son appréciation et que dans le même temps il est impossible de déterminer objectivement qui a raison. Cela a-t-il même un sens de se demander, en matière d'art, si quelqu'un a raison ? Le jugement de goût semble en effet livré à l'arbitraire des sensibilités individuelles et chaque individu s'érige en arbitre du bon goût. Tout débat sur l'art n'est-il pas dès lors condamné au dialogue de sourds et n'est-il pas plus sage de renoncer à disputer des goûts et des couleurs ? 1. L'art est affaire de goût et non de raison a. Chacun juge les œuvres à partir de sa sensibilité Un livre ou un film nous intéresse dans la mesure où il nous touche, autrement dit la valeur d'une œuvre d'art s'apprécie en fonction de notre sensibilité. Le jugement esthétique est donc fondé sur des préférences subjectives et arbitraires et non sur un raisonnement impartial. Cela explique que certains peuvent affirmer que les poèmes de Verlaine sont admirables quand d'autres n'y trouvent pas d'intérêt. b. Le relativisme semble dominer en matière de goût Tout jugement de goût est donc relatif : relatif à un individu et à une sensibilité. Il n'existe pas de hiérarchie entre ces jugements puisqu'ils reposent sur des éléments irrationnels : nous ne choisissons pas ce qui nous touche ou nous laisse indifférent. Nous éprouvons ou n'éprouvons pas un sentiment face à une œuvre d'art et cela s'impose naturellement. 2. Le goût n'est pas livré à l'arbitraire et à l'indéterminé a. La détermination du goût par la culture La part personnelle et irrationnelle du jugement de goût ne doit cependant pas être surestimée. Il suffit de considérer le ...
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