1. Le déclin des indépendants
En 2000, les agriculteurs, artisans, commerçants,chefs d'entreprise et professions libérales ne sont plus que 2,5millions. Le nombre des indépendants a été divisé par deux depuis1962 et la part des salariés dans la population active approche les90 %. Le nombre des agriculteurs est passé de 3 millions en1962 à environ 600 000 aujourd'hui. L'élévation de laproductivité dans un contexte de saturation relative de la demandede produits agricoles explique aussi bien la réduction du nombredes agriculteurs que le rapprochement de leur mode de vie aveccelui du reste de la population, malgré une « héréditésociale » qui reste forte.
Les artisans, commerçants et chefs d'entreprise ont perdu30 % de leurs effectifs de 1962 à 2000. La diminution brutaledes Trente Glorieuses a laissé la place à des évolutions pluscomplexes à partir de 1975. Les « non-non » (nonsalariés, non agricoles) résistent sous l'impulsion de la montée dela scolarisation (pour les professions libérales), de laréhabilitation de l'esprit d'entreprise et de la nécessité des'adapter à la crise de l'emploi salarié. Mais les indépendantssont de plus en plus soumis à des relations de sous-traitance ou dedépendance par rapport à des entreprises qui les rapprochent de larelation de subordination,