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Cours de Latin 3e - César et Pompée

 
Note par nos Maxinautes :  

Du IIIe au Ier siècle av. J.-C., l'empire romain s'est considérablement étendu et devient plus difficile à gouverner sur la base d'institutions anciennes. Les chefs d'armée (imperatores) montent en puissance et la République se trouve prise en otage par ces hommes rivaux aux ambitions démesurées. Pompée et César sont deux de ceux-là.

 

1. Un contexte politique agité
Au Ier siècle av. J.-C., le peuple romain connaît une succession de crises politiques au cours desquelles le peuple se déchire, certains soutenant les populares (qui défendent les intérêts du peuple), d'autres les conservateurs (favorables aux optimates, c'est-à-dire aux patriciens).

Les citoyens se trouvent entraînés derrière des personnalités charismatiques telles que les Gracques, Marius et Sylla qui ont fréquemment recours, face à leurs adversaires, à une violence sans bornes : ainsi commence la période des guerres civiles.

Dans les années 80 avant J.-C., c'est Sylla qui occupe le devant de la scène : après des succès militaires (contre les alliés italiens en révolte, contre Mithridate en Asie Mineure), il revient à Rome, réprime l'opposition politique et se donne les pouvoirs absolus. Son abdication, en 79 av. J.-C., laisse la place, entre autres, à Pompée.

 

2. Qui est Pompée ?
Cnaeus Pompeius Magnus naît à Rome en 106 av. J.-C. Son père, Cn. Pompeius Strabo, était un général habile, mais peu aimé de ses troupes. Le fils hérita de son père d'indéniables qualités militaires, mais aussi une importante clientèle, qui lui fournissait une influence certaine, et même une armée personnelle qu'il met successivement au service de Sylla et du Sénat.

 

a. Un grand chef militaire
En cette fin de période républicaine, les réussites militaires sont nécessaires à l'ascension politique, et Pompée s'en est acquitté.

 

  • Première phase : 82-71 av. J.-C.

    En 82 av. J.-C., à 26 ans, il est à la tête de son armée pour combattre en Sicile les partisans de Marius, aux côtés de Sylla. Il reçoit le titre d'imperator et le surnom de Magnus (le Grand).

    En 77 av. J.-C., mettant cette fois ses hommes au service du Sénat, il écrase les partisans de Lépide, consul en fin de charge. Deux ans plus tard, en Espagne, c'est le soulèvement organisé par Sertorius qu'il écrase.

    En 71 av. J.-C., s'étant allié avec Crassus, il vient à bout du mouvement d'esclaves mené par Spartacus (« guerre servile »).

     

  • Seconde phase : 67-61 av. J.-C.

    Après son consulat, les plus grands succès de Pompée prennent place en Orient : il anéantit la piraterie en Méditerranée (67 av. J.-C.), vient à bout de Mithridate, roi du Pont (65-63 av. J.-C.), conquiert la Syrie et Jérusalem. Il en profite pour organiser l'Orient avec de nouvelles provinces et des États dévoués aux intérêts de Rome.

    Il faut retenir de ces campagnes militaires que, pour les effectuer, Pompée se fait attribuer des pouvoirs de plus en plus étendus et inédits : du militaire au politique, il n'y a qu'un pas.

 

b. Un homme politique ambitieux
Pompée manifeste tôt une grande ambition dans le domaine politique : ainsi brigue-t-il en 79 av. J.-C. le consulat alors que, d'origine équestre, il n'avait pas effectué la carrière sénatoriale requise. Cette ambition le brouille avec Sylla et, contre celui-ci, Pompée bascule dans le camp sénatorial.

En 70 av. J.-C., il s'allie avec Crassus et tous deux contraignent le Sénat à accepter leur candidature conjointe au Sénat, candidature illégale puisqu'aucun n'avait achevé le cursus honorum.

En 61 av. J.-C., Pompée rentre d'Orient auréolé de ses victoires. En son honneur est entamée la construction sur le Champ de Mars d'un théâtre et d'un temple à Vénus devant lequel est érigée une statue de Pompée tenant à la main un globe terrestre ! C'est le symbole du maître du monde.

Pour l'heure, Pompée va devoir composer avec l'autre figure politique du moment, qui a réalisé son ascension à Rome pendant que lui combattait en Orient : César.

 

3. Qui est César ?
Caius Iulius Caesar naît à Rome en 101 avant J.-C. dans une famille patricienne, l'illustre gens Iulia, qui se veut descendante de Vénus par l'intermédiaire d'Iule (autre nom d'Ascagne) et de son père, Enée. Cette origine mythique le place déjà dans une perspective politique, puisqu'Enée avait eu pour mission de fonder une cité dans le Latium.

En 69 av. J.-C., le jeune César n'oublie pas de souligner cette ascendance divine, dans l'éloge funèbre qu'il prononce en l'honneur de sa tante Julia... qui était aussi l'épouse de Marius, que l'on peut considérer comme le premier des imperatores. Faisant défiler des effigies de Marius, César brave le Sénat.

Après avoir exercé la charge de tribun militaire en 73 av. J.-C., il est élu Pontife puis, à partir de 68 av. J.-C., exerce les magistratures du cursus honorum. En tant qu'édile, il dépense des sommes colossales pour l'organisation de jeux somptueux (640 gladiateurs équipés en argent) qui lui valent une certaine popularité.

César apparaît vite comme le meneur des populares (à 17 ans, il a épousé la fille de l'un d'eux, Cinna).

En 60 av. J.-C., il revient d'Espagne où il était propréteur, et en 59 av. J.-C. il cherche à obtenir le consulat. C'est à partir de ce moment que sa carrière politique va se trouver mêlée à celle de Pompée.

 

4. De l'alliance à l'affrontement
Dans une Rome déchirée par les conflits entre populares et optimates, trois figures semblent se détacher : Pompée, César, et Crassus, qui partagea le consulat avec Pompée en 70 av. J.-C.

 

a. Le triumvirat
En 60 av. J.-C., ces trois hommes passent un accord secret, appelé « premier triumvirat » : Pompée apporte sa gloire militaire, Crassus sa fortune, César l'appui de certains populares, et la promesse, s'il est élu consul, de faire adopter des décisions chères à Pompée (notamment la distribution de terres à ses anciens soldats).

César est donc consul en 59  av. J.-C. et honore ses engagements vis-à-vis de Pompée, allant jusqu'à lui donner en mariage sa fille Julie. À sa sortie de charge, César obtient pour cinq ans un imperium sur la Gaule.

En 56 av. J.-C., l'entente du trio est renouvelée ; dans les faits, César travaille à gagner en Gaule la gloire militaire acquise par Pompée en Orient, tandis que ce dernier assoit son autorité à Rome même. En 55 av. J.-C., Pompée et Crassus sont élus consuls. Crassus reçoit le gouvernement de la Syrie et se lance dans une expédition contre les Parthes, où, en 53 av. J.-C., il perd la vie, ainsi que son fils et 30 000 soldats.

 

b. Le duel
En 53 av. J.-C., César et Pompée se retrouvent face à face (d'autant plus que Julie, fille de César et femme de Pompée, est morte), mais le premier est en Gaule et le second se fait nommer en Espagne. À Rome, durant les années 54 à 52 av. J.-C., l'anarchie est à son comble.

Le conflit éclate réellement en 50 av. J.-C. : le commandement de César en Gaule prenait fin le 1er mars 49 av. J.-C., il entreprend donc de briguer le consulat pour l'année 48 av. J.-C., mais Pompée s'y oppose et parvient à faire déclarer César ennemi public par le Sénat. Celui-ci brave l'interdit et, en 49 av. J.-C., franchit avec son armée la frontière de sa province (le fleuve Rubicon), marchant sur Rome. Le Sénat et Pompée sont en fuite ; les hommes de Pompée sont vaincus par ceux de César à Pharsale (en Grèce) en 48 av. J.-C.
Pompée fuit en Égypte, où il est assassiné. En 46 av. J.-C., après avoir placé le Royaume d'Égypte entre les mains de Cléopâtre, César vainc à nouveau le reste des troupes favorables à Pompée.

 

c. César seul en scène
Débarrassé de son rival, César, dans les deux ans qui précèdent sa mort, ne va cesser d'entasser distinctions et pouvoirs supplémentaires au mépris, bien sûr, des institutions républicaines, mais aussi de la raison : c'est ce statut de monarque qui lui coûtera la vie.

En 46 av. J.-C., il a été élu consul pour cinq ans, il l'est à nouveau en 45 av. J.-C., pour dix ans cette fois ! La même année, il est nommé dictateur, titre renouvelé en 44 av. J.-C. et à vie ! Cela n'a plus rien à voir avec la dictature républicaine, magistrature exceptionnelle et limitée dans le temps : il s'agit d'une monarchie qui ne dit pas son nom. D'autant plus que le Sénat est comme anesthésié...

César porte sans cesse les insignes du pouvoir (couronne de laurier) et accepte les premières manifestations d'une divinisation de sa personne. C'en est trop !
Le 15 mars 44 av. J.-C., lors d'une séance du Sénat, un groupe de conjurés (Césariens déçus, républicains...) conduits par Brutus et Cassius, le tuent de 25 coups de couteau.

La mort de César ouvre une nouvelle période de guerre civile. Les bases du prochain régime, le principat, sont cependant posées, et la République enterrée.

 

L'essentiel

Dans le contexte troublé du Ier siècle av. J.-C., les hommes politiques importants sont aussi des chefs d'armée victorieux : Pompée, qui a triomphé en Orient et César, qui a soumis la Gaule, finissent par s'opposer. Les troupes de César viennent à bout de celles de Pompée. La République est un champ de ruines.

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